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Permis : les financements CPF divisés par 4 depuis février

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Baisse financement CPF Permis divisé 4 en 2026

Quatre mois après la fin des financements CPF pour le permis de conduire, actée par la loi de finances 2026, nous avons souhaité tirer un premier bilan chiffré de cette réforme. Nous nous sommes appuyés sur les données publiées par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), gestionnaire du Compte Personnel de Formation.

Un afflux d’inscriptions avant la fin annoncée du CPF

En début d’année 2026, le projet de loi de finances est rendu public. Parmi ses nombreux articles, plusieurs concernent directement le financement du permis de conduire, avec en particulier de nouvelles restrictions sur l’utilisation du CPF pour ce type de formation.

Anticipant le vote de cette loi, les auto-écoles – largement relayées par les médias – ont massivement communiqué auprès de leurs élèves et prospects pour les inciter à mobiliser leur CPF avant qu’il ne soit trop tard. Cette communication a généré un afflux exceptionnel d’inscriptions en auto-école sur les deux premiers mois de l’année.

Le nombre de dossiers validés est ainsi passé d’environ 4 000 par mois en temps normal à 6 800 en janvier, puis à près de 7 500 en février, soit près du double du rythme habituel.


Nombre de dossiers CPF permis de conduire validés par mois

Source : Caisse des Dépôts et Consignations — janvier 2025 à juin 2026

2025 (rythme habituel) Pic pré-réforme (janv.–févr. 2026) Après la loi de finances 2026
Dossiers validés par mois : voir tableau de données dans l'article.

Une fois la loi de finances votée et ses dispositions entrées en application, le nombre de dossiers financés a immédiatement chuté. Il n’y avait plus que 2 600 dossiers validés en juin 2026 — soit une baisse de plus de 40 % par rapport au rythme « normal » d’avant-réforme, et un effondrement plus de deux fois plus marqué par rapport au pic de février.

Des financements CPF en chute de 75 %

Au-delà du nombre de dossiers, c’est surtout l’ampleur de la chute des montants financés qui frappe. En 2025, les financements CPF dédiés au permis de conduire représentaient en moyenne un peu moins de 30 millions d’euros par mois, pour un total de 331,5 millions d’euros sur l’année.

Sur les deux premiers mois de 2026, portés par la ruée décrite plus haut, les volumes financés ont atteint des niveaux inédits : 79 millions d’euros en janvier, puis 95 millions d’euros en février.


Montants CPF financés pour le permis de conduire, par mois

Source : Caisse des Dépôts et Consignations — janvier 2025 à juin 2026, en millions d'euros

2025 (rythme habituel) Pic pré-réforme (janv.–févr. 2026) Après la loi de finances 2026
Montants financés par mois : voir tableau de données dans l'article.

Dès l’entrée en vigueur de la réforme, les volumes se sont littéralement écroulés, pour se stabiliser autour de 7,5 millions d’euros par mois — soit un recul de 75 % par rapport à la moyenne 2025.Sur l’ensemble de l’année 2025, la fin du financement CPF du permis devrait au final permettre à la CDC d’économiser environ 80 millions d’euros, un chiffre atténué par les très fortes inscriptions de janvier et février. Mais en année pleine, une fois cet effet d’aubaine dissipé, l’économie attendue grimpe entre 200 et 250 millions d’euros par an.

Un impact inégal selon les territoires

Cette réforme a un impact négatif direct sur l’activité des plus de 5 000 auto-écoles qui proposaient jusqu’ici le financement CPF à leurs élèves. Mais cet impact n’est pas homogène sur le territoire : il est particulièrement concentré dans les grands bassins de population, autour des métropoles.

Les données de la CDC montrent ainsi que près de 30 % des financements CPF étaient demandés en Île-de-France, loin devant les autres régions. Suivent l’Auvergne-Rhône-Alpes (10 %), les Bouches-du-Rhône (8,5 %), l’Occitanie (7,9 %) et les Hauts-de-France (7,8 %). Les auto-écoles implantées dans ces zones sont donc statistiquement les plus exposées au recul de ce mode de financement.

Ce ralentissement de l’activité ne peut cependant pas être attribué à la seule fin du CPF. Il s’inscrit dans un contexte plus large qui pèse sur le pouvoir d’achat et le moral des ménages : tensions internationales, inflation persistante du prix de l’essence et du coût de la vie au sens large. Autant de facteurs qui, cumulés à la disparition du CPF, invitent les élèves à repousser ou à reconsidérer leur passage du permis de conduire.


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