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Enseignement de la conduite : Des acteurs s’engagent en faveur de l’environnement

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Professionnels auto-école environnement (1)

Plusieurs fournisseurs du secteur de l’enseignement de la conduite ont choisi d’unir leurs forces pour accompagner activement la transition écologique.  Ils affirment reconnaître l’urgence de la situation environnementale et la nécessité d’agir dès aujourd’hui, chacun à son niveau. Un manifeste déjà signé par de nombreux acteurs est proposé à l’ensemble de la profession : éditeurs de solutions pédagogiques, de logiciels, opérateurs du code de la route, réseaux, et tout autre acteur qui le souhaite.

Manifeste pour une filière de l'enseignement de la conduite plus respectueuse de l'environnement
AGX Informatique

co-animateur

VroomVroom

co-animateur

La Poste Codes et Examens
Objectifcode
Code'n Go
Pointcode
réseau ECF
CER Réseau
Davantages Formation
WBD
Drivup
Coach AAC
Orata

Une boîte à outils pour passer à l’action

Bien sûr la question est vaste, complexe et mondiale. Faut-il pour autant attendre ?

Justement, le principe de ce manifeste est de se rassembler pour agir dès aujourd’hui. Tous en même temps ! L’objectif des signataires est de s’encourager à adopter des pratiques vertueuses et de les partager. Pour en fin de compte, créer une boite à outils d’actions concrètes accessibles à tous les professionnels du secteur. Ils souhaitent à la fois agir sur leur propre structure et participer à la transition de tout l’écosystème. Conscients de la place centrale des écoles de conduite dans ce projet, une consultation est lancée pour mieux comprendre leurs attentes, interrogations ou freins sur ces sujets.

Auto-école : Dites-nous tout !

Prenez 3 minutes pour répondre à notre sondage. Dites nous les sujets qui vous préoccupent et sur lesquels vous souhaiteriez avoir plus d’informations et/ou conseils pour agir à votre échelle.

Car l’impact de ces actions sera d’autant plus puissant que l’ensemble des acteurs va s’impliquer : Auto-écoles, fournisseurs, enseignants, mais aussi élèves et partenaires locaux. Persuadés que le changement s’accélère grâce à la diffusion d’idées et de bonnes pratiques, PermisMag ouvre cette semaine une rubrique dédiée à ce sujet intitulée : « Écoresponsabilité »

Plusieurs fois par mois, vous y découvrirez des témoignages, des éclairages, des retours d’expérience et des pistes d’actions simples et réalisables. Le but : aider les professionnels – et pas seulement les auto-écoles – à réduire tous notre empreinte carbone. Il s’agira d’une véritable bibliothèque adaptée à notre filière. Dans laquelle chacun pourra piocher des idées et les mettre en place à son rythme et selon ses moyens.

Une démarche collaborative et tournée vers les solutions

Notre démarche se veut positive et inspirante. Principalement tournée vers les solutions car l’information sur les problèmes existe déjà en abondance. Ce que nous voulons apporter, c’est du tangible, du pratique.

Notre approche est également totalement dénuée d’arrière-pensée commerciale. Bien sûr les sociétés qui agissent améliorent leur image, mais nous veillerons à ce que ce soit le seul bénéfice pour les participants. Le but de ces articles est uniquement de souligner l’impact positif de leurs contributions. Notre démarche se veut enfin humble et ouverte à toutes les suggestions car nous ne sommes ni scientifiques ni spécialistes du climat.

Nous croyons en la force de l’intelligence collective et savons que nos meilleures idées viennent des autres. L’invitation est donc lancée, vous êtes les bienvenus !

Une initiative inclusive et ouverte à tous

La protection de l’environnement est l’affaire de tous. La démarche initiée par ces acteurs de l’enseignement de la conduite se veut ouverte à tous. Chacun d’entre vous peut rejoindre cette initiative et signer le manifeste.

Vous agissez pour le climat, l’air, l’eau, la nature, le vivant ? Partagez vos actions avec nous ! Nous aurons à cœur de les mettre en lumière à travers des articles et de faire en sorte que votre expérience bénéficie à tous.

N’hésitez pas à nous contacter sur les courriels : contact@permismag.com et convivialeattitude@agx.fr.

Auto-écoles : les dates de dé-confinement enfin connues!

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Après six semaines de fermeture administrative en raison de l’épidémie de Covid-19, l’annonce des dates de reprise pour les leçons et les examens de conduite représente, pour beaucoup, une lumière au bout du tunnel. Cette reprise progressive se fera selon des modalités et des protocoles sanitaires qui seront validés d’ici la semaine prochaine. Voici ce que l’on sait à l’heure actuelle.

Une réouverture progressive selon les départements

L’information a été donnée hier (28 avril) par le Premier Ministre, Édouard Philippe, le dé-confinement et la reprise de l’activité économique se fera de manière différenciée selon les départements. Dans les départements les moins impactés par l’épidémie, les entreprises pourront redémarrer plus tôt, alors que celles situées dans les départements les plus touchés devront patienter encore un peu.

Les départements seront classés par couleur : les départements « verts » et les départements « rouges ». La carte des départements sera dévoilée le 30 avril par le Professeur Jérôme Salomon lors de son point presse journalier sur l’évolution de la pandémie.

Une réouverture des bureaux dès le 11 mai

Quelle que soit la zone (verte ou rouge), les écoles de conduite pourront rouvrir leurs bureaux à partir du lundi 11 mai. La reprise des leçons et des examens dépendra, elle, du département et de la catégorie de permis concernée.

La reprise des activités devra se faire, a minima, selon les règles de sécurité sanitaire éditées par le Haut Conseil de la Santé Publique. Les organisations professionnelles ont travaillé sur des protocoles sanitaires. L’UNIC a établi un « guide de sécurité sanitaire » avec la SOCOTEC, alors que le CNPA a rédigé un « protocole de reprise » validé par une infectiologue du CHU de Strasbourg. Ces documents ont été soumis pour validation aux Ministères concernés.

Une conférence téléphonique doit avoir lieu lundi 4 mai entre la DSR et les organisations professionnelle pour définir de manière précise les mesures sanitaires qui devront être prises par les écoles de conduite. Il semblerait que la séparation en plexiglas, entre l’élève conducteur et l’enseignant ou l’inspecteur, ne soit pas retenue, pour des questions de sécurité et d’efficacité (une telle paroi n’empêcherait en rien la propagation du virus).

IMPORTANT :
Les auto-écoles (comme toute entreprise) devront mettre en place et veiller à une stricte application des mesures de sécurité sanitaire retenues à l’issue de la réunion du 4 mai! En effet, la responsabilité légale de l’entreprise sera engagée en cas de transmission du virus d’un élève vers un de vos salariés (ou inversement). La démonstration que la contamination a eu lieu pendant une leçon de conduite s’annonce néanmoins assez compliquée à démontrer…

La reprise dans les départements « verts »

11 mai

Ouverture des bureaux au public, reprise des leçons de conduite et de toutes les activités pour toutes les catégories de permis. Reprise des examens de code

18 mai

Reprise des examens moto et PL. Les places seront attribuées uniquement par options sur Printel. Pour les examens moto les durées seront modifiées : 12 minutes pour le plateau et 36 minutes pour la circulation.

1er juin

Reprise des examens B. La première semaine par options et à partir de la deuxième semaine retour à la méthode de population de référence.

La reprise dans les départements « rouges »

11 mai

Ouverture des bureaux au public. Possibilité de dispenser des leçons moto et poids-lourds (uniquement), après accord du Préfet du département.

18 mai

Dans les départements où le Prefet a donné son accord, reprise des examens moto et PL. Les places seront attribuées uniquement par options sur Printel.

1er juin

Reprise des leçons et des examens B. La première semaine par options et à partir de la deuxième semaine retour à la méthode de population de référence.

Candidats libres: des taux de réussite toujours mauvais

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Taux de réussite candidats libres permis de conduire
La Sécurité routière a mis en ligne fin février son Bilan des examens du permis de conduire pour l’année 2018. Nous nous sommes intéressés, cette année encore, aux chiffres concernant les candidats libres. Si leur nombre a été multiplié par deux comparé à 2017, leur taux de réussite reste lui toujours inférieur de 10 à 15 points selon les départements.

Un nombre de candidats libre en augmentation

Le nombre de candidats libre ne cesse d’augmenter rapidement, depuis 2015. Ils sont passés de 3081 (en 2015) à 23 311 (en 2018). L’accélération est particulièrement forte au cours de cette dernière année puisque leur nombre augmente de 132,8% entre 2017 et 2018.

Leur nombre reste néanmoins limité comparé au total de candidats se présentant à l’examen pratique. En 2018, ils ne représentaient pas plus de 1,4% du nombre total de candidats. Par ailleurs, le phénomène touche principalement les grands centres urbains : Paris et les départements limitrophes (Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne, Seine-et-Marne et Yvelines), le Rhône et la Seine-Maritime.

La plupart de ces candidats libres se présentent dans la catégorie B (95,8% d’entre eux), le reste se présentant en groupe lourd ou en moto (0,8%).

Des taux de réussite toujours très inférieurs à la moyenne

Le taux de réussite des candidats libres à l’examen pratique pour l’année 2018 s’élève à…. 44,9%. Ce taux de réussite est en très légère hausse par rapport à celui constaté en 2017 (42,1%). En revanche, il reste très inférieur :

  1. à la moyenne nationale, qui est de 58% (-13 points pour les candidats libres) ;
  2. à la moyenne pour les candidats en conduite accompagnée, qui est de 74,6% (-32,6 points pour les candidats libres) ;
  3. à la moyenne dans les départements où les candidats libres sont les plus nombreux. En Seine-Saint-Denis, par exemple, le taux de réussite moyen est de 62,4% (- 15,5 points pour les candidats libres).

Consultez le Bilan du permis de conduire 2018 en intégralité sur le site de la Sécurité routière.

Aides carburant : les auto-écoles restent exclues des dispositifs pour les « grands rouleurs »

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hausse carburant tarifs auto-école

Le gouvernement vient d’annoncer 450 millions d’euros de nouvelles mesures pour soutenir les Français et les professionnels confrontés à la hausse des prix des carburants. Le dispositif destiné aux « grands rouleurs » est notamment renforcé et plusieurs professions bénéficient d’aides spécifiques. Pourtant, les auto-écoles restent une nouvelle fois à l’écart. Elles risquent de devoir augmenter leurs tarifs… avec tous les risques que cela comporte.

Une aide de 100€ pour 5,5 millions de « grands rouleurs »

Face au maintien de prix élevés à la pompe, le gouvernement a annoncé, mardi 22 septembre, un nouveau paquet d’aides représentant environ 450 millions d’euros.

