Examen du permis moto : qu’est-ce qui va changer ?

23
2283

Le 31 juillet, le désormais ex-ministre François-Noël Buffet officialisait plusieurs ajustements majeurs concernant l’examen du permis moto, applicables à partir du 1er novembre 2025. Objectif affiché : réduire les délais d’attente à l’examen en augmentant le nombre d’examen produits par les inspecteurs. Décryptage.

Plateau sans passager et circulation raccourcie : les deux grandes évolutions

Deux modifications principales vont entrer en vigueur prochainement. L’épreuve de circulation est réduite de 40 à 32 minutes à compter du 1er novembre (Arrêté du 14 octobre 2025). Elle aura la même durée que pour le permis B (avec une convocation toutes les 30 minutes). Résultat attendu : la mesure doit permettre de passer de 10 à 13 examens moto par jour et par inspecteur. Une hausse de places bienvenue pour les auto-écoles et les candidats en attente.

Une deuxième évolution suivra, sans date fixée à ce stade. L’épreuve du plateau se fera désormais sans passager. Jusqu’ici, certaines manœuvres étaient réalisées avec un passager assis derrière le candidat. Cette contrainte logistique est supprimée. La durée de l’épreuve reste inchangée (10 minutes), mais cette mesure devrait permettre de faire progresser le taux de réussite de l’examen du plateau (62,6% contre 85,4% en circulation en 2024, selon les chiffres de la Sécurité routière).

Mais la communauté motarde, elle, grince des dents.


« Moto sans passager » ? La colère des motards

La mesure proposée par l’ancien gouvernement est la suivante :

Mettre en place une option « sans passager » pour l’épreuve du permis moto donnant lieu à un code restrictif « sans passager » sur le permis (et création d’une formation qualifiante en auto-école « transport de passager moto »).

Et le moins que l’on puisse dire est que cette mesure ne passe pas. Le ton est donné dans un article de Caradisiac, qui parle d’une réforme « aberrante » où le passager devient optionnel. Le site ironise :


« On pensait avoir tout vu. (…) La moto va devenir monoplace, réservée au seul pilote. (…) À ce stade, on peut déjà suggérer d’autres pistes de simplification au Gouvernement (…) que ce soient de faire passer l’examen sur des motos disposant de petites roulettes, ou même sur des vélos, mettant le moteur en option. Payante bien sûr. »

Car oui, si le passager disparaît de l’examen, il ne disparaîtra pas de la route. Le gouvernement prévoit un « code restrictif » sur le permis pour les candidats qui choisiront la version sans passager, avec une « formation qualifiante complémentaire » à suivre ensuite pour transporter quelqu’un.

Une formation qui sera évidemment payante et qui renchérira le coût de la formation moto, contrairement aux engagements de l’ex-ministre, qui annonçait s’opposer à « tout surcoût pour les candidats ».

Si le raccourcissement des épreuves en circulation est prévu à compter du lundi 3 novembre, la mise en place de cette option « sans passager » et le contenu (et la durée) de la « formation qualifiante complémentaire » ne sont pour l’heure pas connus.

Comme souvent, le diable se cache dans les détails ! Qu’adviendra-t-il des milliers de candidats ayant passé le plateau sans passager pendant l’épidémie de COVID-19 ? Auront-ils l’obligation de faire cette formation ? A priori, non !

Les formations complémentaires moto seront-elles réservées aux auto-écoles labellisées (comme c’est le cas pour la passerelle BEA vers B). Les leçons effectuées dans le cadre de ces formations seront-elles comptabilisées dans les déclarations d’ETP mensuelles ? Un beau casse-tête en perspective !

Et si le vrai sujet était ailleurs : faut-il conserver l’examen du plateau ?

Au-delà du débat sur le passager, une question plus profonde divise les exploitants et les enseignants 2-roues que nous avons interrogés, celle du maintien l’examen du plateau.

Si tous reconnaissent l’intérêt pédagogique d’un apprentissage hors circulation pour maîtriser la moto à basse vitesse, certains d’entres eux estiment que sanctionner cette partie de la formation par un examen séparé n’est plus cohérent, pour plusieurs raisons :

  • Le profil des candidats a évolué : on passe le permis moto plus tard, souvent avec plus de maturité (et davantage d’expérience de conduite).
  • L’accidentologie en moto est majoritairement liée à la vitesse, pas au maniement du véhicule, ni à la capacité à tenir une moto à l’arrêt.
  • Une formation plus longue et plus dense en circulation serait sans doute plus utile en termes de sécurité routière.
  • Enfin, ils soulignent l’hypocrisie de la réglementation actuelle qui permet à un élève de rouler sur route ouverte à la circulation pour rejoindre une piste moto sans avoir validé le plateau…

Selon le Bilan du permis de conduire 2024, l’examen du plateau représente un peu plus de 10 % de tous les examens pratiques en France, toutes catégories confondues. Supprimer cette épreuve permettrait dégager environ 210 000 places d’examen.

