La Délégation à la sécurité routière envisage de modifier la définition de l’erreur éliminatoire à l’examen du permis de conduire. Une réforme qui viserait à améliorer les taux de réussite et à réduire les délais d’attente, mais qui suscite une vive opposition des inspecteurs et des organisations professionnelles dans un contexte de hausse de la mortalité routière.
Vers une nouvelle définition de l’erreur éliminatoire à l’examen du permis
Selon un communiqué de presse commun des organisations professionnelles et du syndicat majoritaire des inspecteurs, la Délégation à la sécurité routière (DSR) envisagerait de revoir la définition de l’erreur éliminatoire lors de l’examen pratique du permis de conduire.
Deux exemples, cités dans le communiqué, illustrent cette orientation :
- Le non-respect d’un STOP pourrait ne plus être éliminatoire, s’il n’y a aucun usager à l’intersection ;
- Un changement de voie sans contrôle pourrait être toléré, s’il n’y a pas de danger immédiat.
Pour les organisations signataires, ces modifications reviendraient à transformer des fautes aujourd’hui considérées comme graves en erreurs simplement sanctionnées par des points, sans échec automatique à l’examen.
Un levier pour améliorer les taux de réussite et réduire les délais
Toujours selon le communiqué, cette évolution s’inscrirait dans une logique d’amélioration des taux de réussite à l’examen du permis de conduire.
En rendant certaines erreurs non éliminatoires, le Ministère de l’Intérieur pourrait mécaniquement augmenter le nombre de candidats reçus, et ainsi :
- réduire les délais de première présentation ;
- diminuer les délais de représentation après un échec.
Cette stratégie permettrait également de limiter le besoin de recruter de nouveaux inspecteurs du permis de conduire et de la sécurité routière (IPCSR), en réduisant le besoin de places d’examen.
Une proposition critiquée dans un contexte de hausse de la mortalité routière
Cette perspective de réforme intervient dans un contexte jugé préoccupant par les professionnels. Selon le baromètre de la Sécurité routière, 290 personnes ont été tuées sur les routes de France métropolitaine en décembre 2025, soit 11 de plus qu’en décembre 2024.
La hausse concerne notamment les usagers vulnérables : les cyclistes, les usagers de deux-roues motorisés, les utilisateurs d’EDPm et les piétons. Plus globalement, le bilan provisoire fait état de 3 260 morts sur les routes de France métropolitaine en 2025, en hausse de 2,1 % par rapport à 2024.
Dans ce contexte, plusieurs organisations jugent paradoxal d’assouplir les critères d’élimination à l’examen du permis, alors même que les indicateurs de mortalité repartent à la hausse.
Une opposition commune des inspecteurs et des organisations professionnelles
Le syndicat majoritaire des inspecteurs, le SNICA-FO, ainsi que les organisations professionnelles représentant les auto-écoles (Mobilians ECSR, UNIDEC et UNIC), se disent « vivement opposés » à ce projet.
Dans leur communiqué commun, ils dénoncent une réforme qui viserait à « brader l’examen du permis de conduire » et qui ferait « perdre toute crédibilité à la réglementation routière, aux enseignants de la conduite et aux inspecteurs ».
Les signataires estiment que transformer des fautes graves en erreurs tolérées reviendrait à créer une « véritable roulette russe » lors de l’examen, en laissant le candidat « s’en remettre au hasard ».
Ils rappellent également deux positions de principe :
- « Seule une réelle montée en compétences des apprentis conducteurs peut améliorer le taux de réussite à l’examen et garantir une meilleure sécurité routière » ;
- « Seul le recrutement d’inspecteurs du permis de conduire peut permettre de réduire significativement et durablement les délais d’attente. »






