Parmi les principales mesures figure la prolongation du dispositif « Grands rouleurs » pour les mois d’octobre, novembre et décembre 2026. L’indemnité est portée à 100 euros pour trois mois, contre 50 euros précédemment sur une période équivalente. Le gouvernement présente ce montant comme correspondant à environ 40 centimes par litre sur la consommation de référence. Le nombre de bénéficiaires potentiels doit parallèlement passer de trois à 5,5 millions de personnes.

Pour en bénéficier, il faut notamment utiliser sa voiture pour se rendre au travail sur une distance d’au moins 15 kilomètres ou parcourir plus de 8 000 kilomètres par an. Les plafonds de revenus ont également été relevés.

Mais derrière l’expression « grands rouleurs » se cache une différence essentielle : le dispositif concerne avant tout les travailleurs utilisant leur véhicule personnel. Les véhicules de fonction ou de service sont notamment exclus du dispositif. Une définition qui laisse donc de côté les voitures utilisées quotidiennement par les écoles de conduite.

« Rouler, c’est notre outil de travail »

Pour les exploitants d’auto-écoles, la situation peut sembler paradoxale. Une voiture-école peut parcourir plusieurs dizaines de milliers de kilomètres par an exclusivement dans le cadre de l’activité professionnelle, mais l’entreprise ne bénéficie pas pour autant de l’aide destinée aux « grands rouleurs ».

Patrick Mirouse, président du réseau ECF, résumait mercredi la situation sur RMC ↗ :

« On ne roule pas pour aller travailler. Rouler, c’est notre outil de travail. »

Selon lui, la question d’une aide spécifique aux auto-écoles aurait été directement posée au gouvernement, sans déboucher sur l’annonce d’un nouveau dispositif pour la profession.

L’exclusion est d’autant plus remarquée que l’État maintient parallèlement des aides sectorielles destinées aux professions particulièrement exposées au coût du carburant. Les dispositifs concernant les agriculteurs, les pêcheurs et le BTP sont ainsi prolongés jusqu’au 31 décembre. Des mesures spécifiques sont également prévues pour les aides à domicile et les infirmiers libéraux.

Les auto-écoles ne figurent pas parmi ces secteurs.

Une situation dénoncée depuis le printemps

Ce n’est pourtant pas la première fois que les organisations professionnelles alertent le gouvernement.

Dès le mois d’avril, Mobilians avait dénoncé l’exclusion des écoles de conduite du Prêt Flash Carburant proposé par Bpifrance. L’organisation réclamait également l’accès au remboursement partiel de l’accise sur les énergies, l’ancienne TICPE, mécanisme dont bénéficient déjà certaines professions fortement dépendantes du carburant. Mobilians résumait alors sa position en ces termes :

« Les écoles de conduite ne demandent pas un traitement de faveur. Elles demandent simplement à être traitées avec équité. »

Quelques jours plus tard, l’organisation professionnelle ↗ chiffrait également l’impact de la hausse des carburants. Selon ses calculs, une augmentation de 60 à 70 centimes du litre représenterait un surcoût de 1,20 à 1,40 euro par leçon de conduite.

Mobilians estimait alors la marge nette moyenne d’une leçon entre 3 et 4 euros et évaluait la baisse de rentabilité potentielle entre 30 et 45 %. Pour une structure employant dix enseignants, l’organisation évoquait jusqu’à 3 400 euros de charges supplémentaires en un mois.

Vers une hausse de 3 à 4 euros de l’heure de conduite ?

Après plusieurs mois de hausse des coûts sans dispositif dédié, certains représentants de la profession évoquent désormais ouvertement une augmentation des tarifs.

Boris Grabowski, vice-président de Mobilians ECSR, estimait hier sur Franceinfo ↗ qu’une augmentation de 3 à 4 euros par heure de conduite pourrait devenir nécessaire pour compenser une partie de la hausse du carburant. Elle concernerait les nouveaux contrats, les prix prévus dans les contrats déjà signés ne pouvant pas être modifiés de la même manière.

À l’échelle d’un forfait comprenant 20 ou 25 heures de formation, la hausse pourrait donc rapidement représenter plusieurs dizaines d’euros supplémentaires pour les candidats au permis.

Attention à l’effet ciseau !

Lorsque les charges progressent rapidement, il est légitime pour chaque entreprise de chercher à protéger ses marges en augmentant les tarifs de ses prestations. Il s’agit d’une pratique saine, qui relève de la bonne gestion.

Ceci étant dit, les auto-écoles doivent prendre en compte l’ensemble des paramètres. Elles ne peuvent pas ignorer la conjoncture économique française et la dégradation du pouvoir d’achat des ménages. Elles ne peuvent pas non plus ignorer la présence d’acteurs low cost aux politiques tarifaires agressives.

Face à l’avalanche de mauvaises nouvelles à l’international et aux incertitudes liées à la campagne présidentielle qui débute, les Français épargnent et sont prudents. Partout en France, les auto-écoles constatent déjà un ralentissement de l’activité et une baisse des inscriptions.

Une hausse importante des tarifs (de l’ordre de 3 à 4€ par leçon) risquerait de freiner davantage les inscriptions et de pousser les élèves vers des plateformes low cost. Augmenter ses tarifs oui, mais avec discernement !

Permis de conduire : ces 3 nouvelles règles votées par le CNSR

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nouvelles règles CNSR Balit Vedrenne Goasdoué
Estelle Balit, Yves Goasdoué et Marie-Pierre Vedrenne au CNSR.

Réuni le 17 septembre à l’occasion de son 25e anniversaire, le Conseil national de la sécurité routière (CNSR) a adopté trois nouvelles recommandations. Parmi les principales pistes : permettre de passer le Code de la route dès 14 ans, renforcer la formation des jeunes usagers de la route et instaurer une auto-évaluation de l’aptitude à conduire. Des propositions qui pourraient avoir des conséquences directes pour les auto-écoles et les enseignants de la conduite, mais qui doivent encore être reprises par le Gouvernement pour entrer en vigueur.

Le Conseil national de la sécurité routière n’a pas de pouvoir réglementaire : son rôle est de formuler des recommandations au Gouvernement. Les mesures votées le 17 septembre 2026 ne sont donc pas, à ce stade, de nouvelles obligations pour les candidats ou les conducteurs. Elles donnent néanmoins une indication assez précise des évolutions qui pourraient prochainement toucher l’éducation routière et le permis de conduire.

1. Passer le Code de la route dès 14 ans pour relancer la conduite accompagnée

La première évolution envisagée concerne directement les écoles de conduite. Le CNSR souhaite renforcer le « continuum éducatif » en matière de sécurité routière et favoriser davantage l’apprentissage anticipé de la conduite (AAC).

Parmi les pistes évoquées figure la possibilité de passer l’épreuve théorique générale, le Code de la route, dès l’âge de 14 ans. L’objectif serait de permettre aux jeunes de commencer plus tôt leur apprentissage des règles de circulation et de redonner de l’intérêt à la conduite accompagnée, alors que le permis B peut désormais être obtenu à 17 ans.

Depuis cet abaissement de l’âge du permis en 2024, la période disponible pour effectuer une conduite accompagnée s’est mécaniquement réduite. Selon les chiffres de la Sécurité routière, une baisse de 15 à 25 % des inscriptions en AAC constatée par les professionnels, en fonction des départements.

Le principe envisagé serait donc de permettre au jeune de valider son ETG à 14 ans, sans pour autant l’autoriser à conduire immédiatement une voiture. L’entrée effective en conduite accompagnée resterait possible à partir de 15 ans. Le CNSR n’a donc pas retenu, à ce stade, l’idée de la conduite dès 14 ans.

Pour les auto-écoles, cette évolution pourrait permettre de recréer un véritable parcours de formation sur plusieurs années : apprentissage théorique dès 14 ans, formation initiale puis conduite accompagnée à partir de 15 ans et passage du permis à 17 ans. Reste une question pédagogique : un délai important entre l’obtention du Code et les premières heures de conduite pourrait aussi entraîner une perte de connaissances si aucun suivi n’est organisé.

2. Un socle de connaissances renforcé pour les trottinettes et les voiturettes

Le CNSR souhaite également mieux intégrer les nouvelles mobilités dans l’éducation routière. Sa recommandation prévoit la création d’un socle commun de connaissances théoriques et pratiques pour certains véhicules accessibles dès 14 ans. Elle vise notamment les engins de déplacement personnel motorisés (EDPM), comme les trottinettes électriques, ainsi que les quadricycles légers.

Un article publié sur le site Caradisiac ↗ évoque plus précisément la possibilité de rendre l’obtention du Code de la route obligatoire pour conduire une trottinette électrique ou une voiturette. La mesure constituerait une évolution importante par rapport au dispositif actuel. Aujourd’hui, un conducteur de trottinette électrique doit avoir au minimum 14 ans, mais n’a pas à réussir l’ETG. Pour conduire un quadricycle léger à moteur, le permis AM est en revanche nécessaire pour une grande partie des conducteurs, avec une formation théorique reposant notamment sur l’ASSR ou l’ASR et une formation pratique d’au moins huit heures.

L’objectif du CNSR est de rapprocher la formation de ces différents usagers qui partagent désormais la même chaussée : automobilistes, cyclomotoristes, utilisateurs de voiturettes ou de trottinettes électriques. La perception du risque, les règles de priorité, les angles morts ou encore la cohabitation entre les différents modes de déplacement pourraient ainsi prendre davantage de place dans le parcours éducatif.

Cette évolution pourrait également renforcer le rôle des écoles de conduite dans la formation des jeunes de 14 à 17 ans, au-delà du seul permis B. Les modalités précises du futur « socle commun » restent toutefois à définir.

3. Une auto-évaluation de l’aptitude à conduire lors de la délivrance ou du renouvellement du permis

Autre changement potentiellement majeur : le CNSR recommande la création d’un auto-questionnaire permettant au conducteur d’évaluer son aptitude physique et mentale à la conduite. Ce dispositif s’inscrit dans le cadre de la nouvelle directive européenne 2025/2205 relative au permis de conduire.

Le texte européen prévoit notamment une durée de validité administrative de 15 ans pour les permis des catégories AM, A1, A2, A, B1, B et BE. Lors de la délivrance ou du renouvellement, les États membres peuvent, pour plusieurs de ces catégories, mettre en place une auto-évaluation de l’état de santé en alternative à un examen médical systématique.

La France s’orienterait ainsi vers un questionnaire déclaratif plutôt que vers une visite médicale obligatoire généralisée. Le conducteur serait amené à s’interroger sur différents éléments susceptibles d’affecter sa capacité à conduire. Lorsqu’un problème serait identifié, une évaluation auprès d’un professionnel de santé pourrait alors être nécessaire.