Et pourtant, cette suggestion est loin de faire l’unanimité. La majorité des exploitants que nous avons interrogés restent attachés à l’examen du plateau. Pour ces derniers, l’examen hors-circulation permet de s’assurer que l’élève maîtrise la moto.

Si l’examen du plateau venait à être retiré, certains élèves forceront pour débuter la circulation au bout de quelques heures. Le déroulement de l’examen tel qu’il existe permet de mettre de l’objectivité et de faire de la pédagogie. Si l’élève fait tomber les cônes ou que la vitesse sur le radar n’est pas bonne, il est ajourné.

Et vous, que pensez-vous de ces modifications à venir ? Permettront-elles de dégager des places d’examen supplémentaires sans détériorer la qualité des formations ?

Les places moto deviennent non nominative à compter de décembre

Allez, une dernière petite modification pour la route. La DSR a annoncé un n-ième changement de règles dans RDVPermis. Dès la fin novembre, les moto-écoles pourront réserver des places d’examen (plateau et circulation) sans renseigner de candidat. Elles pourront affecter un candidat jusqu’à J-10 avant l’examen, sans quoi la place sera restituée (cf. le flyer de la DSR).


23 Commentaires

  1. On continue dans la débilité, des décisions prises par des ronds de cuir incompétents. « Les c@ns ça ne se reposent jamais » disait Audiard, force est de constater qu’il avait raison. Le plateau sans passager suivi d’une formation « qualifiante » est ubuesque. On n’est pas loin du Nobel de la bêtise.

    • Vous faites quoi comme métier cher monsieur? Si vous n’êtes pas de la profession alors croyez moi que pour moi un con c’est celui qui donne son avis en étant sûr qu’il a raison sans avoir de l’expérience dans ce domaine

      • Jugement péremptoire…

        Enseignant depuis 91 (92 pour la A), motard depuis 86 donc côté expérience et recul sur les réformes et mesures prises depuis 35 ans ça va…

  2. L’examen du plateau est totalement inutile.
    Je suis d’avis qu’il faut laisser le jugement de la maîtrise de la moto au moniteur de l’auto-école et de prévoir plus de pratique, et donc d’expérience sur la route, la meilleure école.

    • Tout à fait d’accord avec vous, la pratique est sur la route, plutôt exiger plus de cours de conduite aux auto école, ceux qui sont contre ont oublié quand les futurs motards il y a des conducteurs confirmés, qui ne feront pas le zèle sur la route, la moto sportive incite à la vitesse, et à 25 ans difficile d’y résister.
      Alors soyons respectueux il y a des futurs pilotes qui veulent faire la moto en toute sécurité.

  3. Bonsoir ,
    Il faut laisser le plateau tel qu’il est, donc avec passager, et la circulation également , il ne faut pas moins , sinon ,sur les routes ,ça deviendra n’importe quoi, déjà on voit les motards débutants , ils se croient sur un circuit, tristesse!!
    Je parle en tant qu’automobiliste, et je passe mon permis moto , c’est important, le lent, le freinage d’urgence, l’évitement, avec un passager !! on arrive à maîtriser sur la piste ,sur la route ,c’est autre chose , un jeune motard me suivait en faisant des zig-zag,comme Sur un circuit,il se prenait pour un pilote ,pfff , restons sur un permis plateau/ circulation sérieux . Merci

  4. J’ai raté le plateau 3 fois. Les 2 premières fois c’était le lent la troisième c’était le demi tour avec passager. 2 épreuves que je trouve unitules car je roule en 125 depuis 3 ans et je n’ai jamais été confronté à manipuler ma motobm dans des situations pareils.
    Dans la vraie vie, je mets mon pieds autant de fois que je veux et quand je fais demi tour avec un passager , il n y a pas 2 cônes entre lequeles je fois passer sans les faire tomber.
    C’est vraiment absurde ces deux épreuves. J’ai 50 ans et je ne cherche pas me fofiler entre les voitures lors des bouchons ni à rouler à grande vitesse. Je roule pour le plaisir. Si je pouvais conduire avec mon A1 une moto avec 24 ch max , jamais je n’aurais penser à passer le A2. Ça par contre serait une bonne réforme: pouvoir conduire une 24 ch avec le A1 ou le B avec formation.

