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[Opinion] « 28 heures minimum », pourquoi c’est une mauvaise idée !

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Contrat de formation 28 heures minimum

Pour résoudre le manque de places d’examen du permis de conduire et l’allongement des délais de présentation, de nombreuses propositions ont été faites. L’une d’elle – portée par les organisations professionnelles – consisterait à faire passer le nombre minimum de leçons obligatoire de 20 heures à 28 heures (en boîte manuelle).

Présentée comme une solution de « bon sens » cette mesure serait en réalité injuste et peu efficace pour régler le problème. Cette semaine, PermisMag vous propose un billet d’opinion pour alimenter le débat.

Les données du Ministère

Partons des faits et des données chiffrées. Le 31 juillet 2025, le Ministère de l’Intérieur publiait un dossier de presse pour annoncer 80 000 places d’examen supplémentaires. Il fournissait à cette occasion, quelques chiffres intéressants, et notamment ce graphique.

Taux de réussite en fonction du nombre d'heures de formation

Ces données, issues des remontées du livret numérique, peuvent être discutées et même contestées, mais elles portent deux enseignements :

  1. la majorité des élèves réussissent l’examen en moins de 28 heures (8% des élèves réussissent en 20h, 36,6% en moins de 25h et 54,8% en moins de 28h). Il s’agit des chiffres en boîte automatique et boîte manuelle confondue.
  2. plus le nombre de leçons est faible, meilleur est le taux de réussite. Ce second enseignement est particulièrement contre-intuitif. Nous y reviendront.

Une mauvaise idée que rien ne justifie

Cette proposition est absurde pour plusieurs raisons. Nous les détaillons ci-dessous.

Raison n°1 : une question d’équité et de justice

D’un point de vue philosophique, imposer de prendre davantage de leçons à des personnes qui n’en n’ont pas besoin pour réussir est injuste, cela s’apparente à une punition collective… ou à de la vente forcée. Les auto-écoles – qui n’ont pas toujours bonne réputation auprès du grand public – risqueraient de voir leur image un peu plus écornée.

Les chiffres du Ministère révèlent que nous ne sommes pas tous égaux devant l’examen. Les « bons candidats » sont capables de réussir l’examen avec un meilleur taux de réussite, en prenant moins de leçons. En passant aux 28 heures minimum, on imposerait davantage de leçons à ceux qui ont un taux de réussite supérieur à la moyenne.

Plutôt que de viser à rendre les « bons candidats » encore meilleurs, il serait plus juste de se concentrer sur les candidats avec un niveau moins bon (ceux qui prennent 40h, 45h ou 50h) et de chercher à augmenter leur taux de réussite, inférieur ou égal à 50%, une fois qu’ils ont dépassé les 35 heures.

Raison n°2 : préserver l’individualisation des formations

Une telle mesure viendrait remettre en cause l’existence même de l’évaluation de départ. En indiquant un nombre estimé de leçons nécessaires à l’obtention du permis, cette évaluation est censée permettre de personnaliser les formations.

En rapprochant le minimum de leçons obligatoires de la moyenne de leçons effectives, cette évaluation perd une grande partie de son intérêt. Par ailleurs, l’auto-école se trouvera face à un dilemme : comment annoncer à un élève qu’il a été évalué à 24h mais qu’il devra en faire 28h ? Pour s’éviter un conflit, l’auto-école pourra être tentée de fausser l’évaluation… au détriment de l’honnêteté intellectuelle.

On entend souvent le cas des élèves qui forcent le passage. Une telle mesure n’empêchera pas l’élève qui a besoin de 35h de forcer son passage à 28h. Penser que le passage aux 28 heures permettra de régler les conflits en agence est illusoire…

Raison n°3 : des conséquences économiques non-neutres

Si elle était adoptée, cette mesure aura des effets de bord, mal mesurés. Elle aura très probablement un impact sur le marché du travail et sur les marges des écoles de conduite. Si 54,8% des élèves doivent prendre entre 1 et 8 leçons supplémentaires, les écoles de conduite devront produire chaque année plusieurs millions de leçons supplémentaires… ce qui n’est pas possible en l’état.

Dans un marché en tension, cela induira une concurrence renforcée entre auto-école pour recruter des enseignants et cela risque de tirer les salaires des enseignants vers le haut et donc réduire les marges des écoles de conduite.

Le goulet d’étranglement est aujourd’hui le manque d’inspecteurs. Faute d’enseignants pour produire les leçons, les délais de présentation pourraient s’allonger… du fait de plannings de conduite trop remplis.

Raison n°4 : dissuader les jeunes avec un permis plus cher

Dans le contexte actuel, le gouvernement cherche à faire des économies… et cela risque de passer par une réduction des dispositifs de financement du permis. Un article des Echos du 24 juillet 2025, intitulé Formation professionnelle : vers un nouveau coup de rabot sur le CPF , indiquait que le gouvernement envisageait de plafonner la prise en charge des formations au permis avec le CPF à « 700 ou 1 000 euros ».

Si on augmente le nombre minimum d’heures, le prix des formations va augmenter pour les 54,8% des candidats qui pouvaient le passer en moins de 28 heures. Un permis plus cher avec moins de financements va avoir des conséquences en corollaire : des élèves qui vont conduire sans permis (avec tous les problèmes de sécurité routière que cela engendre), davantage de candidats qui vont se tourner vers les solutions low cost et les plateformes (à 20h ou à 28h, ces dernières resteront moins chères) ou vont retarder leur formation.

Dans un marché en baisse de 7% sur les sept premiers mois de 2025 et alors que de nombreuses auto-écoles sont inquiètes pour leur trésorerie, dissuader un peu plus les élèves de s’inscrire n’apparaît pas être une idée pertinente.

Le dossier de presse du Ministre François-Noël Buffet dit la même chose, avec d’autres mots : « La hausse du seuil minimum d’heures de conduite (aujourd’hui de 20 heures en boite manuelle et de 13 heures en boite automatique) surenchérirait le coût du permis pour une part importante de candidats qui réussissent l’examen dès 20 heures de formation et en moins de 25 heures. »

Les arguments des défenseurs de la mesure

Les défenseurs de cette proposition avancent officiellement (ou officieusement) trois raisons de mettre en place les 28 heures minimum obligatoire :

  1. Cette mesure devrait permettre d’augmenter les taux de réussite et donc de réduire les délais d’attente. On l’a vu, les chiffres du Ministère disent l’inverse, plus le nombre d’heures est élevé, plus le taux baisse. Mettre plus d’heures aux bons candidats les rendra sûrement excellents, mais l’impact sur les taux et sur les délais reste à montrer.
  2. Les 28 heures permettrait de se rapprocher des taux de réussite de la conduite accompagnée (supérieurs à 70% à l’examen). Cet argument est lui-aussi erroné. Tous les enseignants savent pertinemment que le différentiel de taux de réussite réside principalement de l’expérience acquise pendant les 3000 km de l’AAC. Ce ne sont pas le rendez-vous préalable et les 2 rendez-vous pédagogiques qui permette d’augmenter ce taux de 20 points.
  3. Imposer quelques cours en présentiel sur les 28 heures permettait de lutter contre les plateformes. Il s’agit évidemment d’une raison officieuse. Le Ministre de l’Economie Macron, devenu Président de la République, a tout fait pour favoriser ces acteurs. On voit mal comment une mesure « discriminatoire » pour ces acteurs pourrait être adoptée.

Une proposition à contre-sens de l’Histoire ?

Les conditions de conduite ont bien évoluées depuis la mise en place des 20 heures minimum. Certes, il y a plus de circulation sur les routes, mais les véhicules sont également de plus en plus simples à conduire grâce à l’électronique et aux différents dispositifs d’aide à la conduite. La proportion de véhicules vendus en boîte automatique ne fait que progresser, elle devrait atteindre 80% pour les véhicules neufs en 2030 . Dans les 10 prochaines années, toutes les voitures pourront faire un créneau en autonomie. Sans parler des véhicules autonomes, encore au stade de l’expérimentation.

Les enseignants doivent anticiper ces changements et s’y adapter. Dans ce contexte, demander à allonger les formations est compliqué à entendre… sauf à dire que le niveau des enseignants a drastiquement baissé (ce que nous ne pensons pas, bien évidemment).

Le vrai combat à mener : celui de la marge

Imposer 28 heures de conduite minimum est une mauvaise idée : injuste pour les candidats capable de réussite en moins de 28 heures, inefficace pour réduire les délais et peu rentable pour les écoles de conduite. Que faire alors ?

Loin de nous l’idée de faire l’apologie du statu quo. D’autres propositions sont sur la table, certaines sont pertinentes et d’autres moins. Il faut regarder la situation de façon pragmatique et sans idéologie ni arrière-pensée.

Plutôt que de chercher à augmenter les volumes de leçons vendues (et donc leur chiffre d’affaires), les écoles de conduite devaient plutôt réfléchir à des mesures leur permettant d’augmenter leurs marges. Cela peut passer par des méthodes pédagogiques innovantes, une meilleure formation (initiale et continue) des enseignants, et bien d’autres choses…

Une auto-école qui vend aujourd’hui 28 leçons à 60€ (1680€) pourrait passer son tarif à 80€ la leçon, si elle parvenait à présenter l’élève en 21 heures. Aucun surcoût pour l’élève, mais pour l’auto-école une marge qui sera pratiquement doublée. La question que doit se poser chaque exploitant ne doit pas être « comment vendre plus d’heures, moins cher », mais « comment vendre moins d’heures, plus cher » !


Une manifestation, et après ?

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Mission flash Assemblée nationale

Le 29 septembre, près de 500 véhicules d’auto-écoles ont convergé à Paris pour dénoncer la pénurie persistante de places d’examen. Une mobilisation réelle, mais en demi-teinte : bien loin des milliers de voitures espérées. Ce chiffre, à lui seul, illustre une forme de lassitude dans la profession. Beaucoup de dirigeants et d’enseignants de la conduite ne croient plus vraiment aux effets de ce type d’action, ou se disent résignés.

En attendant la mission flash…

À l’issue de la manifestation, les représentants des organisations professionnelles ont été à nouveau reçus au ministère de l’Intérieur. Le directeur de cabinet de François-Noël Buffet a répété qu’aucune décision ne serait prise avant la nomination d’un gouvernement (qui doit intervenir cette semaine, NDLR). En attendant, il a esquissé des lignes directrices et confirmé la mise en place prochaine d’une mission parlementaire dite « mission flash ». Celle-ci aura pour objectif de recueillir les propositions de tous les acteurs et de proposer des pistes concrètes pour résorber le manque de places.

Du côté des parties prenantes — organisations professionnelles, réseaux d’auto-écoles, plateformes numériques et syndicats d’inspecteurs — les idées ne manquent pas : certaines ont déjà été rendues publiques, d’autres sont encore en cours de finalisation.

L’intersyndicale demande des inspecteurs et la hausse du volume de formation

L’intersyndicale, qui réunit Mobilians ESR, l’Unidec, l’UNIC et le syndicat des inspecteurs SNICA-FO, avance deux revendications :

  • Le recrutement de 150 inspecteurs du permis de conduire et 20 délégués au permis de conduire et à la sécurité routière (DPSR).
  • Le passage à 28 heures de formation minimum, au lieu de 20 actuellement.

Cette dernière mesure divise profondément les écoles de conduite traditionnelles (52% sont pour, 48% sont contre ou neutres), et les plateformes y sont fermement opposées. Côté inspecteurs, elle est défendue très mollement : le SNICA-FO n’a même plus intégré cette revendication dans son dernier communiqué.

Les trois propositions de l’ECF

De son côté, l’ECF propose trois mesures structurantes :

  1. Généraliser la conduite accompagnée. Filière plus performante (75 % de réussite contre 57 % en filière traditionnelle), moins coûteuse et plus sécuritaire, elle permettrait mécaniquement de réduire le nombre de présentations à l’examen.
  2. Abaisser l’âge d’accès à la conduite accompagnée à 14 ans. Selon l’ECF, commencer plus tôt renforcerait l’expérience des jeunes conducteurs, améliorerait leur autonomie et contribuerait à désengorger durablement le système.
  3. Instaurer un test de fin de formation obligatoire. Ce contrôle permettrait de réserver les places d’examen aux candidats réellement prêts et d’éviter de « gâcher » des créneaux.

Généraliser l’examen en boîte automatique

Pour Karl Raoult, vice-président du réseau CER, la revendication portée par l’intersyndicale (recrutement de 150 IPCSR) est une condition indispensable pour résorber durablement les délais et redonner de la visibilité aux auto-écoles. Mais il défend surtout le fait de généraliser le passage du premier examen sur boîte automatique, avec la possibilité pour ceux qui le souhaitent d’effectuer la passerelle vers le permis B classique par la suite. Selon lui, cette orientation permettrait aux écoles de conduite d’anticiper la transition de leur flotte vers l’automatique, de ramener les délais d’attente de six mois à deux mois, et d’optimiser l’organisation interne.

La formation en boîte auto — autour de 20 heures en moyenne — serait moins coûteuse pour les élèves, plus agréable pour les enseignants et n’exigerait pas le même niveau de disponibilité en formateurs.

Pour Karl Raoult, il est indispensable que l’État anticipe l’évolution du parc roulant. Une directive de l’Union européenne prévoit que les entreprises ne pourront louer que des véhicules électriques d’ici 2030 (et les particuliers en 2035). La tendance du marché confirme ce virage : un article d’Auto Plus de janvier 2024 estime que 80 % des véhicules vendus seront en boîte automatique à l’horizon 2030.

Les plateformes misent sur un « rattrapage » à la manière du bac

La Fenaa, qui représente les plateformes Ornikar, En Voiture Simone et lePermislibre, avance une idée totalement différente : un dispositif de « rattrapage », réservé aux candidats ayant échoué à l’examen par manque de points. La Fenaa propose que ces candidats puissent obtenir leur permis après cinq heures de conduite supplémentaires , sans repasser devant un inspecteur. Objectif : libérer des créneaux et réduire le nombre de présentations.

Et maintenant ?

Les propositions sont nombreuses. Chaque organisation va venir défendre ses positions devant la mission flash qui doit prochainement être lancée. La tâche de cette dernière s’annonce délicate tant les visions divergent.

Pourtant, si la profession veut éviter que les arbitrages lui échappent une fois encore, elle aurait tout intérêt à se réunir en amont et à parler d’une seule voix.


Manifestation du 29 septembre : les auto-écoles entre espoir et résignation

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Entre mobilisation symbolique et occasion manquée, la manifestation des auto-écoles du 29 septembre à Paris n’a pas eu l’ampleur espérée. Si les 500 véhicules présents et la venue de 200 inspecteurs ont permis de médiatiser la colère de la profession, l’absence massive d’acteurs franciliens et la faible participation par rapport aux attentes ont laissé un goût d’inachevé. Entre espoir de se faire enfin entendre et résignation face aux contraintes économiques et réglementaires, la profession continue de retenir son souffle.

Une mobilisation en demi-teinte à Paris

Le 29 septembre, un cortège d’auto-écoles s’est élancé des portes de Paris pour dénoncer la pénurie de places d’examen et les dysfonctionnements du système. Environ 500 véhicules ont fait le déplacement depuis toute la France, majoritairement depuis les régions. On est pourtant très loin des 3 000 voitures annoncées avant la manifestation, et la comparaison avec la mobilisation de 2019 place d’Italie fait mal : à l’époque, les images d’une marée de voitures d’auto-écoles avaient marqué les esprits.

Particularité notable cette année : les écoles de conduite d’Île-de-France ont été les grandes absentes du rassemblement. En revanche, les réseaux ECF et CER avaient mobilisé leurs adhérents, assurant une présence remarquée dans le cortège. En parallèle, environ 200 inspecteurs du permis de conduire et de la sécurité routière (IPCSR) s’étaient donné rendez-vous devant les locaux de la DSR, rue des Pyrénées, avant de rejoindre à pied la place de la Nation.

Malgré une couverture médiatique importante, les ressentis sur place oscillaient entre satisfaction d’avoir été visibles et frustration face à une mobilisation jugée trop timide.

Une profession qui se plaint, mais se déplace peu

Le paradoxe est frappant : selon notre dernier sondage, 75 % des auto-écoles déclarent subir fortement le manque de places d’examen, mais la majorité n’a pas jugé possible ou utile de se rendre à Paris pour l’exprimer publiquement. Les raisons sont multiples :

  • Les contraintes économiques : pour beaucoup de structures, fermer une journée signifie perdre un chiffre d’affaires. Certaines trésoreries déjà déficitaires ne permettent pas ce luxe.
  • La pression de RDVpermis : une auto-école qui arrête de produire pendant une journée ne cumule par d’ETP ce jour-là et perdra des droits à examen sur les mois suivants. Dans un contexte de pénurie, certains réfléchissent à deux fois.
  • Un mot d’ordre qui divise : si la profession est unanime sur la nécessité de recruter 150 inspecteurs supplémentaires et 20 délégués (89% des auto-écoles y sont favorables selon notre dernier sondage), elle est beaucoup plus divisée sur la revendication d’un plancher de formation à 28 heures. Seule une auto-école sur deux y est favorable. Ce flou a limité l’implication.

Dernière piste d’explication, les mesures mises en place par le plan Buffet ont permis de « détendre très légèrement » la situation avec la production de 11 785 places supplémentaires. Certains acteurs semblent avoir la mémoire courte et oublient un peu vite la pénurie des mois passés.

On retiendra une mobilisation réelle mais insuffisante pour peser autant qu’en 2019. Le message est passé, mais sans la force du nombre.

Les raisons de ne pas abandonner

Malgré cette participation en demi-teinte, les signaux envoyés par l’administration sont plutôt encourageants. Ce matin, mardi 30 septembre, les représentants des écoles de conduite ont été reçus au ministère de l’Intérieur par le directeur de cabinet Xavier Pelletier, la Déléguée interministérielle par interim Michèle Lugrand et le conseiller Louis de Caqueray.

Le directeur de cabinet de François-Noël Buffet, a rappelé qu’en période de gestion des affaires courantes, le gouvernement ne peut pas engager de dépenses nouvelles. Mais il a ouvert plusieurs portes :

  • Mise en place de réunions régulières avec la DSR pour améliorer le partage des données territoriales ;
  • Ouverture d’un dialogue sur différents leviers réglementaires permettant de lancer des réformes ou expérimentations sans attendre une loi ;
  • Engagement à structurer le travail avec le futur parlementaire chargé de la mission flash.

Cette mission flash, censée analyser les blocages et proposer des pistes de réforme, ne portera de « flash » que le nom. Ses conclusions ne sont pas attendues avant 2026, et les premières mesures ne devraient voir le jour qu’au printemps prochain.

Les différents acteurs de la professions ont quelques semaines pour rendre publiques leurs propositions. Ces propositions devront être simples, efficaces (pour réduire les délais de présentation, donc étayées par des chiffres concrets), socialement acceptables (ne pas rendre le permis de conduire plus cher) et fiscalement soutenables (ne pas rajouter un poids trop important que les finances publiques).


1001 façons d’éco-agir : et si la vôtre était la plus précieuse ?

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Des actions qui nous rassemblent

Promis, dans les prochains articles, nous allons vous suggérer plein de pistes d’actions concrètes, bien adaptées aux auto-écoles. Mais aujourd’hui, nous voulons d’abord insister sur la très grande diversité des façons d’éco-agir et vous mettre à l’aise avec l’idée que votre manière à vous sera unique ! Parce qu’il y a autant de façons d’agir que de personnes qui s’engagent. Et c’est bien là toute la magie que nous espérons faire émerger avec ce mouvement que nous lançons dans notre profession.

Certains d’entre nous auront à cœur de transformer d’abord leur flotte de véhicules. D’autres choisiront de faire de leurs locaux un lieu bas carbone. Certains préféreront sensibiliser leurs élèves et leurs parents à l’éco-conduite quand d’autres viseront le zéro déchet. Certains s’investiront dans la mobilité douce. Et il y a ceux qui planteront des arbres tout près de l’auto-école, tandis que leurs confrères en feront pousser à l’autre bout du monde.  Ceux qui organiseront des ateliers sur les véhicules plus propres, ceux qui militeront pour le covoiturage. Sans oublier ceux qui commenceront simplement par éteindre les lumières de leur vitrine la nuit ou couper les veilles inutiles, des gestes discrets mais essentiels. Il serait très long de tout énumérer ici, tant la liste de ce que nous pouvons faire est riche et variée. Chaque action compte, chaque initiative a sa place, quel que soit son impact. L’important, c’est de trouver la note qui vous correspond.

L’écologie une science qui a besoin nous tous

Oui, l’écologie est avant tout une science. Et oui, des milliers de scientifiques nous alertent depuis des décennies et nous invitent à changer nos modes de vie et donc notre mobilité et notre conduite. Mais au-delà des rapports et des chiffres, l’action écologique peut aussi ressembler à une grande symphonie : chaque instrument y joue sa partition, chaque musicien y apporte sa sonorité. Notre éco-contribution n’est donc pas la même que celle de notre voisin, et c’est tant mieux ! Nous avons besoin de toutes les énergies, de toutes les idées, et même de toutes nos différences pour composer cette œuvre collective. Que vous soyez plutôt motivé pour œuvrer pour les énergies renouvelables, l’éco-conduite, la biodiversité, le recyclage ou la mobilité partagée, votre contribution est une note indispensable. L’important, c’est de trouver ce qui résonne avec vos valeurs, vos compétences, vos talents, et aussi ce qui respecte vos limites, votre situation, vos choix et votre rythme.

Évitons les

L’essentiel est de ne pas laisser de place aux nombreux pièges de l’inaction qui guettent les plus enthousiastes d’entre nous. Ces fausses bonnes raisons qui nous retiennent parfois pour jouer pleinement notre partition. Comme le découragement (« Je ne sais pas par où commencer »), la comparaison (« D’autres professions polluent plus que nous »), la compétition (« C’est à d’autres secteurs ou d’autres pays d’agir »), l’attente (« Je commencerai quand les autres le feront »)… En évitant ces pièges, nous commençons à voir chacun de nos gestes, aussi modeste soit-il, comme une note qui s’ajoute à la partition générale.

Des

Alors comptez sur nous, dans les prochains numéros pour témoigner de toute la richesse des actions déjà en cours. Pour vous montrer que nous sommes loin d’être seuls à agir, et pour mettre en lumière toutes les initiatives des auto-écoles, de leurs partenaires et de tout notre écosystème. Tout ce que notre secteur d’activité est en train de mettre en marche pour les générations futures, pour leur offrir un monde où l’on peut respirer à plein poumons, où les paysages ne sont pas étouffés sous le plastique, où les villes vibrent au rythme d’une mobilité apaisée. Mais aussi pour nous, aujourd’hui même : pour notre confort, notre santé, notre tranquillité d’esprit et même nos finances. Parce que nous sommes de plus en plus nombreux aujourd’hui à prendre conscience que prendre soin de nous-mêmes et prendre soin de la Terre sont indissociables. Chaque action écologique qu’une auto-école met en place est un cadeau qu’elle s’offre à elle-même, à son équipe, à ses élèves, avant de l’offrir à toute la profession et au-delà.

Pour nous aider à construire ensemble cette communauté pleine d’inventivité et d’espoir, nous avons donc une question à vous poser : et vous, quelle est votre façon d’éco-agir ? Peut-être avez-vous déjà introduit dans votre auto-école des grands bouleversements ou des petits riens qui changent tout ?

S’il vous plait, partagez-les avec nous ! Vos expériences, vos réussites, vos défis… Votre partition est précieuse pour nous inspirer et certainement inspirer plusieurs de vos consœurs et confrères.


Semaine Bleue : le groupe ECF se mobilise pour les seniors au volant

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Semaine bleue actions ECF Conduite seniors

À l’occasion de la Semaine Bleue, le groupe ECF renforce son engagement auprès des seniors. Ateliers pratiques, débats et sensibilisation : l’objectif est clair, accompagner les conducteurs âgés pour préserver leur autonomie tout en veillant à la sécurité routière.

La Semaine Bleue : un rendez-vous national pour les aînés

Chaque année depuis 1951, la Semaine Bleue met à l’honneur les retraités et les personnes âgées à travers toute la France. Du 6 au 12 octobre 2025, des milliers d’initiatives seront organisées autour du thème « Rester en lien », pour promouvoir le rôle essentiel des aînés dans la société et renforcer le dialogue intergénérationnel.

À cette occasion, de nombreux acteurs – collectivités, associations, entreprises – se mobilisent afin de sensibiliser le grand public aux enjeux du vieillissement, de l’autonomie et de la solidarité.

Conduite des seniors : autonomie, mobilité et sécurité

La question de la mobilité des seniors est devenue centrale. Conserver son permis et la possibilité de conduire reste, pour beaucoup, un facteur déterminant d’autonomie et de maintien du lien social. Ne plus pouvoir se déplacer librement peut en effet conduire à l’isolement.

Toutefois, le vieillissement s’accompagne aussi de fragilités : temps de réaction plus long, motricité réduite, problèmes de vue, risques accrus de malaise… Autant de facteurs qui peuvent compliquer la conduite. Pour autant, les chiffres de l’ONISR rappellent que les seniors ne doivent pas être stigmatisés : ils sont à l’origine de seulement 9 % des accidents mortels, contre 19 % pour les 18-24 ans.

Leur accompagnement doit donc privilégier la prévention et la pédagogie, plutôt que des mesures contraignantes comme la visite médicale obligatoire – que le groupe ECF continue de dénoncer comme une « fausse bonne idée ».

Les actions du groupe ECF pour la Semaine Bleue

Fort de son engagement auprès des seniors, le réseau ECF a choisi de faire de la conduite des aînés sa priorité en 2025. À l’occasion de la Semaine Bleue, de nombreuses écoles du groupe ouvriront leurs portes pour proposer gratuitement des ateliers thématiques :

  • Remises à niveau théoriques (code de la route) ;
  • Tests de temps de réaction et de motricité ;
  • Découverte des aides à la conduite et des véhicules à boîte automatique ;
  • Présentation de solutions de mobilité alternatives ;
  • Sensibilisation aux nouveaux usagers de la route (cyclistes, piétons, EDPM) ;
  • Témoignages et échanges autour d’un café-débat : « Vieillir au volant, jusqu’à quand ? ».

Au-delà de ces actions ponctuelles, ECF a signé un partenariat avec France Silver Eco et multiplie les collaborations avec les assurances pour accompagner durablement les seniors dans leur mobilité.

Comme le souligne Patrick Mirouse, président du groupe :
« La mobilité des seniors est un enjeu à la fois social, sociétal et sanitaire. Il était indispensable de nous mobiliser à la hauteur de cet enjeu ! »


Auto-écoles : une N-ième réunion à Matignon pour rien, la mobilisation maintenue

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Après plusieurs rendez-vous cet été avec le ministère de l’Intérieur (16 juillet) puis à l’Élysée (12 septembre), l’intersyndicale des écoles de conduite (Mobilians-ESR, UNIC et UNIDEC), rejointe par le SNICA-FO représentant les inspecteurs du permis de conduire, a été reçue le mercredi 24 septembre 2025 à Matignon.

La délégation a rencontré de nouveaux interlocuteurs : Stanislas Bourron, conseiller Intérieur et chef du pôle Sécurité intérieure, en présence de la colonelle de gendarmerie Olivia Poupot et de Michèle Lugrand, déléguée interministérielle à la Sécurité routière par intérim.

Un dialogue ouvert, mais toujours pas de décision politique

Patrice Bessone (Mobilians-ESR) salue une écoute attentive, mais estime que le plan d’urgence présenté en juillet par François-Noël Buffet, ministre auprès du ministre de l’Intérieur, reste très insuffisant face à la crise traversée par les auto-écoles et leurs élèves :

« Les écoles de conduite attendent toujours un positionnement fort de la part du gouvernement. »

Même constat pour Benjamin Panis (UNIC) : si l’échange a été jugé constructif, aucun engagement concret n’a été annoncé, en raison de l’attente de la nomination d’un nouveau gouvernement.

L’intersyndicale réclame que les mesures d’urgence soient complétées par un plan structurel : la création de 150 postes d’inspecteurs et 20 postes de délégués au permis de conduire.

Christelle Oberholz (UNIDEC) note une volonté de faire avancer le dossier avec les ministères de l’Intérieur et des Finances, mais regrette l’absence de décision immédiate. De son côté, Philippe Destarkeet (SNICA-FO) souligne également une écoute réelle, tout en insistant sur l’urgence :

« J’ai exigé que notre dossier soit placé en haut de la pile ! »

La mobilisation nationale le 29 septembre maintenue

Face à l’absence d’engagements concrets, les organisations syndicales maintiennent leur appel à manifester lundi 29 septembre à Paris.

Ce mouvement national, destiné à alerter les pouvoirs publics sur la gravité de la situation et obtenir des solutions durables, sera-t-il suffisant ? La question mérite d’être posée ! Voilà près de 4 mois que les représentants des OP et des inspecteurs sont reçus, sans résultat jusqu’à présent.

Pouvoir impuissant et auto-écoles désabusées

Les réunions s’enchaînent dans les différents Ministères, les interlocuteurs changent mais le problème persiste. Depuis la censure du gouvernement Bayrou, l’administration gère les affaires courante et ne prend plus aucune décision.

Selon notre dernier sondage, 75% des auto-écoles déclarent manquer de places d’examen (40% parlent d’un manque « critique » pour leur activité et 35% d’un manque de places « pénalisant »). L’absence de perspectives de sortie de crise pèse sur le moral des gérants.  Sur les groupes Facebook et WhatsApp, la question des revendications et de la participation à la manifestation divise.

Recrutement d’IPCSR et 28 heures

L’intersyndicale porte deux revendications : le recrutement de 150 IPCSR et 20 DPSR supplémentaire et le passage à 28 heures de formation minimum obligatoire.

Le recrutement d’inspecteurs supplémentaire fait l’unanimité. Selon notre sondage, plus de 88% des auto-écoles se déclarent favorables à cette mesure (55% sont « très favorable » et 33% « favorable »). Seules 3% des auto-écoles s’opposent à cette revendication.

La question des « 28 heures » est beaucoup plus clivante et le les auto-écoles sont partagées sur cette demande. Si une légère majorité (52%) est favorable à cette mesure, l’autre moitié n’en voit pas l’intérêt ou y est clairement défavorable. Près de 7% des auto-écoles vont plus loin et demande la suppression pure et simple du minimum de 20 heures.

Quelle mobilisation le 29 septembre ?

Il est compliqué de répondre à cette question a priori. Selon notre sondage, 35% des auto-écoles interrogées disaient vouloir participer à la manifestation du 29 septembre à Paris. Les auto-écoles d’Île-de-France et des régions voisines (Centre, Nord, Normandie, etc) devraient être au rendez-vous. Parmi celles qui sont situées plus loin de la capitale, la mobilisation sera plus faible.

La conjoncture et le système RDVPermis n’incitent pas à la mobilisation. Auparavant, lorsqu’une auto-école manifestait, elle perdait une journée de production (perte de chiffre d’affaires). Désormais, elle perd également des places d’examen puisqu’elle ne déclare pas de leçons sur la journée. Dans un contexte tendu, toutes ne pourront pas se permettre ce luxe…

Les points de rendez-vous


Enseignement de la conduite : Des acteurs s’engagent en faveur de l’environnement

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Professionnels auto-école environnement (1)

Plusieurs fournisseurs du secteur de l’enseignement de la conduite ont choisi d’unir leurs forces pour accompagner activement la transition écologique.  Ils affirment reconnaître l’urgence de la situation environnementale et la nécessité d’agir dès aujourd’hui, chacun à son niveau. Un manifeste déjà signé par de nombreux acteurs est proposé à l’ensemble de la profession : éditeurs de solutions pédagogiques, de logiciels, opérateurs du code de la route, réseaux, et tout autre acteur qui le souhaite.

Manifeste pour une filière de l'enseignement de la conduite plus respectueuse de l'environnement
AGX Informatique

co-animateur

VroomVroom

co-animateur

La Poste Codes et Examens
Objectifcode
Code'n Go
Pointcode
réseau ECF
CER Réseau
Davantages Formation
WBD
Drivup
Coach AAC
Orata

Une boîte à outils pour passer à l’action

Bien sûr la question est vaste, complexe et mondiale. Faut-il pour autant attendre ?

Justement, le principe de ce manifeste est de se rassembler pour agir dès aujourd’hui. Tous en même temps ! L’objectif des signataires est de s’encourager à adopter des pratiques vertueuses et de les partager. Pour en fin de compte, créer une boite à outils d’actions concrètes accessibles à tous les professionnels du secteur. Ils souhaitent à la fois agir sur leur propre structure et participer à la transition de tout l’écosystème. Conscients de la place centrale des écoles de conduite dans ce projet, une consultation est lancée pour mieux comprendre leurs attentes, interrogations ou freins sur ces sujets.

Auto-école : Dites-nous tout !

Prenez 3 minutes pour répondre à notre sondage. Dites nous les sujets qui vous préoccupent et sur lesquels vous souhaiteriez avoir plus d’informations et/ou conseils pour agir à votre échelle.

Car l’impact de ces actions sera d’autant plus puissant que l’ensemble des acteurs va s’impliquer : Auto-écoles, fournisseurs, enseignants, mais aussi élèves et partenaires locaux. Persuadés que le changement s’accélère grâce à la diffusion d’idées et de bonnes pratiques, PermisMag ouvre cette semaine une rubrique dédiée à ce sujet intitulée : « Écoresponsabilité »

Plusieurs fois par mois, vous y découvrirez des témoignages, des éclairages, des retours d’expérience et des pistes d’actions simples et réalisables. Le but : aider les professionnels – et pas seulement les auto-écoles – à réduire tous notre empreinte carbone. Il s’agira d’une véritable bibliothèque adaptée à notre filière. Dans laquelle chacun pourra piocher des idées et les mettre en place à son rythme et selon ses moyens.

Une démarche collaborative et tournée vers les solutions

Notre démarche se veut positive et inspirante. Principalement tournée vers les solutions car l’information sur les problèmes existe déjà en abondance. Ce que nous voulons apporter, c’est du tangible, du pratique.

Notre approche est également totalement dénuée d’arrière-pensée commerciale. Bien sûr les sociétés qui agissent améliorent leur image, mais nous veillerons à ce que ce soit le seul bénéfice pour les participants. Le but de ces articles est uniquement de souligner l’impact positif de leurs contributions. Notre démarche se veut enfin humble et ouverte à toutes les suggestions car nous ne sommes ni scientifiques ni spécialistes du climat.

Nous croyons en la force de l’intelligence collective et savons que nos meilleures idées viennent des autres. L’invitation est donc lancée, vous êtes les bienvenus !

Une initiative inclusive et ouverte à tous

La protection de l’environnement est l’affaire de tous. La démarche initiée par ces acteurs de l’enseignement de la conduite se veut ouverte à tous. Chacun d’entre vous peut rejoindre cette initiative et signer le manifeste.

Vous agissez pour le climat, l’air, l’eau, la nature, le vivant ? Partagez vos actions avec nous ! Nous aurons à cœur de les mettre en lumière à travers des articles et de faire en sorte que votre expérience bénéficie à tous.

N’hésitez pas à nous contacter sur les courriels : contact@permismag.com et convivialeattitude@agx.fr.


Auto-écoles et inspecteurs appellent à manifester le 29 septembre à Paris

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Face à la pénurie persistante de places d’examen du permis de conduire et à l’insuffisance du plan d’urgence présenté cet été, les organisations professionnelles des auto-écoles et le syndicat des inspecteurs SNICA-FO appellent à une mobilisation nationale inédite. Le 29 septembre, des centaines de véhicules-écoles et d’inspecteurs sont attendus à Paris pour réclamer des recrutements massifs et des mesures concrètes afin de réduire les délais d’attente pour les candidats.

Une crise annoncée, des réunions sans solution

Depuis le début de l’année, les auto-écoles ainsi que les inspecteurs du permis de conduire tirent la sonnette d’alarme face à une pénurie croissante de places d’examen et des délais d’attente qui s’allongent dangereusement.

Deux réunions au Ministère de l’Intérieur en juillet

Revenons un peu en arrière. Le 16 juillet, les organisations professionnelles — Mobilians, UNIC, UNIDEC, les réseaux ECF, CER, et les responsables du SNICA-FO. — étaient reçues au ministère de l’Intérieur par le directeur de cabinet du ministre François-Noël Buffet, ainsi que par la délégation interministérielle à la sécurité routière (Florence Guillaume) et la sous-direction de l’éducation routière. Ils y ont décrit une situation « ingérable » pour les auto-écoles comme pour les candidats. Toutefois, aucune mesure concrète n’a été annoncée à l’issue de la réunion.

Le 31 juillet, le ministre François-Noël Buffet dévoilait dans la presse nationale un « plan d’urgence » comprenant : 80 000 places d’examen supplémentaires d’ici fin 2025, le recrutement et la formation de 108 inspecteurs, avec 10 postes supplémentaires prévus dès 2026, et d’autres mesures (ex. renforcement de l’accompagnement local, option « sans passager » pour le permis moto).

Insuffisance perçue du plan et critiques des auto-écoles

Malgré ces annonces, les organisations professionnelles estiment que les mesures ne sont ni à la hauteur des enjeux, ni crédibles dans leur application. Parmi les critiques : le nombre d’inspecteurs reste insuffisant (les OP chiffrent le besoin entre 150 et 200 inspecteurs), les 80 000 places supplémentaires annoncées sont hypothétiques et ne permettront pas de rattraper le retard accumulé.

Rencontre à l’Élysée le 12 septembre

Le 12 septembre, une délégation menée par les organisations professionnelles des écoles de conduite et le syndicat SNICA-FO a été reçue à l’Élysée par Mme Violaine Demaret (conseillère sécurité et intérieur du président de la République) et Xavier Pelletier (le nouveau directeur de cabinet de M. Buffet). Les interlocuteurs y ont reconnu l’urgence et la gravité de la situation – mais aucune solution concrète n’a été annoncée jusqu’à présent.

L'appel à manifester

Manifestation nationale le 29 septembre à Paris

Face à ce qu’ils considèrent comme une absence de réponse concrète malgré les alertes réitérées, les organisations professionnelles des auto-écoles (Mobilians, UNIC, UNIDEC) et le syndicat d’inspecteurs (SNICA-FO) appellent à une manifestation nationale à Paris le 29 septembre 2025.

Les objectifs de la manifestation

Les organisateurs de la manifestation souhaitent :

  • Exiger le recrutement immédiat d’un nombre significatif d’inspecteurs (les revendications parlent de 150 inspecteurs supplémentaires et 20 délégués) afin de répondre aux besoins actuels.
  • Obtenir une formation minimale de 28 heures pour les apprentis conducteurs, afin de réduire le nombre d’échecs et rendre le système plus juste et efficace.
  • Obtenir des engagements fermes et chiffrés — non plus des annonces à venir, mais des mesures effectives (dates, budget, effectifs) pour l’ouverture de places d’examen, la réduction des délais, la pérennisation des moyens.

Sondage PermisMag

Est-ce que votre auto-école participera à la manifestation du 29 septembre. Est-ce que vous approuvez les revendications des organisation professionnelles? Prenez 2 minutes pour répondre à notre sondage.

Une mobilisation historique ?

Cette action est la première mobilisation nationale coordonnée des auto-écoles et des inspecteurs autour de cette problématique spécifique des places d’examen. Jamais jusqu’ici les organisations n’avaient fixé une date commune pour faire pression au niveau central à Paris.

La manifestation vise aussi à porter les revendications devant l’opinion publique, sensibiliser les pouvoirs publics sur les conséquences concrètes pour les candidats (jeunes ou moins jeunes), pour l’emploi, les auto-écoles elles-mêmes, et la sécurité routière.

Que retenir ?

Si à ce jour, le plan du gouvernement offre quelques pistes, il reste largement jugé insuffisant par la profession — tant en termes d’effectifs d’inspecteurs que de volume de places d’examen et de mesures immédiates. Le 29 septembre pourrait être un moment de bascule : soit le gouvernement apporte enfin des réponses opérationnelles, soit la contestation s’amplifiera, avec les risques de perturbations mais aussi la force d’un secteur mobilisé. Les auto-écoles, les inspecteurs et les candidats attendent autre chose que des annonces — ils veulent des actes.


Manque de places d’examen : les propositions du Groupe ECF

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propositions ECF manque de places d'examen

Alors que les délais pour obtenir une place d’examen au permis de conduire ont explosé depuis le printemps, les mesures annoncées par le ministère de l’Intérieur n’ont pas convaincu la profession. Le Groupe ECF, par la voix de son président Patrick Mirouse, avance trois solutions pour désengorger le système et améliorer durablement le taux de réussite. Des propositions qui permettront d’alimenter le débat avec l’administration.

Un manque de places chronique

Depuis plusieurs années, la question du manque de places d’examen du permis de conduire revient comme un serpent de mer. Été après été, la même réalité se répète : dans de nombreux départements, les délais pour obtenir une date d’examen s’allongent, contraignant les élèves à prolonger leur formation, et donc à en augmenter le coût.

Face à la pression des professionnels et des usagers, le ministère de l’Intérieur a récemment présenté une série de mesures censées répondre à la pénurie. Mais ces annonces ont suscité une vive déception parmi les organisations représentatives du secteur. Jugées trop limitées et éloignées des réalités du terrain, elles n’apportent pas de solutions de fond capables de résorber durablement les difficultés rencontrées par les candidats et les auto-écoles.

Mi-août, ces mêmes OP ont demandé à être reçues par François Bayrou, mais la tenue d’une telle réunion semble aujourd’hui bien hypothétique. Le Premier Ministre étant occupé à jouer sa survie politique en attendant le vote de confiance prévu le 8 septembre.

C’est dans ce contexte que le Groupe ECF a décidé de prendre position en avançant trois propositions concrètes. Présentées à Philippe Bailbé, directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur François-Noël Buffet, elles visent à offrir des réponses immédiates et pérennes, sans compromis sur la sécurité routière.

Trois propositions pour résorber la pénurie

1. Former des postiers au métier d’examinateur

S’appuyant sur les textes de loi qui permettent déjà à des organismes agréés de faire passer l’épreuve théorique, le Groupe ECF propose d’aller plus loin. L’idée est de former trois postiers contractuels par département afin qu’ils puissent devenir examinateurs du permis de conduire.

Avec environ 300 examinateurs supplémentaires à l’échelle nationale, le problème de pénurie pourrait être réglé « définitivement ».

2. Créer un test de fin de formation obligatoire

Le Groupe ECF suggère la mise en place d’un test obligatoire avant l’inscription à l’examen pratique. Ce test permettrait de s’assurer que le candidat possède le niveau requis pour réussir.

  • Les élèves qui réussissent pourraient être présentés en priorité.
  • Ceux qui échouent devraient suivre des heures complémentaires pour atteindre le niveau attendu.

Selon l’ECF, cette mesure aurait plusieurs avantages :

  • augmenter le taux de réussite d’environ 20 %,
  • éviter le gaspillage de places en les réservant aux candidats prêts,
  • désengorger le système sans recruter d’inspecteurs supplémentaires,
  • maintenir un coût de formation proportionnel aux besoins réels de chaque élève.

3. Généraliser la conduite accompagnée et abaisser l’âge d’accès

Enfin, le Groupe ECF met en avant les atouts de la conduite accompagnée, qu’il qualifie de filière « la plus sûre, la moins chère et la plus performante » :

  • trois fois moins d’accidents,
  • un coût réduit d’environ 300 € grâce à 5 à 7 heures de conduite en moins,
  • un taux de réussite de 77 % dès la première présentation.

ECF plaide ainsi pour une généralisation de cette filière, associée à un abaissement de l’âge d’accès de l’AAC à 14 ans, afin de favoriser une mobilité plus sûre et progressive.

La nécessité d’avoir un débat de fond

En avançant ces propositions, le Groupe ECF souhaite contribuer à la réflexion sur les solutions possibles. Pour son président, Patrick Mirouse, l’enjeu est clair : « augmenter le taux de réussite sans abaisser le niveau d’exigence, pour garantir la sécurité de tous ».

Ces trois pistes, relativement simples et pragmatiques, visent à traiter le problème structurel de la pénurie de places d’examen et à redonner confiance aux candidats comme aux professionnels de la formation à la conduite.


Disparition de Jean Antona : un doyen de la profession nous quitte

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Disparition Jean Antona - Janot

La profession des auto-écoles est en deuil. Jean Antona, affectueusement surnommé « Janot », s’est éteint cette semaine. Figure incontournable de la formation à la conduite en Seine-Saint-Denis et pilier du syndicat UNIDEC, il laisse derrière lui plus de soixante années d’engagement et un souvenir impérissable auprès de tous ceux qui l’ont connu.

Un parcours marqué par six décennies d’engagement

L’histoire de Jean Antona avec la profession débute en 1963. Pendant plus de 62 ans, il a accompagné des générations d’apprentis conducteurs, transmettant son savoir-faire et sa passion.

En 1968, il ouvre sa première auto-école à Pierrefitte-sur-Seine, puis en 1982 une seconde à Stains. C’est également cette année-là qu’il s’investit dans le syndicat UNIDEC, dont il co-rédige les statuts. Fidèle à ses valeurs, il a toujours défendu avec force et conviction les intérêts de ses confrères et de la profession.

Son parcours se poursuit en 1992, lorsqu’il obtient le diplôme de BAFM (Brevet d’Aptitude à la Formation de Moniteurs), qui lui permet de former les enseignants de la conduite. Par cette nouvelle mission, il participe à la transmission du métier et à la préparation des générations futures.

Un syndicaliste respecté et un homme de cœur

Jean Antona était de tous les combats. Pendant plus de 30 ans, il a fait entendre sa voix dans les débats et les négociations, toujours avec respect, droiture et une profonde humanité.

Même lorsque les appartenances syndicales différaient, il savait rassembler et rester un interlocuteur écouté. Ses collègues soulignent son respect, sa gentillesse et son soutien indéfectible.

Dans les moments difficiles, il savait trouver les mots justes. « Les filles, on y va, je vous fais confiance », aimait-il dire à ses camarades de lutte, Martine Marsille et Louisa Mebarki (UNIC).

Un vide immense

Jean Antona a traversé toutes les tempêtes de la profession, apportant toujours son énergie et son expérience. Sa disparition laisse un vide immense. Lors des prochaines réunions en préfecture, son absence sera ressentie, mais sa mémoire continuera d’accompagner ses collègues et amis.

Contactée, la présidente de l’UNIDEC, Christelle Oberholz nous a déclaré « L’UNIDEC est profondément touchée par ce départ soudain. Jean était un adhérent historique de notre syndicat et il a beaucoup œuvré pour les auto-écoles de Seine-Saint-Denis. On a une pensée pour sa famille. »

Au revoir, Janot. Merci pour ton parcours exemplaire, ton engagement et ton humanité.