Les modalités restent encore largement à déterminer, notamment la fréquence de cette auto-évaluation et les conditions dans lesquelles un conducteur serait orienté vers un médecin agréé. Une phase d’expérimentation est par ailleurs envisagée avant une éventuelle généralisation.

Une troisième recommandation consacrée aux victimes de la route

Au-delà des mesures concernant directement la formation et le permis de conduire, le CNSR a adopté une troisième recommandation : la création d’une Journée nationale des victimes des drames de la route. Celle-ci aurait pour objectif de rendre hommage aux personnes tuées ou blessées, de soutenir leurs proches et de renforcer la sensibilisation aux conséquences humaines des accidents de la circulation.

Cette journée pourrait être organisée au mois de mai, selon les premières pistes évoquées lors de la réunion du CNSR.

Des recommandations qui doivent encore être traduites dans la réglementation

Pour les professionnels de l’enseignement de la conduite, les propositions adoptées par le CNSR le 17 septembre sont donc à suivre de près. Le passage du Code dès 14 ans et la création d’un socle théorique commun pour les jeunes usagers pourraient notamment modifier le parcours de formation des adolescents et ouvrir de nouvelles missions aux écoles de conduite.

À ce stade, aucune de ces mesures n’est cependant applicable. Le Gouvernement peut reprendre les recommandations du CNSR intégralement, les modifier ou décider de ne pas leur donner suite. Leur mise en œuvre nécessitera donc de nouveaux textes réglementaires et, pour certaines dispositions, la transposition en droit français de la directive européenne sur le permis de conduire.

RDVPermis : 3 nouvelles règles à compter du 24 septembre

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À compter du 24 septembre 2026, la plateforme RDVPermis évolue avec trois nouvelles règles qui concernent directement les auto-écoles. Réduction du plafond de réservation, possibilité de réserver une place sans désigner immédiatement le candidat et verrouillage progressif des heures déclarées dans le Livret numérique : deux de ces mesures sont notamment destinées à lutter contre les pratiques frauduleuses et les contournements du système. PermisMag fait le point sur ces changements et leurs conséquences pour les établissements.

Le plafond de réservation abaissé à 1,3 fois le seuil de l’auto-école

Premier changement important : le plafond mensuel de réservation des places d’examen du permis B est revu à la baisse. Jusqu’à présent, une auto-école pouvait réserver jusqu’à deux fois son seuil mensuel de places d’examen, en comptant les places supplémentaires. À compter du 24 septembre 2026, ce plafond sera limité à 1,3 fois le seuil de l’établissement.

La Sécurité routière donne l’exemple d’une auto-école disposant de trois ETP, avec un seuil départemental fixé à cinq places par ETP. Son seuil mensuel est donc de 15 places (3 ETP × 5 places = 15 places). Avec l’ancien système, l’établissement pouvait réserver jusqu’à 30 places (15 × 2). Avec le nouveau plafond, le calcul devient 15 × 1,3 = 19,5 places, soit 20 places réservables au maximum sur le mois.

Dans cet exemple, l’auto-école pourra donc réserver au maximum cinq places supplémentaires au-delà de son seuil de 15 places, contre 15 places supplémentaires auparavant.

Cette limitation concerne notamment les places disponibles plus de 48 heures après leur publication, c’est-à-dire les places situées en dehors du mécanisme de régulation habituel lié au seuil de l’établissement.

Selon la Délégation à la sécurité routière (DSR), les auto-écoles qui parvenaient à réserver des places à hauteur de deux fois leur seuil avaient fréquemment recours à des techniques de contournement du système. La DSR constate également que ces établissements présentent généralement des taux de réussite inférieurs à la moyenne.

La technique mise en place est relativement simple et tire parti de la complexité des règles de RDVPermis. Prenons l’exemple d’un département dans lequel deux publications de places ont lieu chaque mois et d’une auto-école disposant d’un seuil de 20 places.

L’établissement réserve d’abord 12 places lors de la première publication. La veille de la seconde publication, il restitue ces 12 places à une heure tardive, par exemple au milieu de la nuit. Lors de la deuxième publication, il réserve ensuite les 20 places auxquelles son seuil lui donne droit.

Exactement 48 heures après la publication, lorsque les 12 places précédemment restituées redeviennent accessibles à la réservation, le gérant se reconnecte au milieu de la nuit pour les récupérer. L’établissement dispose alors de 20 + 12 = 32 places, soit 1,6 fois son seuil.

Les auto-écoles utilisant des robots de réservation « légaux » restent impuissantes face à ce type de pratiques.

Les auto-écoles pourront réserver des places non nominatives en permis B

Deuxième évolution : RDVPermis va permettre la réservation non nominative des places d’examen du permis B. Jusqu’à présent, la réservation d’une place était directement associée à un candidat. Avec cette nouvelle règle, l’auto-école pourra réserver un créneau au nom de l’établissement, sans avoir à indiquer immédiatement quel élève sera présenté à l’examen.

Le nom de l’élève devra être renseigné au plus tard 11 jours avant la date de l’examen. Si aucun candidat n’est affecté à la place dans ce délai, celle-ci sera automatiquement réinjectée dans le pot commun à 10 jours de l’examen et pourra donc être récupérée par un autre établissement.

La réservation nominative reste néanmoins possible à tout moment. Une auto-école qui sait déjà quel candidat elle souhaite présenter pourra continuer à réserver directement une place à son nom.

Cette nouvelle possibilité apporte davantage de souplesse aux établissements. Une auto-école pourra notamment sécuriser une date d’examen avant d’avoir définitivement déterminé lequel de ses élèves sera prêt à être présenté.

La réservation nominative constituait l’une des principales critiques formulées par les auto-écoles à l’encontre de RDVPermis. En permettant désormais une réservation non nominative, le dispositif se rapproche un peu plus du fonctionnement de l’ancien système Printel.

Cette mesure va dans le bon sens et il n’est pas question ici de la remettre en cause. On peut néanmoins s’interroger sur sa compatibilité avec les textes réglementaires qui ont encadré la mise en place de RDVPermis. Les différents arrêtés relatifs au dispositif, notamment l’arrêté du 27 avril 2021 et celui du 27 février 2023, faisaient explicitement référence à un « système de réservation nominative des places pour l’épreuve pratique des examens du permis de conduire ».

Les heures déjà prises en compte pour le calcul des ETP seront verrouillées

Troisième changement, applicable à compter du 25 septembre 2026 : les possibilités de modification des heures renseignées dans le Livret numérique vont être restreintes.

Désormais, lorsqu’une période aura été prise en compte dans le calcul des ETP de l’établissement, les heures correspondantes seront verrouillées. Il ne sera donc plus possible de modifier a posteriori les données qui ont déjà servi au calcul du nombre d’ETP et, par conséquent, à la détermination du seuil de places d’examen attribué à l’auto-école.

Lors du calcul réalisé le 25 septembre, par exemple, les heures correspondant aux mois de juin, juillet et août ne pourront plus être modifiées. En revanche, les heures réalisées à compter du 1er septembre resteront modifiables jusqu’au calcul suivant, soit jusqu’au 24 octobre inclus.

Le même principe sera ensuite appliqué chaque mois. Lors du calcul du 25 octobre, les périodes déjà prises en compte seront définitivement verrouillées, tandis que les heures déclarées depuis le 1er octobre resteront modifiables jusqu’au calcul suivant.

Il s’agit d’une mesure destinée à lutter contre la fraude. Certaines auto-écoles peu scrupuleuses déclaraient dans le Livret numérique des heures qui n’étaient pas réellement effectuées afin de gonfler artificiellement leur nombre d’ETP et, par conséquent, leur seuil de places d’examen. Ces heures pouvaient ensuite être supprimées des plannings une fois la période de référence passée.

Des changements, mais pour combien de temps ?

Ces trois évolutions modifient sensiblement le fonctionnement de RDVPermis pour les auto-écoles. La DSR a consulté les organisations professionnelles ainsi que les plateformes avant leur mise en œuvre. Ces trois mesures ont fait l’unanimité parmi les acteurs de la profession. Cette démarche de co-construction mérite d’être soulignée.

On peut néanmoins constater qu’il s’agit d’un énième changement de règles depuis la mise en place de la plateforme, qui ne semble toujours pas avoir trouvé son fonctionnement définitif.

Chaque nouvelle règle destinée à encadrer davantage le dispositif peut également faire apparaître de nouvelles possibilités de contournement. La DSR est ainsi régulièrement contrainte d’adapter RDVPermis a posteriori, en réaction aux pratiques développées par certains établissements pour exploiter les failles du système.

Au fil de ces évolutions, RDVPermis se rapproche d’ailleurs sur plusieurs points du fonctionnement de l’ancien système Printel. Dès lors, une question mérite d’être posée : plutôt que de multiplier les règles de réservation, pourquoi RDVPermis ne fournirait-il pas directement les places d’examen aux auto-écoles en fonction de leur seuil ?

Permis BE : les indispensables pour tracter une remorque

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permis remorque BE

Le permis BE va de pair avec de nouvelles habitudes et de nouveaux réflexes. Avant de prendre la route, recommandez à vos élèves les équipements indispensables pour sécuriser leur attelage !

Une roue jockey pour des manipulations plus faciles

La roue jockey permet de déplacer plus facilement une remorque lorsqu’elle n’est pas attelée au véhicule. Disponible en différents diamètres, auprès d’enseignes spécialisées dans l’entretien et l’équipement automobile comme Norauto, elle doit évidemment être adaptée à la remorque.

Une roue de secours pour anticiper les crevaisons

Une crevaison n’est jamais une partie de plaisir, mais lorsqu’elle survient avec une remorque chargée, elle se change en véritable casse-tête ! Pour anticiper ce type d’incident, il est pertinent de prévoir une roue de secours. Là encore, pour être utile, elle devra parfaitement être adaptée à la remorque tractée.

Des accessoires pour un chargement sécurisé

À chaque besoin particulier, son type d’accessoires à privilégier.

Selon le chargement, des sangles d’arrimage peuvent être indispensables pour bien maintenir les objets en place. En hiver, notamment lors d’intempéries, une bâche permet de protéger le contenu de la pluie ou la neige. Dans certains cas, une rehausse grillagée peut également augmenter la capacité de la remorque. Enfin, pour tracter des motos ou des quads, il est aussi possible de choisir des rampes et des rails adaptés.

Remorque et visibilité : les accessoires pour l’améliorer

Les rétroviseurs : des alliés incontournables

Tracter une remorque peut réduire la visibilité vers l’arrière. Avant tout trajet, il est important de vérifier que les rétroviseurs sont bien ajustés. Dans le cas où la remorque serait plus large que le véhicule tracteur, il est possible d’opter pour des rétroviseurs additionnels.