  5. J ai ete moniteur moto durant 40 ans,l experience parlant, je me suis toujours dis mais cet examen plateau sert reellement a quoi?
    Que pendant la formation les candidats aient cette maniablite,cela me parait normal et imperative en revanche pour l examen cela n est pas demonstratif de la capacite de la personne a utiliser une moto.
    Quand a la circulation ,oui les 40 minutes me paraissent necessaires.
    Des reformes permis moto j en ai vu mais la derniere au niveau plateau a le palmares de l echec . J espere que les tetes pensantes des hautes spheres reflechiront a cela.

  6. Du grand n’importe quoi encore !
    La moto ce n’est pas un jouet…
    Il faut vraiment  » la  » maîtriser à basse vitesse.. // comme en voiture,, tout le monde est capable d’aller vite (en vitesse autorisé) une fois démarré,, mais tenir le ralenti avec 200kg c’est une autre pointure !! ..Oui l’épreuve du passager est nécessaire…. !! .
    Cependant,, les grandes instances ont oublié une épreuve.. un test toxicologique avant l’épreuve du plateau ou même de la conduite.. voir même inopinée pendant une séance d’entraînement avant examen.. trop de  » blaireau  » inconscient sur nos routes. !!
    La sécurité de tous ..! N’a pas de prix !!

  7. Personnellement je pense que supprimé l’épreuve du plateau serait une bonne idée, pour ma part conduisant depuis plus de 40 ans, la maîtrise se fait en roulant, les vraies situations ont les retrouve sur la route.
    L’âge des candidats aussi change, faire de l’équilibre avec une moto à 25 ans est différente pour un candidat de 60 ans, sauf que lui à la maîtrise et le respect du code de la route et la prudence.
    Bien sur que cela permettrais de faire passer plus de candidat. Je suis pour cette idée.

  8. Je suis Moniteur moto depuis 15 ans et croyez moi que certains élèves vont gagner de l’argent à faire une formation complémentaire post permis plutôt que d’alourdir le volume de formation pour être prêt avec le passager pour le jour de l’examen, sans compter le nombre d’échec et de représentation que cette partie implique, la plupart des élèves sans sorte mais pour certain c’est un vrai mur.

  9. Juste pour l’argent franchement sa par en sucette depuis la réforme du 34cv et après nouveau plateau 47.5 ch et au bout deux ans on paye 300e si on un moto débrider sa aussi c’est n’importe quoi bref bonne journée ciao

  10. Un examen plateau réussi est le reflet d’une bonne maîtrise de la moto par le candidat au permis. Et ce passage est un souvenir valorisant, d’autant plus avec le passager.
    Une circulation à 32 mn ne changera rien, c’était déjà ça avant.

  11. le plateau sert à valider des acquis techniques. De la précision avec les commandes, des techniques pour appréhender les freins et les inclinaisons. Il n’est pas fait pour apprendre à conduire sur route ! C’est seulement lorsque que l’on aura acquis ses techniques que l’on apprendra sur la route.
    Il faut bien comprendre également que contrairement au permis B, les IPCSR ne peuvent pas intervenir directement sur les commandes des deux roues. Le plateau sert à valider des acquis pour être sûr que le motard a un minimum de savoir faire pour agir seul sur la moto.
    Les personnes qui répètent à tue-tête que le lent ne sert à rien n’ont rien compris au plateau. Ça ne sert pas à savoir rouler lentement !!
    Le passager est une composante importante de ses savoir-faire techniques

    • Bonjour,
      Je reste d’accord en partie avec vous, mais dans ce cas, obliger le candidat à faire des heures de plateau ok, mais pas en épreuve éliminatoire, par contre je serais pour à augmenter les heures de conduite sur route.

  12. L’examen du plateau reste un juge de paix… Cependant, il faut reconnaitre que l’examen n’est pas toujours révélateur du niveau réel des candidats qui se mettent dans des états pas possible sous prétexte qu’ils ne sont plus habitués à être jugé sur un exercice technique qu’il maitrisait parfaitement 2h plus tôt ! Le candidat qui a reçu une bonne formation est préférable au candidat qui a obtenu son plateau par chance ou avec un bagage technique plus que limité.
    Dans un cadre précis et une limite d’heures mini, la moto-école est parfaitement capable d’estimer si le candidat est apte à rouler sur la route en toute sécurité avec un bagage technique suffisant. Le seul vrai risque reste toujours et encore la corruption ou certaines brebis galeuses ne respecterons pas ce cadre et ces limites. Nous voyons déjà ce problème avec les centres codes ou l’état à bien du mal à mettre en place des contrôles et des sanctions dissuasives.