Une caméra de recul

L’utilisation d’une caméra peut également être intéressante pour manœuvrer en toute sécurité, malgré un attelage imposant. Si elle ne remplace pas les contrôles visuels, elle permet de mieux visualiser la position exacte de la remorque.

Attelage et connexion électrique : un passage obligé

Le contrôle de l’attelage et de la connexion électrique est indispensable avant de prendre la route. La boule d’attelage doit être vérifiée avant chaque départ, que le trajet prévu soit court ou non. Pour une sécurité optimale, la remorque doit toujours être bien positionnée et bien fixée au véhicule tracteur. À cela, s’ajoute aussi le câble ou dispositif de sécurité pour limiter les prises de risque en cas de défaillance de l’attelage principal.

Connexion électrique : un branchement à vérifier

La connexion électrique permet de transmettre les commandes d’éclairage du véhicule vers la remorque. Feux de position, feux stop, éclairage : tout doit parfaitement fonctionner.

Côté chargement

Un élève ne doit pas négliger l’importance de son chargement. Or, s’il est mal positionné, il peut masquer les feux ou les éléments de signalisation. Autant de détails qui peuvent cependant nuire à la sécurité du conducteur et des véhicules qu’il croisera en route.

Si l’obtention du permis BE marque une nouvelle étape dans la vie d’un conducteur, tracter une remorque exige certains équipements et des précautions de rigueur. Roue de secours, roue jockey, sangles et connexion électrique : chaque détail doit être vérifié et surtout, bien adapté à la remorque à tracter. En sécurisant l’équipement et en adoptant les bons réflexes, les élèves aborderont leurs premiers trajets avec une toute nouvelle sérénité.

lePERMISLIBRE annonce une levée de fonds pour ouvrir des agences physiques

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Plus de dix après sa création, lePERMISLIBRE accélère son virage vers le « phygital ». L’entreprise lyonnaise souhaite désormais associer sa plateforme numérique et son réseau national d’enseignants indépendants à un maillage d’agences physiques. Pour financer cette nouvelle phase de développement, la société lance une augmentation de capital et prévoit l’ouverture ou le rachat de dix agences au cours des six prochains mois.

Du « full digital » au réseau d’auto-écoles physiques

Le changement de stratégie est désormais clairement assumé. Après avoir construit pendant plus de dix ans un modèle reposant sur une plateforme en ligne et un réseau national d’enseignants de la conduite indépendants, lePERMISLIBRE souhaite désormais renforcer sa présence physique.

Depuis 2025, l’entreprise développe ainsi un modèle « phygital », combinant les outils numériques historiques de la marque avec des agences locales dans lesquelles les candidats peuvent être accueillis et accompagnés. Un modèle qui se rapproche de celui inventé par Stych et ses 80 agences physiques.

Le mouvement avait déjà débuté dans le Rhône. En plus de son siège situé à Lyon, lePERMISLIBRE a notamment ouvert des agences à Craponne, L’Arbresle, Tarare et Rillieux-la-Pape, constituant les premières implantations physiques de ce nouveau modèle.

L’expérimentation semble avoir convaincu la direction. Dans son communiqué publié le 9 septembre, lePERMISLIBRE indique avoir testé sa stratégie sur cinq agences et affirme que celles-ci ont enregistré, dès les premières semaines, des entrées en formation deux fois supérieures à l’historique des agences concernées.

Pour l’entreprise, ces premiers résultats valident la possibilité d’associer la puissance d’acquisition d’une plateforme nationale avec la proximité d’une auto-école traditionnelle.

Dix nouvelles agences dans les six prochains mois

lePERMISLIBRE veut désormais accélérer fortement. La société prévoit le déploiement de dix agences supplémentaires en six mois dans le Rhône, réparties à parts égales entre cinq rachats d’auto-écoles existantes et cinq ouvertures.

Trois opérations seraient déjà engagées, avec deux ouvertures annoncées en septembre et une troisième en octobre.

Pour financer cette expansion, l’entreprise cotée sur Euronext Growth lance une augmentation de capital d’un montant cible d’environ 910 000 euros, pouvant dépasser légèrement le million d’euros en cas d’exercice intégral de la clause d’extension.

Environ 70 % des fonds levés doivent être consacrés aux acquisitions et aux ouvertures d’agences. 17 % serviront à renforcer la plateforme technologique et les outils nécessaires à la gestion d’un réseau multi-agences, tandis que les 13 % restants financeront le déploiement opérationnel et le besoin en fonds de roulement.

L’enjeu pour lePERMISLIBRE est donc moins de créer un nouveau modèle que de répliquer rapidement celui expérimenté ces derniers mois.

Une structure de coûts divisée par trois

Cette accélération intervient après une importante phase de restructuration. lePERMISLIBRE indique avoir divisé sa base de coûts par trois depuis 2025, tout en réduisant ses équipes et en réorganisant sa gouvernance.

La société estime désormais son seuil de rentabilité autour de 9,6 millions d’euros de chiffre d’affaires annualisé. Avec sa structure de coûts actuelle, un chiffre d’affaires de 12 millions d’euros permettrait, selon ses estimations, de dégager environ 1 million d’euros d’EBITDA.

L’objectif annoncé est d’atteindre la rentabilité au niveau du groupe au cours du premier semestre 2027.

Une nouvelle plateforme construite autour de l’intelligence artificielle

Le virage vers les agences physiques ne signifie pas pour autant l’abandon du numérique. lePERMISLIBRE continue au contraire de présenter sa plateforme technologique comme l’un des principaux éléments différenciants de son modèle.

L’ancienne plateforme a été entièrement remplacée par une nouvelle architecture dans laquelle l’intelligence artificielle aurait été intégrée dès la conception.

L’objectif est notamment de permettre la gestion à grande échelle des candidats, des enseignants et des différentes agences tout en évitant que les coûts technologiques progressent au même rythme que le nombre d’implantations.

Pour lePERMISLIBRE, le numérique doit ainsi permettre de piloter le développement des agences de proximité, en complément de la plateforme et du réseau national d’enseignants indépendants.

Romain Durand annonce son départ

Cette nouvelle phase de développement s’accompagne également d’un changement important à la tête de l’entreprise.

Le conseil d’administration du 4 septembre a pris acte de la fin, avec effet immédiat, du mandat de Directeur Général Délégué de Romain Durand, cofondateur de lePERMISLIBRE avec Lucas Tournel. La direction opérationnelle est désormais recentrée autour de Lucas Tournel, Président Directeur Général et cofondateur de l’entreprise. Romain Durand doit néanmoins conserver son mandat d’administrateur jusqu’au 31 décembre 2026.

Quelques jours plus tard, Romain Durand a lui-même annoncé son départ dans un message publié sur LinkedIn. « Après plus de 10 ans, j’ai décidé de quitter mes fonctions au sein de lePERMISLIBRE », écrit-il, rappelant la création de la société en 2014 et le chemin parcouru depuis, de la création de l’auto-école en ligne jusqu’à son introduction en Bourse.

Le conseil d’administration a parallèlement été renforcé avec l’arrivée de Laurent Fiard, président de Visiativ, Jean-Yves Airiaud, président d’Iteractii, et Cédric Reny, PDG de Qwamplify.

Vers une consolidation du marché de l’auto-école ?

Avec cette nouvelle stratégie, lePERMISLIBRE se rapproche finalement davantage du fonctionnement des réseaux traditionnels d’auto-écoles, tout en conservant une infrastructure numérique et un réseau d’enseignants indépendants à l’échelle nationale.

Le choix de consacrer l’essentiel de sa levée de fonds au rachat et à l’ouverture d’établissements de conduite est particulièrement révélateur. Il pourrait également offrir de nouvelles opportunités de cession aux exploitants souhaitant vendre leur auto-école.

Après une décennie durant laquelle le marché a opposé les auto-écoles traditionnelles aux plateformes en ligne, la frontière entre les deux modèles semble ainsi progressivement s’effacer. Pour lePERMISLIBRE, les prochains mois permettront de déterminer si cette combinaison entre technologie, enseignants indépendants et agences de proximité peut effectivement constituer un modèle rentable à grande échelle.

Paris : six à huit mois d’attente pour obtenir l’agrément

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Délais agrément auto-école Paris

À Paris et dans certains départements d’Île-de-France, les délais pour obtenir un agrément auto-école dépassent désormais six mois en raison des dysfonctionnements de la Préfecture de police de Paris. Une situation qui pénalise lourdement les exploitants et qui conduit à s’interroger sur la pertinence du dernier arrêté du 9 février 2026.

En plaçant certains exploitants dans une situation financière parfois intenable, ces délais ont des conséquences très concrètes sur les entreprises concernées.

Le cas particulier de Paris et de la Seine-Saint-Denis

Dans la majorité des départements, les demandes d’agrément auto-école sont gérées par le BER. À Paris, elles sont instruites par un service distinct de la Préfecture de police, situé à Bobigny.

Sur le site Démarches numériques, il est indiqué que le délai moyen pour obtenir un agrément est de 4 mois. Dans les faits, il est bien supérieur. Ce délai ne fait qu’augmenter, il est passé de 46 jours en septembre 2023 à 153 jours en octobre 2025 (soit plus de 5 mois) !

Délai délivrance agrément auto-école paris

Les raisons de cette lenteur sont connues : un turn-over très important au sein du service chargé d’instruire les demandes. Il arrive que des agents instructeurs reprennent un dossier, puis quittent le service avant même d’avoir terminé son traitement.

Ce turn-over a une conséquence particulièrement problématique : les agents instructeurs connaissent mal (voir très mal) la réglementation applicable aux auto-écoles, qu’ils découvrent en partie au moment d’instruire leurs premiers dossiers.

D’après les échanges dont nous avons pu avoir connaissance, les réponses ou demandes de précisions adressées aux auto-écoles sont parfois illogiques, voire incompréhensibles.

Ainsi, à titre d’exemple, une auto-école qui dispose déjà d’un établissement agréé à Paris ouvre une deuxième agence et demande une extension d’agrément, comme le prévoit l’arrêté du 9 février 2026. L’agent instructeur ne comprend pas la demande — ou ne connaît pas l’existence de cette procédure. Il répond à côté du sujet et classe finalement la demande sans suite.

Extrait de l’échange :

Instructeur n° XXXXX

Bonjour,

Votre demande ne concerne pas une extension mais une première demande d'agrément.

En effet, la demande d'extension concerne les établissements qui souhaitent étendre leurs catégories enseignées (par exemple rajouter la catégorie A).

L'établissement situé au XXX n'a pas encore d'agrément, il s'agit donc d'une première demande.

Cette demande va donc être classée sans suite et je vous invite à déposer une nouvelle demande dans la bonne démarche.

[...]

Cordialement, SP

Le centre départemental des droits à conduire

Cet exemple est révélateur mais il ne s’agit malheureusement pas d’un cas isolé.

L’emploi abusif de la novlangue administrative

L’administration est au service des Français. Elle se doit de fournir un service public de qualité, dans des délais raisonnables. Elle doit également être accessible et compréhensible par le plus grand nombre.

Or, dans les échanges que nous avons pu consulter, les agents instructeurs emploient régulièrement un jargon administratif inutilement complexe, sujet à interprétation, voire parfois franchement obscur.

Cette façon de communiquer complique encore davantage les démarches des exploitants, qui doivent parfois deviner ce qui leur est réellement demandé avant de pouvoir compléter leur dossier.

Absence de réponse et délais injustifiés

Un autre cas a été porté à notre attention. Une auto-école parisienne a vu son dossier d’agrément validé le 15 mai 2026. La décision positive lui a été notifiée sur la plateforme Démarches Numériques, avec l’indication que l’agrément lui serait prochainement envoyé par e-mail et par courrier.

Le service instructeur a été relancé le 26 juin 2026, soit plus d’un mois après la validation du dossier, puis de nouveau le 27 juillet 2026.

Au moment où nous écrivons ces lignes, le service instructeur n’a répondu à aucune de ces relances. Cela fait bientôt quatre mois qu’une auto-école subit le silence de l’administration… alors même que son agrément a été officiellement délivré.

Des lenteurs qui favorisent la fraude

Lorsqu’un exploitant décide d’ouvrir un établissement, il construit généralement un business plan et prévoit un plan de trésorerie. En imposant aux auto-écoles des délais de traitement aussi longs, l’administration fait peser des charges financières considérables sur des entreprises qui viennent parfois tout juste de se créer.

Pendant six à huit mois, l’exploitant doit payer le loyer de son local, les mensualités de ses véhicules et, parfois, des salaires, sans pouvoir exercer normalement son activité.

Les sommes engagées peuvent rapidement atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, notamment compte tenu du niveau des loyers commerciaux à Paris.

Dans ce contexte, certains exploitants peuvent être tentés d’ouvrir sans agrément. D’autres chercheront ensuite à « se rattraper » financièrement après avoir perdu plusieurs dizaines de milliers d’euros en raison des délais administratifs.

Sans jamais justifier la fraude, il convient de s’interroger sur un système qui place les entrepreneurs dans une situation économique aussi difficile avant même qu’ils aient pu commencer à travailler.

Réformer l’arrêté du 9 février 2026 ?

L’arrêté réformant l’agrément n’a même pas un an et il apparaît déjà, sur certains points, inadapté à la réalité du terrain. Il impose des délais et des obligations aux auto-écoles, mais il ne fixe aucun véritable délai de traitement à l’administration.

On pourrait imaginer une réciprocité des obligations. Par exemple : toute demande d’agrément devrait être instruite dans un délai maximal de deux mois. À défaut de réponse de l’administration dans ce délai, l’agrément devrait pouvoir être considéré comme accordé.

Pour les extensions d’agrément, lorsqu’une auto-école dispose déjà d’un établissement agréé dans le département, ce délai devrait être ramené à un mois. On assiste aujourd’hui à des situations ubuesques : une auto-école qui dispose déjà d’un agrément n’a pas le droit de faire signer un contrat de formation dans un second local en attente d’autorisation, mais elle peut parfaitement faire signer ce même contrat sur le capot d’une voiture stationnée juste devant.

Difficile, dans ces conditions, de défendre la cohérence du dispositif.

Réorganiser les services

Comment expliquer des délais aussi longs ? Certains gérants que nous avons interrogés pensent qu’il existe une volonté politique de limiter le nombre d’auto-écoles afin de ne pas aggraver la pénurie de places d’examen. Ce n’est pas une analyse que nous partageons.

Une chose est sûre : les services préfectoraux, et ceux de la Préfecture de police de Paris en particulier, doivent impérativement gagner en efficacité et améliorer leur gestion RH. Une demande d’agrément auto-école reste un dossier administratif relativement simple. Rien ne justifie des délais de six, sept ou huit mois pour permettre à une entreprise de commencer légalement son activité.

La Sécurité routière lance une campagne en faveur de la conduite accompagnée

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conduite accompagnée sécurité routière

La Sécurité routière lance une nouvelle campagne nationale pour encourager les jeunes et leurs parents à choisir l’apprentissage anticipé de la conduite (AAC). Avec un message simple, « 15 ans, c’est le bon moment ! », elle entend rappeler les bénéfices de la conduite accompagnée, aussi bien en matière de réussite au permis que de sécurité routière. Une campagne qui intervient alors que le permis de conduire peut désormais être obtenu dès 17 ans.

Encourager les familles à commencer dès 15 ans

Avec sa nouvelle campagne, la Sécurité routière souhaite remettre la conduite accompagnée au centre du parcours d’apprentissage des jeunes conducteurs.

L’idée défendue est relativement simple : puisque l’examen du permis B peut être passé dès 17 ans, l’apprentissage peut utilement commencer deux ans plus tôt. L’AAC est en effet accessible à partir de 15 ans et permet de compléter la formation réalisée avec une auto-école par une longue période de conduite avec un accompagnateur.

Après avoir suivi sa formation initiale, obtenu le code de la route et atteint le niveau nécessaire avec son enseignant de la conduite, l’élève peut ainsi poursuivre son apprentissage avec un proche. Il doit notamment parcourir au minimum 3 000 kilomètres avant de pouvoir se présenter à l’examen.

Avec le slogan « 15 ans, c’est le bon moment ! », la campagne cible directement les adolescents et leurs parents. La Sécurité routière présente notamment la période située entre le brevet et le baccalauréat comme un moment propice pour commencer cet apprentissage et acquérir progressivement de l’expérience.

76,3 % de réussite à l’examen du permis

La Sécurité routière s’appuie également sur les résultats obtenus par les candidats issus de la conduite accompagnée.

Selon le bilan annuel 2025 des examens du permis de conduire, 76,3 % des candidats ayant suivi l’apprentissage anticipé de la conduite réussissent l’examen, contre 59,9 % pour l’ensemble des candidats au permis B.

L’intérêt de l’AAC ne se limite cependant pas à l’examen. Les 3 000 kilomètres parcourus avec un accompagnateur permettent au jeune conducteur d’être confronté à une plus grande variété de situations : conduite de nuit, autoroute, routes nationales, mauvaises conditions météorologiques, circulation à différents horaires ou encore utilisation de véhicules différents.

Cette expérience supplémentaire doit permettre au candidat d’aborder ses premiers mois de conduite autonome avec davantage de maîtrise et de confiance.

La Sécurité routière avance ainsi une réduction de 39 % du risque d’accident pour les jeunes ayant suivi l’apprentissage anticipé de la conduite, selon les données du bilan annuel 2025 des examens du permis de conduire.

Une campagne qui s’intéresse aussi aux différences entre filles et garçons

La nouvelle campagne adopte également un angle moins habituel en s’intéressant aux différences de comportement observées entre les jeunes hommes et les jeunes femmes face à la conduite.

Le premier volet de la campagne met en scène un adolescent apprenant à conduire avec un proche. La Sécurité routière rappelle que les jeunes hommes sont particulièrement exposés au risque routier et davantage représentés dans la mortalité routière, notamment en raison de comportements plus fréquemment associés à la prise de risque.

Un deuxième volet doit prochainement mettre en scène une adolescente. Cette fois, la campagne abordera davantage les questions de manque de confiance, d’hésitation et d’auto-censure qui peuvent conduire certaines jeunes femmes à repousser leur apprentissage ou à ne pas choisir la conduite accompagnée.

L’objectif est donc différent selon les publics, mais le message reste le même : permettre aux jeunes d’accumuler de l’expérience avant de conduire seuls.

Trois films, des spots audio et un moniteur d’auto-école sur les réseaux sociaux

Pour faire passer son message, la Sécurité routière a choisi un ton humoristique. La campagne comprend trois films et trois spots audio, destinés notamment à répondre aux principaux freins évoqués par les adolescents et leurs parents à propos de la conduite accompagnée.

Elle insiste également sur la dimension familiale du dispositif : au-delà de l’apprentissage pur de la conduite, les kilomètres réalisés ensemble doivent permettre aux parents et aux adolescents de partager conseils, observations et expérience.

Le dispositif sera également décliné sur les réseaux sociaux. Aymeric, connu sous le nom @MleMoniteur, enseignant de la conduite et créateur de contenu, intervient dans une série de trois vidéos pédagogiques destinées à répondre aux questions des familles.

Une FAQ consacrée à la conduite accompagnée est par ailleurs proposée par la Sécurité routière afin de détailler le déroulement de la formation, son coût ou encore le rôle de l’accompagnateur.

Des arguments que les auto-écoles peuvent mettre en avant

Pour les établissements d’enseignement de la conduite, cette campagne nationale constitue également une occasion de remettre en avant l’AAC auprès des familles.

Outre le meilleur taux de réussite à l’examen et l’expérience supplémentaire acquise avant le permis, plusieurs avantages peuvent être rappelés aux élèves et à leurs parents : une période probatoire ramenée à deux ans au lieu de trois, l’obtention plus rapide des 12 points du permis ainsi que, généralement, des conditions d’assurance plus favorables pour le jeune conducteur.

La campagne intervient surtout dans un contexte où l’abaissement à 17 ans de l’âge minimum pour passer le permis a modifié le calendrier traditionnel de formation. Le message porté par la Sécurité routière est désormais clair : si le permis peut être obtenu à 17 ans, sa préparation peut commencer dès 15 ans.

Pour les auto-écoles, l’enjeu sera donc aussi de réussir à présenter la conduite accompagnée non plus uniquement comme une formule alternative au permis B traditionnel, mais comme un parcours permettant au jeune conducteur d’acquérir davantage d’expérience avant ses premiers kilomètres seul au volant.

Ouvrir une auto-école : les conditions d’agrément et le modèle économique

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Ouvrir une auto-école suppose deux choses distinctes : franchir un parcours administratif encadré, et bâtir un modèle économique qui tienne. La première partie est balisée par les textes, la seconde beaucoup moins, et c’est généralement là que les projets se fragilisent. Cet article couvre les deux, avec les chiffres réels du secteur et les évolutions réglementaires qui modifient la donne, notamment pour ceux qui envisagent une reprise plutôt qu’une création.

L’agrément préfectoral, socle du projet

Aucune auto-école ne peut fonctionner sans agrément préfectoral. Il s’obtient auprès de la préfecture du département d’implantation, sur dossier, et conditionne l’ouverture de l’établissement.

Le décret n° 2025-1437 du 31 décembre 2025 et l’arrêté du 9 février 2026 ont modifié plusieurs points du régime. Deux méritent votre attention avant de monter votre projet.

La durée de validité de l’agrément est passée de cinq à six ans. La plupart des guides en ligne annoncent encore cinq ans, y compris des sources institutionnelles reprises par les moteurs de recherche. Vérifiez cette donnée si vous construisez un prévisionnel sur la durée.

Surtout, l’agrément est désormais rattaché à l’entreprise, identifiée par son SIREN et son SIRET, et non plus au gérant en tant que personne physique. Il porte sur la structure exploitante, ses moyens humains et ses moyens matériels. Les conséquences sur une reprise sont considérables, nous y revenons plus bas.

Deux règles de procédure méritent d’être connues avant de déposer. Le préfet accuse réception de votre demande sous un mois et peut réclamer des pièces complémentaires. Surtout, le silence de l’administration n’a pas la même valeur selon le cas : sur une première demande d’agrément, l’absence de réponse dans un délai de deux mois vaut refus, tandis que sur une demande de renouvellement ou de modification, elle vaut acceptation. Une demande de renouvellement doit par ailleurs être déposée au moins deux mois avant l’expiration de l’agrément en cours.

Le calendrier d’instruction, à intégrer au prévisionnel

Une demande d’agrément n’est pas instruite en quinze jours. Comptez plusieurs semaines, parfois davantage selon la charge de la préfecture concernée et la complétude de votre dossier.

Cette durée a une conséquence financière directe que beaucoup de porteurs de projet découvrent trop tard : si vous avez signé un bail commercial avant d’obtenir votre agrément, vous payez un loyer sur un local que vous ne pouvez pas exploiter. Négociez une clause suspensive liée à l’obtention de l’agrément, ou au minimum une franchise de loyer couvrant la période d’instruction.

Les conditions personnelles et la capacité de gestion

Le candidat à l’exploitation doit avoir au moins vingt-trois ans et détenir le permis B depuis au moins trois ans. Un avis médical favorable et un bulletin n° 3 du casier judiciaire compatible avec l’exercice de la profession sont exigés. Le préfet examine par ailleurs le bulletin n° 2 au titre de l’honorabilité, ce qui couvre les infractions pénales, routières et le travail illégal.

Sur la capacité de gestion, deux voies existent. Soit vous détenez un diplôme d’un niveau suffisant, la référence ayant été actualisée vers la notion de certification de niveau 5 ou équivalent. Soit vous passez la certification professionnelle dédiée à la gestion et à l’exploitation d’un établissement d’enseignement de la conduite.

Point de vigilance pour les repreneurs : la durée de cette certification a été sensiblement allongée. Si vous comptez dessus pour reprendre un établissement, intégrez ce délai très en amont, sous peine de vous retrouver coincé au moment de la transmission.

Notez qu’il n’est pas obligatoire d’être soi-même enseignant de la conduite. Un gérant non titulaire d’un diplôme d’enseignement peut exploiter une auto-école à condition de disposer d’enseignants qualifiés.

Une activité réglementée parmi d’autres dans l’automobile

Avant d’aller plus loin sur les chiffres, une remarque qui intéressera ceux qui n’ont pas encore verrouillé leur choix de secteur.

L’auto-école appartient à une famille d’activités automobiles locales bâties sur le même schéma : un agrément préfectoral à obtenir, un local aux normes avec une surface minimale imposée, un investissement matériel lourd, des audits périodiques, et une clientèle de proximité captée sur une zone de chalandise restreinte. Le centre de contrôle technique répond exactement à cette description, avec un ticket d’entrée plus élevé et une logique de revenus différente, davantage assise sur un flux régulier que sur des parcours de formation longs.

Ceux qui hésitent entre plusieurs projets dans ce périmètre ont intérêt à comparer les deux modèles avant d’arrêter leur choix, les organismes spécialisés détaillent les prérequis et le parcours pour ouvrir un centre de contrôle technique de la même façon que nous détaillons ici celui de l’auto-école. La mécanique administrative est très proche, l’économie ne l’est pas.

Pour les autres, ceux qui savent déjà qu’ils veulent enseigner la conduite, passons au concret.

Le local, premier poste bloquant

Le local doit mesurer au moins vingt-cinq mètres carrés, être exclusivement dédié à l’activité, et comporter au minimum une salle d’accueil et une salle d’enseignement. En cas de locaux partagés, une surface supérieure peut être exigée par la préfecture. Ces exigences sont reprises à l’identique par la nouvelle réglementation, elles ne constituent pas une nouveauté.

Il doit également respecter les règles d’accessibilité applicables aux établissements recevant du public. C’est un poste que beaucoup de porteurs de projet sous-estiment, notamment sur des locaux anciens où la mise aux normes peut coûter plusieurs milliers d’euros.

Sur l’emplacement, la règle du secteur est constante : la proximité du public cible prime sur le prix au mètre carré. Un local en centre-ville ou à proximité d’un lycée coûte plus cher mais capte un flux que ne compensera aucune économie de loyer en périphérie. Le loyer doit rester cohérent avec le nombre d’élèves que vous pouvez réellement accueillir.

Le budget d’ouverture, et pourquoi les fourchettes divergent

Les montants publiés varient énormément. On lit vingt mille euros chez certains, cinquante mille minimum chez d’autres, avec un plafond souvent fixé autour de cent mille. Ces écarts ne traduisent pas une imprécision, ils traduisent des projets qui n’ont rien à voir entre eux.

Quatre variables expliquent presque tout l’écart.

La flotte d’abord. Acheter deux véhicules à double commande ou en prendre un seul en location longue durée ne place pas le même montant au bilan de départ.

Le local ensuite. Un bail commercial avec pas-de-porte dans une rue passante n’a rien à voir avec une reprise de local déjà aux normes.

La taille de la structure. Une auto-école solo, où le gérant enseigne lui-même, ne supporte pas la même masse salariale qu’une structure à trois moniteurs dès le lancement.

La zone enfin. L’écart entre une implantation parisienne et une petite ville se retrouve sur le loyer, le pas-de-porte et les salaires.

Poste Structure individuelle Structure employeuse
Véhicules 1 véhicule en location longue durée 2 à 3 véhicules, achat ou LOA
Local 25 m², bail simple, périphérie surface supérieure, centre-ville, pas-de-porte
Masse salariale au lancement le gérant enseigne lui-même 1 à 3 moniteurs salariés
Mise aux normes et accessibilité variable selon l’état du local variable selon l’état du local
Ordre de grandeur total bas de fourchette haut de fourchette

Retenez l’ordre de grandeur suivant : le bas de la fourchette correspond à une structure individuelle avec un véhicule en location et un local modeste, le haut à une structure employeuse avec flotte en propriété. Les banques demandent généralement un apport de l’ordre de trente pour cent de l’investissement total.

La flotte et son coût d’exploitation

Les véhicules doivent être équipés d’une double commande et assurés spécifiquement pour l’enseignement de la conduite. Une responsabilité civile professionnelle vient s’ajouter à ces assurances.

Au-delà de l’acquisition, ce sont les coûts récurrents qui pèsent : carburant, entretien, pneumatiques, contrôles techniques réguliers compte tenu du kilométrage, mise aux normes et primes d’assurance nettement supérieures à celles d’un véhicule particulier. Un véhicule-école roule beaucoup, sur des cycles urbains exigeants, avec des conducteurs débutants.

Les contrôles techniques constituent un poste récurrent que peu de prévisionnels chiffrent correctement. Un véhicule-école atteint rapidement le kilométrage qui impose des passages réguliers, et vous multipliez ce coût par le nombre de véhicules exploités. La plupart des centres qui vous accueilleront sont des indépendants, équipés par des éditeurs spécialisés comme ProTechnologies, et leurs tarifs ne sont pas réglementés. La marge de négociation existe dès deux véhicules, demandez un tarif de flotte plutôt que de payer le prix affiché à chaque passage.

La location longue durée est souvent privilégiée au démarrage. Elle lisse la trésorerie, intègre l’entretien, et évite d’immobiliser un capital dont vous aurez besoin ailleurs pendant les premiers mois. L’achat redevient pertinent quand le volume d’heures facturées justifie l’amortissement.

Chiffre d’affaires et marge : les ordres de grandeur

Le chiffre d’affaires annuel d’une auto-école se situe le plus souvent entre cinquante mille et deux cent cinquante mille euros, selon le nombre de moniteurs, la gamme de permis proposée et la zone d’implantation. Le prix moyen de l’heure de conduite en France tourne autour de quarante-quatre euros.

Sur la marge nette, les sources divergent franchement. Certaines annoncent huit à vingt-deux pour cent, d’autres montent à trente ou quarante pour cent. Cet écart n’est pas anodin quand vous construisez un prévisionnel.

L’explication tient au traitement de la rémunération du gérant. Une structure où le dirigeant enseigne lui-même et se rémunère modestement affiche mécaniquement une marge élevée. Une structure employeuse, avec plusieurs salariés et un gérant qui ne conduit plus, se retrouve dans le bas de la fourchette. Comparez donc toujours des modèles comparables, et méfiez-vous des marges flatteuses présentées sans préciser la structure sous-jacente.

Le seuil de rentabilité se situe généralement entre quinze et trente élèves selon le modèle retenu. C’est le chiffre à surveiller les premiers mois, davantage que le chiffre d’affaires brut.

Le CPF, un levier encore sous-exploité

Environ trois auto-écoles sur dix sont certifiées et donc éligibles au financement par le compte personnel de formation. Autrement dit, une minorité d’établissements se partage la totalité des permis B financés par ce canal, qui se comptent en centaines de milliers.

Pour une auto-école certifiée, ce canal peut représenter une part significative du chiffre d’affaires, des montants de l’ordre de cent trente mille euros annuels ayant été observés sur la seule plateforme.

La certification qualité représente un investissement en temps et en formalisme, et un audit à passer. Mais elle donne accès à un marché où la concurrence est mécaniquement plus faible, avec des paiements sécurisés. Si vous montez un projet, posez la question dès le business plan plutôt que deux ans après l’ouverture.

Créer ou reprendre : la donne a changé

La reprise a longtemps souffert d’une incertitude sur l’agrément. Le rattachement de l’agrément à l’entreprise plutôt qu’au gérant modifie sérieusement l’équation.

En cas de rachat ou de changement de dirigeant, l’agrément est désormais maintenu, sous réserve d’une déclaration au préfet. Le changement de dirigeant doit être déclaré sous quatre jours ouvrables, avec un délai de trois mois pour la mise à jour au registre du commerce. Il n’y a plus de rupture d’activité pendant l’instruction d’une nouvelle demande.

Concrètement, reprendre un établissement existant est devenu plus sûr qu’auparavant. Vous récupérez un agrément en cours, un local déjà conforme, un fonds de commerce avec ses élèves en cours de formation et son historique de réussite aux examens. Le prix de cession intègre évidemment ces éléments, mais le risque d’exploitation est plus faible que sur une création ex nihilo.

Des mesures transitoires accompagnent la réforme, notamment la prorogation d’un an de certains agréments en cours et le regroupement en dossier unique pour les exploitants multi-établissements. Si vous reprenez une structure concernée, faites préciser la situation exacte de l’agrément dans l’audit d’acquisition.

Combien se rémunère un gérant

La question revient systématiquement et mérite une réponse chiffrée. Les rémunérations observées se situent le plus souvent entre deux mille et trois mille euros bruts mensuels, avec une forte dispersion.

Trois facteurs pèsent davantage que la taille de l’établissement : le taux de remplissage des plannings, la maîtrise des frais fixes, en particulier le loyer, et la présence ou non sur des canaux de financement comme le CPF.

Un gérant qui enseigne lui-même les premières années tire une rémunération correcte d’une petite structure. Le passage à une logique employeuse, avec plusieurs salariés, dégrade la marge avant de l’améliorer, généralement à partir du troisième véhicule exploité à plein.

Les erreurs qui coûtent cher au démarrage

Quatre reviennent régulièrement dans les projets qui déraillent la première année.

Sous-estimer la trésorerie de démarrage. Le chiffre d’affaires d’une auto-école se construit lentement, un élève inscrit ne paie pas la totalité de sa formation le premier jour, et les charges fixes courent dès l’ouverture. Prévoyez un fonds de roulement couvrant plusieurs mois de charges, pas seulement l’investissement initial.

Choisir un local sur le seul critère du loyer. Une économie de trois cents euros mensuels ne compense jamais un emplacement sans flux. Le local est un poste de conquête commerciale autant qu’un poste de coût.

Négliger la saisonnalité. L’activité connaît des creux marqués, notamment en fin d’année et pendant certaines périodes de vacances. Un prévisionnel linéaire sur douze mois donne une image fausse de votre trésorerie.

Repousser la certification qualité. Beaucoup la considèrent comme une formalité administrative à traiter plus tard. Elle conditionne pourtant l’accès à un canal de financement qui représente une part substantielle du marché, et le dossier prend du temps.

Questions fréquentes

Quel diplôme faut-il pour ouvrir une auto-école ?
Un diplôme d’un niveau suffisant, la référence étant la certification de niveau 5 ou équivalent, ou à défaut la certification professionnelle dédiée à la gestion d’un établissement d’enseignement de la conduite. Il n’est pas nécessaire d’être soi-même enseignant, à condition d’employer des moniteurs qualifiés.

Combien de temps est valable l’agrément ?
Six ans depuis la réforme du cadre réglementaire de l’enseignement de la conduite. De nombreuses sources en ligne annoncent encore cinq ans, l’information est périmée.

Quel budget prévoir pour ouvrir ?
De l’ordre de vingt mille euros pour une structure individuelle avec un véhicule en location et un local modeste, jusqu’à cent mille euros pour une structure employeuse avec une flotte en propriété. Les banques demandent en général trente pour cent d’apport.

Est-ce rentable d’ouvrir une auto-école ?
La rentabilité dépend du remplissage et de la maîtrise des frais fixes plus que du volume. Les marges nettes publiées vont de huit à quarante pour cent selon les sources, l’écart s’expliquant surtout par le traitement de la rémunération du gérant et par la structure retenue.

Que se passe-t-il si la préfecture ne répond pas ?
Le silence pendant deux mois sur une première demande d’agrément vaut refus. Sur une demande de renouvellement ou de modification, il vaut au contraire acceptation. Déposez votre demande de renouvellement au moins deux mois avant l’échéance.

Vaut-il mieux créer ou reprendre ?
La reprise est devenue plus sûre depuis que l’agrément est rattaché à l’entreprise et maintenu lors d’un changement de dirigeant. Vous récupérez un local conforme, un agrément en cours et un fonds constitué, au prix d’un ticket d’entrée plus élevé.

Fraude au code : les opérateurs alertent sur de nouvelles pratiques

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Fraude au code - Permismag

Alors que de nouvelles règles destinées à sécuriser l’examen du code de la route sont entrées en vigueur le 1er juillet 2026, des opérateurs agréés alertent sur une recrudescence de la fraude. Surtout, les méthodes auraient changé : la complicité d’un centre ou d’un examinateur ne serait plus  nécessaire. Les réseaux contournent désormais les contrôles directement au niveau du candidat.

Selon les remontées recueillies par PermisMag, les tentatives auraient fortement augmenté depuis le début de l’été. Le ministère de l’Intérieur a été saisi.

L’arrêté du 16 avril 2026, applicable pour l’essentiel depuis le 1er juillet, prévoit notamment le suivi de nombreux indicateurs, un alourdissement des documents constituant les dossiers gérants et examinateur, le recours possible à la vidéosurveillance, des contrôles inopinés et un meilleur suivi des examinateurs.

La fraude aurait donc, entre-temps, changé de nature.

Deux grandes formes de fraude au code

Historiquement, une partie importante de la fraude reposait sur la complicité d’une personne travaillant dans un centre d’examen, par exemple un examinateur moins vigilant sur l’identité des candidats.

Cette fraude avec connivence existe toujours. Mais selon les opérateurs, elle serait minoritaire face à la fraude directement organisée autour du candidat.

1. La substitution de candidat

Le candidat inscrit ne se présente pas et une autre personne passe l’épreuve à sa place. Pour franchir le contrôle d’identité, les réseaux utilisent des documents d’identité falsifiés comportant notamment la photographie de la personne qui se présente réellement.

Les opérateurs signalent des contrefaçons reproduisant l’ancien modèle de pièce d’identité, parfois difficiles à détecter visuellement. L’examinateur doit vérifier l’identité de chaque candidat et refuser l’accès en cas de doute. Mais il n’est ni policier ni spécialiste de la fraude documentaire.

2. L’assistance extérieure pendant l’épreuve

Dans un autre scénario, le véritable candidat se présente mais tente d’obtenir une aide extérieure. Téléphones dissimulés et, plus récemment, lunettes connectées feraient partie des dispositifs détectés par certains opérateurs.

Cette évolution change la problématique : il n’est plus nécessaire de corrompre un examinateur pour organiser une fraude à grande échelle.

Une fraude qui se professionnalise

Les opérateurs décrivent une professionnalisation des réseaux. Certains dossiers signalés aux forces de l’ordre présenteraient des ramifications avec d’autres formes de criminalité organisée : recrutement d’exécutants, faux documents, intermédiaires et changement fréquent de centres.

Le modèle économique se serait industrialisé. Selon certains professionnels, acheter frauduleusement le code coûterait 200 à 300 euros, tandis que certaines personnes chargées de passer l’examen à la place du candidat ne seraient rémunérées qu’environ 50 euros.

Les nouvelles technologies permettraient de multiplier les tentatives à moindre coût. Plusieurs réseaux ont été signalés aux forces de l’ordre. Les opérateurs regrettent toutefois des suites parfois insuffisantes : des personnes interpellées peuvent réapparaître dans d’autres centres quelques jours seulement après leur arrestation.

Des équipes parfois exposées lors des flagrants délits

Cette lutte pose aussi la question de la sécurité des salariés. Lorsqu’une fraude est détectée, les équipes doivent parfois interrompre l’épreuve, documenter les faits et prévenir les forces de l’ordre. Le candidat ne recevant pas ses résultats, il arrive qu’il se rende au centre pour demander des comptes et menacer ses salariés.

La situation devient plus délicate face à un réseau structuré : la personne présente peut n’être qu’un exécutant et les salariés ignorent parfois qui se trouve derrière elle.

Les salariés des centres ne sont pas des forces de l’ordre

Pour les opérateurs, il existe une limite à ce qui peut raisonnablement être demandé aux équipes. Détecter une anomalie, interrompre une épreuve et alerter les autorités fait partie de leur rôle. Organiser une confrontation avec des individus potentiellement liés à un réseau criminel est une autre responsabilité.

La priorité doit rester la sécurité des salariés. Lorsqu’un risque existe, l’intervention de la police ou de la gendarmerie est indispensable. Les opérateurs estiment que l’État ne peut leur transférer l’essentiel de la lutte contre la fraude sans soutien opérationnel suffisant.

Les mesures du 1er juillet sont déjà contournées

Le nouveau cahier des charges a introduit des garde-fous. Les opérateurs doivent notamment surveiller des indicateurs  et en cas de forts écarts, l’administration peut imposer la mise en place d’une vidéosurveillance.

Inscription obligatoire au plus tard la veille

Depuis le 1er juillet 2026, l’inscription à une session doit intervenir au plus tard la veille. Cette mesure permet de stopper les inscriptions frauduleuse  de dernière minute.

Mais selon les opérateurs, réseaux se sont rapidement adaptés en inscrivant les candidats tard le soir pour une session très souvent le lendemain matin en première heure. La mesure ajoute donc une contrainte sans empêcher réellement les réseaux d’agir.

Les professionnels regrettent aussi que le dispositif concentre de nombreuses obligations donc du temps sur leurs équipes : dossiers d’agréments, contrôle des personnels, audits, indicateurs, signalements et plaintes. Ils estiment qu’une partie des moyens pourrait être consacrée plus directement à la détection des fraudeurs.

La photo ANTS comme première solution

Face à l’usurpation d’identité, les opérateurs réclament depuis plusieurs mois un outil qu’ils jugent simple : pouvoir disposer de la photographie du candidat enregistrée dans son dossier ANTS.

L’examinateur pourrait ainsi comparer le visage de la personne présente avec la pièce d’identité, potentiellement falsifiée, mais aussi avec la photographie associée au dossier officiel. Actuellement, le contrôle repose essentiellement sur les informations enregistrées lors de l’inscription et la pièce présentée le jour de l’examen.

RGPD : une impossibilité absolue ?

Le ministère a opposé à cette proposition des difficultés liées à la protection des données personnelles.

La question mérite toutefois d’être nuancée. Le RGPD n’interdit pas par principe toute utilisation d’une photographie ou toute biométrie. Une photographie présentée à un examinateur pour une comparaison visuelle n’est pas équivalente à un dispositif automatisé de reconnaissance faciale, dont les traitements biométriques sont particulièrement encadrés.

Pour les opérateurs, la lutte contre la fraude pourrait justifier un cadre juridique spécifique permettant la comparaison avec la photographie ANTS.

La reconnaissance faciale, LA solution ultime

Depuis des années les opérateurs réclament d’intégration d’un systéme de véritable authentification biométrique afin de vérifier automatiquement que la personne présente correspond au dossier d’inscription. Une telle solution rendrait beaucoup plus difficile la substitution d’un candidat par un tiers muni d’une fausse pièce d’identité.

L’administration étudie cela mais sa mise en œuvre est plus complexe : la reconnaissance faciale produit des données biométriques au sens du RGPD et nécessite un cadre juridique robuste.

De plus, le déploiement pourrait demander plusieurs années. Pour les professionnels, ce calendrier n’est pas compatible avec l’urgence actuelle.

Un examen toujours facturé 30 €, dix ans après

Se pose enfin la question du financement. Le prix du passage de l’examen du code est toujours fixé réglementairement à 30 euros TTC, tarif instauré en 2016 et inchangé depuis dix ans.

Or dossiers complexifiés, vidéosurveillance, contrôles renforcés, audits supplémentaires et éventuelle authentification biométrique représentent des coûts importants pour les opérateurs.

Le Code de la route prévoit que le prix de l’épreuve est fixé conjointement par les ministres chargés de l’Économie et de la Sécurité routière, notamment selon les coûts supportés par les organisateurs. Selon des échanges rapportés par des professionnels, le ministère de l’Intérieur serait disposé à examiner une évolution du tarif, mais le dossier nécessiterait aussi un arbitrage de Bercy.

Frauder au code : jusqu’à 3 ans de prison et 9 000 € d’amende

Pour les candidats tentés par les offres circulant sur les réseaux sociaux, rappelons que la fraude à l’examen du code n’est pas une simple tricherie sans conséquence.

Le règlement de l’épreuve théorique prévoit qu’en cas de fraude avérée, l’épreuve est annulée et des poursuites pénales peuvent être engagées.

Jusqu’à 3 ans de prison et 9 000€ d’amende

La loi du 23 décembre 1901 réprimant les fraudes dans les examens et concours publics vise notamment la substitution d’une tierce personne au véritable candidat. Passer le code à la place du candidat officiellement inscrit peut donc constituer un délit.

Les peines maximales prévues sont de trois ans d’emprisonnement et de 9 000 euros d’amende, ou de l’une de ces deux peines seulement.

Le texte vise également l’utilisation de pièces fausses. Un candidat utilisant une fausse identité ou de faux documents s’expose donc aussi à une procédure pénale. Les mêmes peines peuvent s’appliquer aux complices, notamment à la personne qui passe l’examen à la place d’un autre.

Acheter un « code garanti » pour quelques centaines d’euros peut ainsi conduire à une épreuve annulée, une procédure pénale et, dans les cas les plus graves, une condamnation pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 9 000 euros d’amende.

Les opérateurs constatent en effet une banalisation de ces offres, parfois présentées comme un simple service.

Les opérateurs demandent davantage de concertation

Au-delà des solutions techniques, deux demandes reviennent chez les opérateurs agréés.

Deux demandes adressées à l’État

  • Une implication plus importante du ministère et des services déconcentrés dans le traitement des dossiers de fraude, les convocations et le suivi des candidats signalés.
  • La création d’un groupe de travail permanent associant ministère, opérateurs agréés et services de police et de gendarmerie afin de partager les nouvelles méthodes et construire des réponses communes.

Les opérateurs considèrent qu’ils ne peuvent pas, seuls, identifier les réseaux, recueillir les preuves, déposer les plaintes et gérer les suites administratives des candidats soupçonnés de fraude. Ils regrettent le manque de concertation dans la conception de certaines mesures et souhaitent un rôle plus actif des services de l’État lorsqu’un comportement suspect est signalé.

L’arrêté du 16 avril constitue un renforcement réel du cadre de contrôle. Mais pour les opérateurs, la priorité est désormais de lutter contre une fraude « subie » : celle qui peut se produire malgré un centre et un examinateur parfaitement respectueux des règles.

Dans cette nouvelle configuration, renforcer uniquement le contrôle des centres ne suffira probablement pas.

Rouler en sécurité : les garanties d’assurance auto à privilégier

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Choisir une assurance auto ne se résume pas à cocher la case obligatoire de la responsabilité civile. Quelles garanties méritent réellement d’être ajoutées à son contrat pour rouler l’esprit tranquille ? Comment adapter sa couverture à son véhicule, à son budget et à son usage au quotidien ? Entre protection du véhicule, du conducteur et services d’assistance sur la route, plusieurs options permettent de composer une formule cohérente selon votre profil et vos besoins réels. On vous explique tout.

La responsabilité civile, la garantie obligatoire de tout conducteur

Quel que soit le véhicule concerné, la garantie responsabilité civile est la seule obligatoire en France pour tout conducteur. Elle couvre les dommages corporels et matériels causés à un tiers lors d’un accident dont vous êtes responsable, que ce soit un autre automobiliste, un piéton ou un cycliste. Cette garantie constitue le socle minimal de tout contrat, mais elle ne couvre à aucun moment les dommages subis par votre propre véhicule, ce qui explique pourquoi de nombreux conducteurs choisissent de la compléter par d’autres garanties. Le niveau de plafond d’indemnisation prévu pour les dommages corporels mérite une attention particulière, car il peut varier sensiblement d’un contrat à l’autre selon les formules proposées. Face à la diversité des offres disponibles, comparer les garanties proposées au-delà de la seule responsabilité civile permet de mieux évaluer le niveau de protection offert par chaque contrat. Par exemple, assurer sa voiture à la Macif vous permet de bénéficier d’une assistance générale incluse dans toutes les formules. Elle prévoit, dans les conditions et limites du contrat, le dépannage ou le remorquage du véhicule en cas d’accident, ainsi qu’en cas de panne survenant à plus de 50 km du domicile.

Les garanties dommages, pour protéger son propre véhicule

Au-delà de la responsabilité civile, les garanties dommages couvrent les réparations de votre propre véhicule en cas d’accident, que vous soyez responsable ou non. Certains contrats distinguent les dommages tous accidents, qui prennent en charge toute collision quelle que soit la responsabilité, des garanties plus limitées qui ne couvrent que certaines situations précises. Ce choix dépend largement de la valeur de votre véhicule et de son ancienneté : un véhicule récent ou de valeur justifie souvent une couverture plus large, tandis qu’un véhicule plus ancien peut se satisfaire d’une formule plus légère, davantage centrée sur les principaux risques. La fréquence d’utilisation du véhicule et le type de trajets effectués, urbains ou sur de longues distances, entrent également en ligne de compte dans cette réflexion. Le montant de la franchise appliquée en cas de sinistre reste un critère à examiner attentivement pour évaluer le coût réel de cette garantie, tout comme les modalités de calcul de la vétusté appliquées au moment de l’indemnisation.

Le vol et l’incendie, des risques à ne pas sous-estimer

Un véhicule stationné dans la rue reste exposé à des risques qui n’ont rien à voir avec la conduite elle-même : vol, tentative d’effraction, vandalisme ou incendie accidentel. La garantie vol et incendie prend en charge ces situations, avec des modalités qui varient selon les contrats, notamment en matière de justificatifs à fournir en cas de disparition du véhicule. Certains assureurs demandent la présence de dispositifs antivol spécifiques pour activer pleinement cette garantie, tandis que d’autres l’incluent de façon plus large sans condition particulière liée à l’équipement du véhicule. Vérifier ces conditions avant de souscrire évite les mauvaises surprises au moment où vous en avez le plus besoin, en particulier si votre véhicule stationne régulièrement sur la voie publique. Le lieu de stationnement habituel, en garage fermé ou dans la rue, peut d’ailleurs influencer les conditions d’application de cette garantie selon les assureurs.

Le bris de glace, une garantie utile au quotidien

Le pare-brise, les vitres latérales et les rétroviseurs sont particulièrement exposés aux petits incidents du quotidien : un gravillon projeté sur l’autoroute, une chute d’objet, ou encore un choc léger en manœuvrant. La garantie bris de glace couvre le remplacement ou la réparation de ces éléments, souvent sans application de franchise ou avec une franchise réduite selon les contrats. Cette garantie, plus modeste que les précédentes, se révèle pourtant fréquemment mobilisée, ce qui en fait un critère à ne pas négliger lors de la comparaison des offres, en particulier pour les conducteurs qui parcourent de nombreux kilomètres chaque année. Le délai de prise en charge et le réseau de réparateurs partenaires peuvent aussi influencer la rapidité de résolution en cas de besoin, un aspect à considérer si vous circulez fréquemment sur autoroute où ce type d’incident est plus courant.

La protection du conducteur, souvent oubliée

Un point mérite une attention particulière et reste pourtant souvent méconnu des conducteurs. En cas d’accident responsable, le conducteur lui-même n’est pas automatiquement couvert par la garantie responsabilité civile, qui ne protège que les tiers impliqués dans l’accident. La garantie individuelle conducteur permet de prendre en charge les dommages corporels subis par le conducteur, qu’il soit responsable ou non de l’accident. Cette garantie couvre notamment les frais médicaux non pris en charge par ailleurs, une éventuelle invalidité, ou encore un capital versé en cas de décès du conducteur. Elle est particulièrement pertinente pour les personnes qui utilisent quotidiennement leur véhicule, que ce soit pour se rendre au travail ou pour des trajets professionnels réguliers. Le montant des plafonds d’indemnisation et les modalités de calcul varient sensiblement d’un contrat à l’autre, ce qui justifie de comparer attentivement cette garantie plutôt que de la considérer comme secondaire.

L’assistance, pour ne jamais rester bloqué sur la route

Une panne, un accident ou une crevaison peuvent survenir à tout moment, parfois loin de chez soi. La garantie assistance prévoit le dépannage ou le remorquage du véhicule, ainsi que des solutions de mobilité en attendant sa réparation, avec des niveaux de couverture qui varient sensiblement d’un contrat à l’autre. Voici les principaux services que ce type de garantie peut inclure selon les contrats :

  • Le dépannage sur place ou le remorquage vers un garage agréé ;
  • La mise à disposition d’un véhicule de remplacement ;
  • L’hébergement ou le rapatriement des passagers en cas de panne éloignée ;
  • Une prise en charge dès le premier kilomètre, selon les formules souscrites.

Ces services, souvent perçus comme secondaires au moment de la souscription, peuvent pourtant faire une réelle différence le jour où un imprévu survient sur la route, en particulier lors d’un long trajet ou d’un départ en vacances loin de son domicile.

Composer une assurance auto adaptée suppose de croiser plusieurs garanties : responsabilité civile, dommages, vol et incendie, bris de glace, protection du conducteur et assistance. Chacune répond à un risque différent et mérite d’être évaluée selon votre véhicule, votre usage et votre budget. En comparant les formules sur ces critères plutôt que sur leur seul intitulé, vous pourrez composer une couverture cohérente, réellement adaptée à votre façon de conduire au quotidien.