  13. Bon article.

    Ils ont raison de supprimer la partie avec le passager. Par exemple, une femme de 53kg n’a pas à avoir en passager un homme de 85 kg. Dans la vraie vie, on ne voit jamais ça sur les routes.

    Il faut également supprimer l’examen du plateau qui ne sert strictement à rien.

    Le parcours du plateau est notoirement complexe, au point d’être l’un des plus difficiles d’Europe. Les candidats doivent apprendre deux parcours en miroir, qui ajoutent une complexité cognitive inutile, trop souvent source de stress et d’erreurs éliminatoires lors de l’examen. Cela signifie que nombre de candidats échouent l’épreuve non pas par manque de maîtrise technique, mais à cause d’un trop grand stress et de la difficulté à mémoriser ces parcours trop compliqués. En outre, l’examen du plateau génère une pression intense chez les candidats, ce qui peut nuire à leur apprentissage et à leur performance globale. C’est cette réalité qui fait saturer les demandes de passage à l’examen du plateau, alors que certains élèves sont déjà prêts pour la circulation !

    Les exercices ne reflètent pas les véritables défis rencontrés sur la route. Par exemple, les manœuvres d’évitement ou de demi-tour, imposées de manière très rigide, ne préparent pas les candidats à réagir aux dangers réels en circulation, où l’adaptabilité est essentielle. Pire encore, malgré les efforts déployés pour surmonter ces épreuves techniques, il n’y a aucune preuve directe que l’examen du plateau contribue de manière significative à la réduction des accidents mortels.

    Je rappelle : c’est sur le plateau que les élèves passent le plus de temps, car oui, l’examen du plateau prime sur la partie en circulation (12h sur plateau – en théorie car on peut grimper facilement à 25-40h de cours – contre 8h en circulation). Pourtant, les motards représentent 22% des morts en France en 2023, alors qu’ils ne représentent que 7% du parc total des véhicules motorisés…

    Il faut que la nouvelle réforme permette aux moniteurs de moto école, experts de la formation et diplômés d’Etat, de valider eux-mêmes la maîtrise des bases techniques sur plateau lors des cours.
    Si le moniteur valide les acquis après plusieurs heures d’entraînement, et qu’il juge son élève prêt à passer sur circulation, les efforts pourront ensuite être entièrement consacrés à bien préparer le futur motard aux différentes situations sur route, et à l’épreuve en circulation. Il y aurait ainsi une forte réduction du temps d’attente pour les élèves, et les inspecteurs ne seraient plus sursollicités pour une épreuve où certains élèves sont en réalité déjà prêts.

    La circulation est LA partie la plus importante du permis pour bien maîtriser une moto, et pour ne pas se tuer. Hors, j’ai bien l’impression que c’est une partie qui est beaucoup trop délaissée… au profit de la préparation à l’examen du plateau (qui est inutile). Il faut impérativement stopper le fait de préparer l’élève à un examen, et d’enfin lui apprendre à bien conduire une moto en circulation. Avec ce temps gagné, le moniteur pourrait emmener son élève conduire dans différents environnements pour le préparer au mieux aux réalités de la route.

    • Vous avez parfaitement décris la situation, il faut redonner du pouvoir au moniteur, et plutôt augmenter les heures de conduite en situation réelle.
      Là le permis tel qui existe est fait pour éliminer des candidats sans doute tres bon, juste pour faire rentrer un peu d’argent dans des caisses.

  14. Je rejoint tout à fait Alex dans son avis. Je suis actuellement en formation du permis A2, j’ai 48 ans. J’y suis depuis maintenant 9 mois et je ne compte plus les heures de plateau réalisées ou il y a des hauts et des bas : chorno trop rapide au lent, difficultés de temps en temps à faire demi-tour dans l’espace réduit avec le passager san taper un cône… J’ai passé l’exam 2 fois et j’ai échoué pour les mêmes raisons à chaques présentations. J’ai fait beaucoup d’heures (+ de 40) et ce fichu plateau reste une énorme contrainte alors qu’ayant roulé 6 heures sur route, je suis très à l’aise en circulation. La réforme visant passer l’épreuve de circu de 40 à 32mn n’est en rien une bonne idée, c’est au plateau qu’il faut s’attaquer.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici