Retrouvez dans notre annuaire les coordonnées des principaux acteurs de l’enseignement de la conduite et de la sécurité routière. Votre entreprise ou votre association est référencée mais vos coordonnées sont incorrectes. Faites le nous savoir en nous envoyant un email à contact@permismag.com.
Plusieurs fournisseurs du secteur de l’enseignement de la conduite ont choisi d’unir leurs forces pour accompagner activement la transition écologique. Ils affirment reconnaître l’urgence de la situation environnementale et la nécessité d’agir dès aujourd’hui, chacun à son niveau. Un manifeste déjà signé par de nombreux acteurs est proposé à l’ensemble de la profession : éditeurs de solutions pédagogiques, de logiciels, opérateurs du code de la route, réseaux, et tout autre acteur qui le souhaite.
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Une boîte à outils pour passer à l’action
Bien sûr la question est vaste, complexe et mondiale. Faut-il pour autant attendre ?
Justement, le principe de ce manifeste est de se rassembler pour agir dès aujourd’hui. Tous en même temps ! L’objectif des signataires est de s’encourager à adopter des pratiques vertueuses et de les partager. Pour en fin de compte, créer une boite à outils d’actions concrètes accessibles à tous les professionnels du secteur. Ils souhaitent à la fois agir sur leur propre structure et participer à la transition de tout l’écosystème. Conscients de la place centrale des écoles de conduite dans ce projet, une consultation est lancée pour mieux comprendre leurs attentes, interrogations ou freins sur ces sujets.
Auto-école : Dites-nous tout !
Prenez 3 minutes pour répondre à notre sondage. Dites nous les sujets qui vous préoccupent et sur lesquels vous souhaiteriez avoir plus d’informations et/ou conseils pour agir à votre échelle.
Car l’impact de ces actions sera d’autant plus puissant que l’ensemble des acteurs va s’impliquer : Auto-écoles, fournisseurs, enseignants, mais aussi élèves et partenaires locaux. Persuadés que le changement s’accélère grâce à la diffusion d’idées et de bonnes pratiques, PermisMag ouvre cette semaine une rubrique dédiée à ce sujet intitulée : « Écoresponsabilité »
Plusieurs fois par mois, vous y découvrirez des témoignages, des éclairages, des retours d’expérience et des pistes d’actions simples et réalisables. Le but : aider les professionnels – et pas seulement les auto-écoles – à réduire tous notre empreinte carbone. Il s’agira d’une véritable bibliothèque adaptée à notre filière. Dans laquelle chacun pourra piocher des idées et les mettre en place à son rythme et selon ses moyens.
Une démarche collaborative et tournée vers les solutions
Notre démarche se veut positive et inspirante. Principalement tournée vers les solutions car l’information sur les problèmes existe déjà en abondance. Ce que nous voulons apporter, c’est du tangible, du pratique.
Notre approche est également totalement dénuée d’arrière-pensée commerciale. Bien sûr les sociétés qui agissent améliorent leur image, mais nous veillerons à ce que ce soit le seul bénéfice pour les participants. Le but de ces articles est uniquement de souligner l’impact positif de leurs contributions. Notre démarche se veut enfin humble et ouverte à toutes les suggestions car nous ne sommes ni scientifiques ni spécialistes du climat.
Nous croyons en la force de l’intelligence collective et savons que nos meilleures idées viennent des autres. L’invitation est donc lancée, vous êtes les bienvenus !
Une initiative inclusive et ouverte à tous
La protection de l’environnement est l’affaire de tous. La démarche initiée par ces acteurs de l’enseignement de la conduite se veut ouverte à tous. Chacun d’entre vous peut rejoindre cette initiative et signer le manifeste.
Vous agissez pour le climat, l’air, l’eau, la nature, le vivant ? Partagez vos actions avec nous ! Nous aurons à cœur de les mettre en lumière à travers des articles et de faire en sorte que votre expérience bénéficie à tous.
Après six semaines de fermeture administrative en raison de l’épidémie de Covid-19, l’annonce des dates de reprise pour les leçons et les examens de conduite représente, pour beaucoup, une lumière au bout du tunnel. Cette reprise progressive se fera selon des modalités et des protocoles sanitaires qui seront validés d’ici la semaine prochaine. Voici ce que l’on sait à l’heure actuelle.
Une réouverture progressive selon les départements
L’information a été donnée hier (28 avril) par le Premier Ministre, Édouard Philippe, le dé-confinement et la reprise de l’activité économique se fera de manière différenciée selon les départements. Dans les départements les moins impactés par l’épidémie, les entreprises pourront redémarrer plus tôt, alors que celles situées dans les départements les plus touchés devront patienter encore un peu.
Les départements seront classés par couleur : les départements « verts » et les départements « rouges ». La carte des départements sera dévoilée le 30 avril par le Professeur Jérôme Salomon lors de son point presse journalier sur l’évolution de la pandémie.
Une réouverture des bureaux dès le 11 mai
Quelle que soit la zone (verte ou rouge), les écoles de conduite pourront rouvrir leurs bureaux à partir du lundi 11 mai. La reprise des leçons et des examens dépendra, elle, du département et de la catégorie de permis concernée.
La reprise des activités devra se faire, a minima, selon les règles de sécurité sanitaire éditées par le Haut Conseil de la Santé Publique. Les organisations professionnelles ont travaillé sur des protocoles sanitaires. L’UNIC a établi un « guide de sécurité sanitaire » avec la SOCOTEC, alors que le CNPA a rédigé un « protocole de reprise » validé par une infectiologue du CHU de Strasbourg. Ces documents ont été soumis pour validation aux Ministères concernés.
Une conférence téléphonique doit avoir lieu lundi 4 mai entre la DSR et les organisations professionnelle pour définir de manière précise les mesures sanitaires qui devront être prises par les écoles de conduite. Il semblerait que la séparation en plexiglas, entre l’élève conducteur et l’enseignant ou l’inspecteur, ne soit pas retenue, pour des questions de sécurité et d’efficacité (une telle paroi n’empêcherait en rien la propagation du virus).
IMPORTANT : Les auto-écoles (comme toute entreprise) devront mettre en place et veiller à une stricte application des mesures de sécurité sanitaire retenues à l’issue de la réunion du 4 mai! En effet, la responsabilité légale de l’entreprise sera engagée en cas de transmission du virus d’un élève vers un de vos salariés (ou inversement). La démonstration que la contamination a eu lieu pendant une leçon de conduite s’annonce néanmoins assez compliquée à démontrer…
La reprise dans les départements « verts »
11 mai
Ouverture des bureaux au public, reprise des leçons de conduite et de toutes les activités pour toutes les catégories de permis. Reprise des examens de code
18 mai
Reprise des examens moto et PL. Les places seront attribuées uniquement par options sur Printel. Pour les examens moto les durées seront modifiées : 12 minutes pour le plateau et 36 minutes pour la circulation.
1er juin
Reprise des examens B. La première semaine par options et à partir de la deuxième semaine retour à la méthode de population de référence.
La reprise dans les départements « rouges »
11 mai
Ouverture des bureaux au public. Possibilité de dispenser des leçons moto et poids-lourds (uniquement), après accord du Préfet du département.
18 mai
Dans les départements où le Prefet a donné son accord, reprise des examens moto et PL. Les places seront attribuées uniquement par options sur Printel.
1er juin
Reprise des leçons et des examens B. La première semaine par options et à partir de la deuxième semaine retour à la méthode de population de référence.
La Sécurité routière a mis en ligne fin février son Bilan des examens du permis de conduire pour l’année 2018. Nous nous sommes intéressés, cette année encore, aux chiffres concernant les candidats libres. Si leur nombre a été multiplié par deux comparé à 2017, leur taux de réussite reste lui toujours inférieur de 10 à 15 points selon les départements.
Un nombre de candidats libre en augmentation
Le nombre de candidats libre ne cesse d’augmenter rapidement, depuis 2015. Ils sont passés de 3081 (en 2015) à 23 311 (en 2018). L’accélération est particulièrement forte au cours de cette dernière année puisque leur nombre augmente de 132,8% entre 2017 et 2018.
Leur nombre reste néanmoins limité comparé au total de candidats se présentant à l’examen pratique. En 2018, ils ne représentaient pas plus de 1,4% du nombre total de candidats. Par ailleurs, le phénomène touche principalement les grands centres urbains : Paris et les départements limitrophes (Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne, Seine-et-Marne et Yvelines), le Rhône et la Seine-Maritime.
La plupart de ces candidats libres se présentent dans la catégorie B (95,8% d’entre eux), le reste se présentant en groupe lourd ou en moto (0,8%).
Des taux de réussite toujours très inférieurs à la moyenne
Le taux de réussite des candidats libres à l’examen pratique pour l’année 2018 s’élève à…. 44,9%. Ce taux de réussite est en très légère hausse par rapport à celui constaté en 2017 (42,1%). En revanche, il reste très inférieur :
à la moyenne nationale, qui est de 58% (-13 points pour les candidats libres) ;
à la moyenne pour les candidats en conduite accompagnée, qui est de 74,6% (-32,6 points pour les candidats libres) ;
à la moyenne dans les départements où les candidats libres sont les plus nombreux. En Seine-Saint-Denis, par exemple, le taux de réussite moyen est de 62,4% (- 15,5 points pour les candidats libres).
La semaine dernière, l’ANFA (Association Nationale pour la Formation Automobile) publiait son Autofocus n°124, un rapport très instructif sur le métier d’enseignant de la conduite. Cette étude de 26 pages donne les chiffres clé du métiers, les voies d’accès à la profession et les évolutions de carrière possible.
Nous avons lu ce rapport et avons décidé de vous proposer un dossier spécial avec 5 articles reprenant les grandes thématiques de l’étude. Bonne lecture !
Le Ministère de l’Intérieur et le Ministère du Travail et des Solidarité ont lancé une grande enquête à destination des exploitants d’auto-école, prenez quelques minutes pour y répondre :
L’enseignement du permis B ne constitue pas l’unique horizon professionnel d’un enseignant de la conduite. Spécialisation moto ou poids lourd, coordination pédagogique, formation des futurs enseignants, prévention du risque routier ou création d’une auto-école : plusieurs parcours permettent de diversifier son activité et d’accéder à de nouvelles responsabilités. Le rapport de l’ANFA présente les qualifications qui accompagnent ces évolutions et dessine des carrières beaucoup plus variées qu’on ne l’imagine.
Un métier qui offre plusieurs parcours d’évolution
Après l’obtention du titre professionnel d’enseignant de la conduite et de la sécurité routière, le TP ECSR, la majorité des professionnels commence par enseigner la conduite automobile. Ils accompagnent les candidats au permis B pendant leurs leçons pratiques et peuvent également intervenir dans le cadre de cours théoriques ou d’actions de sensibilisation.
Cette activité constitue le cœur du métier, mais elle n’est pas nécessairement une finalité. Au fil de son expérience, un enseignant peut choisir de se spécialiser, de diversifier ses interventions ou d’évoluer vers des fonctions de coordination, de formation ou de direction.
Ces possibilités sont particulièrement importantes dans un secteur confronté à des difficultés de recrutement et de fidélisation. La perspective d’enchaîner les leçons de conduite pendant toute une carrière peut décourager certains candidats ou pousser des enseignants expérimentés à chercher une autre activité.
À l’inverse, la possibilité de construire un parcours progressif peut renforcer l’attractivité de la profession. L’enseignement du permis B devient alors une première étape permettant d’acquérir une solide expérience pédagogique avant d’accéder à d’autres responsabilités.
Se spécialiser dans le deux-roues ou le groupe lourd
La première évolution accessible après le TP ECSR consiste à élargir les catégories de véhicules enseignées. Le titre professionnel peut être complété par deux certificats complémentaires de spécialisation, ou CCS.
Le premier permet d’enseigner la conduite des véhicules à deux roues. Il ouvre notamment la voie aux formations aux permis A1 et A2, ainsi qu’aux différentes formations complémentaires organisées dans l’univers de la moto.
Le second concerne les véhicules du groupe lourd. Il permet à l’enseignant d’intervenir dans la préparation aux permis poids lourd et transport en commun, sous réserve de remplir l’ensemble des conditions réglementaires applicables.
Ces spécialisations présentent un double intérêt. Pour l’enseignant, elles permettent de varier les situations pédagogiques, d’élargir son champ de compétences et de renforcer son employabilité. Pour l’établissement, elles facilitent la diversification de l’offre de formation.
La demande peut être particulièrement forte sur certaines qualifications. Les écoles spécialisées dans la moto ou le groupe lourd disposent d’un vivier de recrutement plus restreint que les établissements proposant uniquement le permis B. Un enseignant titulaire d’un CCS peut donc accéder à des opportunités professionnelles supplémentaires.
Cette spécialisation peut aussi constituer une étape vers des fonctions de coordination. Dans une structure proposant plusieurs catégories de permis, un professionnel expérimenté peut être chargé d’harmoniser les pratiques, d’accompagner les nouveaux enseignants et d’organiser l’activité pédagogique d’une filière.
Diversifier son activité au-delà de la préparation au permis
Les compétences acquises par un enseignant de la conduite peuvent être mobilisées bien au-delà de la préparation aux examens. Le second bloc du TP ECSR est précisément consacré à la sensibilisation des usagers à l’adoption de comportements sûrs et respectueux de l’environnement.
Un enseignant peut ainsi participer à des actions de prévention du risque routier auprès d’entreprises, de collectivités, d’établissements scolaires ou d’associations. Ces interventions peuvent porter sur l’alcool et les stupéfiants, la vitesse, les distracteurs, le partage de la route ou encore les risques liés aux déplacements professionnels.
Les entreprises constituent notamment un marché potentiel important. Les accidents de la route représentent un risque professionnel majeur pour les salariés amenés à se déplacer. Les employeurs peuvent donc organiser des formations destinées à réduire les comportements dangereux et à améliorer la sécurité de leurs collaborateurs.
L’éco-conduite offre une autre possibilité de diversification. Elle permet d’accompagner les conducteurs dans l’adoption de pratiques réduisant la consommation énergétique, l’usure des véhicules et les émissions. Avec l’électrification du parc, ces formations peuvent également intégrer la gestion de l’autonomie et l’utilisation de la récupération d’énergie.
Les enseignants peuvent aussi intervenir lors de stages de perfectionnement, d’actions post-permis ou de formations destinées à des conducteurs reprenant le volant après une longue interruption.
Cette diversification permet de varier les publics et les formats pédagogiques. Elle peut aussi rendre les écoles de conduite moins dépendantes des seules inscriptions au permis B et des évolutions de son financement.
Évoluer vers la coordination pédagogique
Après plusieurs années d’expérience, certains enseignants souhaitent rester proches de la pédagogie tout en prenant davantage de responsabilités. La coordination constitue alors une évolution naturelle.
Le coordinateur pédagogique accompagne les enseignants, contribue à l’organisation de l’activité et veille à la cohérence des méthodes utilisées au sein de l’établissement. Il peut participer à l’intégration des nouveaux salariés, au suivi des élèves en difficulté et à l’analyse des résultats.
Dans une structure multi-agences, son rôle peut s’étendre à plusieurs équipes. Il devient alors l’interlocuteur entre les enseignants, les responsables d’établissement et la direction.
Cette fonction prend une importance croissante avec la diversification des formations et des statuts. Une école peut faire travailler des enseignants salariés, des alternants, des professionnels indépendants ou des intervenants spécialisés. Maintenir une continuité pédagogique dans cette organisation nécessite un véritable travail de coordination.
Les évolutions apportées aux qualifications de la branche prennent désormais mieux en compte ces activités. Les fonctions associées à la coordination des enseignants ont été revues afin de mieux correspondre aux responsabilités réellement exercées dans les établissements.
Pour l’enseignant, cette évolution permet de valoriser son expérience sans abandonner complètement le terrain. Elle nécessite toutefois de nouvelles compétences : organisation, communication interne, animation d’équipe, gestion des conflits et accompagnement pédagogique des collègues.
Créer ou reprendre une école de conduite
La création ou la reprise d’un établissement constitue l’une des évolutions les plus courantes envisagées par les enseignants expérimentés. Elle permet de passer de la pratique pédagogique au pilotage d’une entreprise.
Le gérant n’est pas obligatoirement enseignant de la conduite. Il doit cependant répondre aux conditions réglementaires relatives à l’exploitation d’une école. Il peut notamment être titulaire du certificat de qualification professionnelle de responsable d’unité ou d’unités d’enseignement de la sécurité routière et de la conduite, le CQP RUESRC.
Ce CQP a remplacé la capacité de gestion le 1er juillet 2016. Il est reconnu pour l’obtention de l’agrément nécessaire à l’exploitation d’une école de conduite. Les titulaires de l’ancienne capacité de gestion et de certains diplômes peuvent également répondre aux conditions requises.
La certification RUESRC a été renouvelée au Répertoire national des certifications professionnelles en octobre 2024. Elle est désormais positionnée au niveau 6 et enregistrée jusqu’au 31 octobre 2029.
Son référentiel a évolué pour mieux préparer les futurs dirigeants aux transformations du secteur. Il intègre notamment la conduite du changement, le développement commercial, le management d’équipe, la réponse à des appels d’offres et l’adaptation aux nouvelles mobilités.
Un parcours de 306 heures pour devenir responsable d’unité
Le nouveau parcours du CQP RUESRC représente 306 heures, évaluations comprises. Il est organisé autour de trois grands blocs de compétences.
Management d’équipe : 154 heures. Ce bloc constitue la partie la plus importante du parcours. Il porte sur l’organisation du travail, l’animation des collaborateurs et la gestion des relations au sein de l’établissement.
Développement commercial et relation clientèle : 49 heures. Il prépare le futur responsable à présenter son offre, développer son activité et gérer les relations avec les élèves.
Pilotage de l’activité d’enseignement : 91 heures. Il concerne l’organisation et le suivi de l’activité, ainsi que la gestion d’une ou plusieurs unités d’enseignement.
Le parcours comprend également sept heures de préparation à l’entretien devant le jury et cinq heures d’épreuves.
Le CQP est accessible par la formation continue, par les dispositifs destinés aux demandeurs d’emploi et par la validation des acquis de l’expérience. Les organismes de formation accueillent des profils très différents : créateurs d’entreprise, repreneurs d’écoles existantes ou salariés chargés de piloter un site pour le compte d’un dirigeant.
Passer de l’enseignement à la direction représente néanmoins une véritable transformation professionnelle. Le gérant doit encadrer les équipes, organiser les plannings, gérer les relations avec la clientèle, suivre les finances, assurer la conformité réglementaire et définir la stratégie commerciale de son établissement.
La maîtrise de la pédagogie constitue un avantage, mais elle ne suffit pas. La réussite du projet repose également sur des compétences en gestion, en management et en développement d’activité.
Plus d’un titulaire du RUESRC sur deux crée ou reprend une école
Le CQP RUESRC débouche très concrètement sur des projets entrepreneuriaux. Parmi les titulaires de la certification du millésime 2024 interrogés par l’ANFA, 52 % avaient effectivement créé ou repris une école de conduite.
À ces nouveaux dirigeants s’ajoutent 28 % de titulaires qui projetaient de créer ou de reprendre un établissement dans un avenir proche. Le CQP joue donc pleinement son rôle de préparation à la direction d’une unité.
La certification affiche également un taux de réussite de 96 % et un taux d’insertion de 95 %, selon les données présentées par l’ANFA.
Parmi les titulaires en emploi, 98 % travaillent dans la branche des services de l’automobile. Une majorité exerce le métier correspondant à la certification, tandis que certains occupent encore un emploi salarié avant de concrétiser leur projet entrepreneurial.
Le nombre de candidats admis avait progressé au cours des dernières années, passant de 120 en 2016 à 378 en 2023, avant de s’établir à 348 en 2024. La forte baisse enregistrée en 2025, avec seulement 27 candidats admis, s’explique selon l’ANFA par le changement de référentiel et par le renouvellement des habilitations des organismes de formation.
De nouveaux organismes doivent être habilités au cours de l’année 2026, ce qui devrait permettre une remontée progressive du nombre de personnes formées.
Devenir formateur des futurs enseignants
Une autre évolution consiste à transmettre son expérience aux futurs enseignants de la conduite. Le formateur exerce principalement dans un centre de formation préparant au TP ECSR et aux différentes spécialisations.
Historiquement, l’accès à cette fonction passait par le brevet d’aptitude à la formation des moniteurs, le BAFM. La dernière session de cet examen a été organisée en mars 2020.
Le titre à finalité professionnelle de formateur aux métiers de l’éducation et de la sécurité routières, le TFP FMESR, a été créé pour prendre sa succession. Déployée depuis 2023, cette certification est désormais positionnée au niveau 6 du Répertoire national des certifications professionnelles.
Son enregistrement a été renouvelé jusqu’au 31 octobre 2029. Cette reconnaissance au niveau 6 reflète le degré d’expertise attendu des formateurs chargés de préparer les futurs professionnels.
Le référentiel ne porte pas uniquement sur la transmission des connaissances. Il intègre la conception de l’ingénierie pédagogique, le déploiement d’une offre de formation, la coordination d’actions et l’accompagnement des équipes.
Parmi les compétences ajoutées figurent également le traitement de l’insatisfaction des clients et la gestion des situations conflictuelles au sein d’une équipe pédagogique.
Une certification de formateur encore récente
Le nombre de titulaires du TFP FMESR reste limité, mais progresse. Quatorze candidats ont été admis en 2023, puis 58 en 2024 et 60 en 2025.
Pour les sortants de 2024, le taux d’insertion six mois après l’obtention de la certification s’élève à 80 %. Parmi les titulaires en emploi, 63 % exercent le métier directement visé par la formation.
Ces résultats doivent être interprétés avec prudence en raison du faible nombre de personnes concernées. Ils montrent néanmoins que le titre commence à trouver sa place après la disparition du BAFM.
La fonction de formateur peut intéresser des enseignants souhaitant réduire la part de conduite dans leur activité tout en restant dans le domaine de la pédagogie et de la sécurité routière.
Elle exige cependant une expertise plus large que l’enseignement aux candidats au permis. Former des adultes à un métier suppose de construire des parcours, d’évaluer des compétences professionnelles et d’accompagner des personnes elles-mêmes destinées à devenir pédagogues.
Accéder aux certifications par la VAE
Les professionnels expérimentés peuvent faire reconnaître leurs compétences par la validation des acquis de l’expérience. La réforme issue de la loi « Marché du travail » du 22 décembre 2022 a notamment développé la possibilité d’obtenir une certification bloc par bloc.
Un candidat peut ainsi viser un ou plusieurs blocs de compétences sans nécessairement préparer immédiatement la totalité de la certification.
Le CQP RUESRC et le TFP FMESR conduisant à des métiers réglementés, leur accès par la VAE reste soumis à des prérequis spécifiques et à la présentation de justificatifs d’expérience.
Pour le RUESRC, les éléments demandés varient selon que le candidat est dirigeant, associé, cogérant ou responsable salarié d’une école de conduite. Ils peuvent notamment comprendre un extrait Kbis, un agrément préfectoral, des bulletins de salaire ou un certificat de travail.
Pour le TFP FMESR, l’accès par la VAE nécessite notamment de pouvoir justifier d’une expérience professionnelle suffisante dans la formation aux métiers de l’éducation et de la sécurité routière. Selon les blocs visés, une autorisation d’enseigner en cours de validité peut également être exigée.
La VAE constitue une possibilité intéressante pour les professionnels ayant progressivement pris des responsabilités sans avoir suivi le parcours de formation correspondant. Elle permet de transformer une expérience acquise sur le terrain en qualification reconnue.
Professionnaliser les fonctions administratives avec le CQP AGEC
L’évolution d’une école de conduite ne repose pas uniquement sur ses enseignants et son dirigeant. Les activités administratives sont devenues de plus en plus complexes : accueil des élèves, inscriptions aux examens, gestion des financements, facturation, contrats, plannings et suivi des dossiers.
Pour répondre à ces besoins, la branche a créé le certificat de qualification professionnelle d’auxiliaire de gestion des écoles de conduite, le CQP AGEC.
Cette qualification est organisée autour de deux blocs : l’accompagnement de la clientèle et la gestion administrative des sessions de formation et d’examen.
Le premier bloc prépare le professionnel à renseigner les futurs élèves, présenter les services de l’établissement et les accompagner dans leur parcours. Le second couvre l’organisation des inscriptions, la gestion des plannings, la facturation et le financement des permis.
Deux parcours sont proposés. Le premier, d’une durée de 310 heures en alternance, s’adresse aux personnes entrant dans le métier. Le second est destiné aux collaborateurs déjà présents dans une école de conduite et souhaitant professionnaliser leurs pratiques. Il comprend 123 heures de formation et 70 heures de stage.
Pour un enseignant, le CQP AGEC ne constitue pas nécessairement une évolution directe. Mais son déploiement peut profondément améliorer l’organisation des établissements. En confiant les tâches administratives à un professionnel qualifié, l’école permet aux enseignants de se concentrer davantage sur la pédagogie et au gérant de consacrer plus de temps au pilotage.
L’électromobilité, une nouvelle compétence à développer
L’électrification du parc automobile ouvre également de nouvelles perspectives. Les enseignants doivent progressivement intégrer les caractéristiques des véhicules électriques et hybrides dans leurs pratiques pédagogiques.
La conduite d’un véhicule électrique modifie notamment la gestion de l’accélération, du freinage et de la récupération d’énergie. Elle suppose aussi de comprendre les questions liées à l’autonomie, à la recharge et aux différents usages.
La branche des services de l’automobile prévoit d’expérimenter en 2026 un certificat de compétences consacré au conseil en électromobilité. Il doit permettre aux salariés et aux demandeurs d’emploi d’acquérir des compétences complémentaires pour accompagner les clients dans le choix et l’utilisation d’une solution électrique ou hybride.
Les formations au CQP RUESRC, au TFP FMESR et au CQP AGEC intègrent désormais un module de prévention des risques électriques.
Pour les enseignants, l’électromobilité peut devenir un nouveau domaine d’expertise. Elle peut donner lieu à des formations spécifiques auprès des élèves, des entreprises ou des conducteurs passant d’un véhicule thermique à un véhicule électrique.
Construire de véritables parcours professionnels
Les possibilités d’évolution existent donc bien dans l’enseignement de la conduite. Elles restent toutefois parfois mal identifiées par les enseignants eux-mêmes et insuffisamment présentées aux personnes qui envisagent de rejoindre la profession.
Un parcours peut commencer par l’enseignement du permis B, se poursuivre par une spécialisation moto ou groupe lourd, puis évoluer vers la coordination pédagogique. Après plusieurs années, le professionnel peut choisir de devenir formateur, de reprendre une école ou de développer des activités de prévention.
Ces parcours ne sont pas nécessairement linéaires. Un gérant peut continuer à assurer des leçons. Un formateur peut conserver une activité d’enseignement auprès des élèves. Un enseignant indépendant peut intervenir simultanément pour plusieurs établissements et proposer des prestations de prévention à des entreprises.
La diversification constitue précisément l’une des richesses de la profession. Elle permet d’adapter son activité à ses compétences, à ses aspirations et aux différentes étapes de sa carrière.
Dans un secteur qui peine à recruter et à fidéliser, mieux faire connaître ces perspectives est essentiel. L’attractivité du métier ne dépend pas uniquement des conditions proposées lors de la première embauche. Elle repose aussi sur la possibilité de se projeter à cinq, dix ou vingt ans.
L’enseignement de la conduite ne doit donc plus être présenté comme un métier sans évolution. Il peut constituer le point de départ d’une carrière dans la pédagogie, le management, l’entrepreneuriat, la formation professionnelle ou la prévention du risque routier.
Source : ANFA, Autofocus n°124, « Enseignement de la conduite », juillet 2026. Les données relatives aux certifications RUESRC, FMESR et AGEC proviennent des dispositifs de qualification de la branche des services de l’automobile et des enquêtes d’insertion de l’ANFA.
En 2024, 2 615 candidats ont obtenu le titre professionnel d’enseignant de la conduite et de la sécurité routière. Dans le même temps, les auto-écoles ont recruté 3 420 enseignants, mais près de 1 950 postes sont restés vacants. Former davantage apparaît indispensable pour renouveler une profession vieillissante. Cela ne suffira pourtant pas si les nouveaux titulaires n’entrent pas durablement dans le métier ou si les conditions d’exercice ne leur permettent pas d’y rester.
Le TP ECSR, principale porte d’entrée dans le métier
Depuis le 1er juillet 2016, le titre professionnel d’enseignant de la conduite et de la sécurité routière, plus couramment appelé TP ECSR, constitue la principale voie d’accès au métier. Cette certification de niveau 5 a remplacé le BEPECASER, l’ancien brevet exigé pour exercer la profession.
Le TP ECSR peut être préparé dans le cadre d’un parcours continu ou discontinu. Il est également accessible par la validation des acquis de l’expérience. Contrairement à l’ancien BEPECASER, il ne repose pas uniquement sur un examen final : la certification est organisée autour de compétences professionnelles directement liées aux missions exercées par l’enseignant.
Le titre est composé de deux certificats de compétences professionnelles, ou CCP.
Le premier, consacré à la formation des apprenants conducteurs, porte sur la préparation et l’animation des séquences pédagogiques individuelles ou collectives. Il intègre notamment les approches psychologiques et comportementales, l’animation de groupes et l’ingénierie de formation.
Le second concerne la sensibilisation de l’ensemble des usagers de la route à l’adoption de comportements sûrs et respectueux de l’environnement. Il permet à l’enseignant d’intervenir au-delà de la seule préparation à l’examen du permis de conduire, auprès de publics et dans des contextes variés.
Après l’obtention du titre, l’enseignant peut compléter sa qualification avec un certificat complémentaire de spécialisation pour enseigner la conduite des véhicules à deux roues ou des véhicules du groupe lourd.
Cette architecture traduit l’évolution du métier. L’enseignant de la conduite n’est plus uniquement chargé d’apprendre à un candidat à maîtriser un véhicule. Il doit aussi savoir construire une progression pédagogique, analyser les comportements, sensibiliser aux risques et adapter sa méthode aux difficultés rencontrées par chaque élève.
2 615 nouveaux titulaires du TP ECSR en 2024
Selon les données du ministère du Travail reprises par l’ANFA, 2 615 candidats ont obtenu le TP ECSR en 2024. Ce volume peut sembler élevé au regard des quelque 17 000 enseignants de la conduite exerçant comme salariés.
Rapporté aux besoins exprimés par les établissements, il apparaît pourtant insuffisant pour faire disparaître les tensions. En 2024, les écoles de conduite ont recruté 3 420 enseignants, hors alternance. Malgré ces embauches, près de 1 950 postes n’ont pas été pourvus.
La comparaison doit être maniée avec prudence. Les 2 615 titulaires correspondent à un flux de personnes ayant obtenu une certification au cours de l’année. Les 3 420 recrutements recensent des embauches réalisées par les établissements. Un même enseignant peut changer d’employeur et être comptabilisé dans les recrutements sans constituer un nouvel entrant dans la profession.
De la même manière, les 1 950 postes non pourvus représentent des intentions d’embauche n’ayant pas abouti. Ils ne peuvent pas être directement soustraits du nombre de personnes certifiées. Les besoins ne sont pas nécessairement localisés dans les mêmes territoires et ne correspondent pas toujours aux attentes des nouveaux enseignants.
Ces chiffres mettent néanmoins en évidence l’ampleur du défi. Même avec plus de 2 600 nouveaux titulaires en une année, le secteur ne parvient pas à satisfaire l’ensemble de ses besoins de recrutement.
Une certification ne garantit pas une entrée durable dans le métier
L’obtention du TP ECSR constitue une condition essentielle pour exercer, mais elle ne garantit pas qu’un candidat devienne immédiatement enseignant de la conduite ni qu’il le reste durablement.
Entre la certification et l’exercice effectif se trouvent plusieurs étapes : recherche d’un employeur, obtention de l’autorisation administrative d’enseigner, choix du territoire, négociation des conditions de travail et adaptation à la réalité quotidienne du métier.
Certains titulaires peuvent différer leur entrée dans la profession. D’autres peuvent rencontrer des difficultés à trouver un poste compatible avec leurs contraintes géographiques ou personnelles. Une offre située à plusieurs dizaines de kilomètres, comportant une forte amplitude horaire ou concentrant les heures en soirée et le samedi ne correspondra pas nécessairement aux attentes de tous les candidats.
La certification peut également être obtenue dans le cadre d’un projet professionnel qui évolue ensuite. Une personne formée peut finalement rejoindre un autre secteur, reprendre son ancien métier ou décider que les conditions d’exercice ne correspondent pas à ce qu’elle imaginait.
Le rapport de l’ANFA ne fournit pas de données détaillées permettant de mesurer précisément la proportion des titulaires qui exercent six mois ou un an après leur certification. Il ne permet pas non plus d’évaluer le nombre de nouveaux enseignants quittant le métier au cours de leurs premières années.
Ces informations seraient pourtant indispensables pour déterminer si la pénurie provient principalement d’un manque de personnes formées ou d’une difficulté à transformer les titulaires du TP ECSR en professionnels durablement installés.
Des recrutements qui déplacent parfois la pénurie
Les données de l’ANFA montrent que les embauches sont majoritairement réalisées auprès de personnes connaissant déjà le secteur. En 2024, 76 % des recrues avaient auparavant travaillé dans l’enseignement de la conduite.
Une partie importante des 3 420 recrutements d’enseignants correspond donc probablement à des mobilités entre auto-écoles. Un professionnel peut changer d’établissement pour obtenir un meilleur planning, réduire ses déplacements, augmenter sa rémunération ou se rapprocher de son domicile.
Pour l’école qui l’accueille, le recrutement est réussi. Mais son départ crée potentiellement un nouveau besoin chez son précédent employeur. Le poste vacant n’a pas disparu : il s’est déplacé d’un établissement à un autre.
Cette circulation des enseignants entretient une concurrence permanente entre les auto-écoles. Elle est particulièrement sensible dans les territoires où le nombre de professionnels disponibles est faible ou lorsque plusieurs établissements cherchent simultanément à développer leur activité.
Former de nouveaux enseignants reste le seul moyen d’augmenter réellement le vivier. Encore faut-il que ces nouveaux entrants viennent compléter les effectifs existants et ne compensent pas uniquement les départs vers d’autres métiers, l’indépendance ou la retraite.
Le vieillissement des salariés impose d’anticiper les départs
La formation de nouveaux professionnels devient d’autant plus urgente que les salariés du secteur sont relativement âgés. Leur moyenne d’âge atteint 42,1 ans, contre 36,7 ans dans l’ensemble de la branche des services de l’automobile.
Les salariés de 55 ans et plus représentent 17,9 % des effectifs, contre 13,1 % dans le reste de la branche. Une proportion importante d’enseignants, de responsables et de personnels administratifs devrait donc partir en fin de carrière au cours des prochaines années.
Le nombre de personnes formées doit permettre de répondre à deux besoins simultanés : remplacer les professionnels qui quittent le secteur et pourvoir les emplois créés par le développement de l’activité.
Or, les écoles de conduite sont confrontées à une demande importante. Le nombre de nouveaux candidats inscrits aux différentes catégories du permis a augmenté de 28 % entre 2020 et 2024. Cette hausse accroît les besoins en heures de formation et donc en enseignants disponibles.
Si les flux de nouveaux titulaires restent stables tandis que les départs en retraite accélèrent, les difficultés de recrutement pourraient se prolonger, voire s’aggraver dans certains départements.
L’enjeu ne consiste donc pas seulement à réagir aux postes vacants actuels. Il faut anticiper le renouvellement de la profession sur plusieurs années, en tenant compte de la pyramide des âges et des besoins spécifiques de chaque territoire.
Les centres de formation sont-ils répartis au bon endroit ?
La pénurie d’enseignants ne se manifeste pas de manière uniforme sur l’ensemble du territoire. Une région peut compter suffisamment de personnes formées, tandis que des établissements situés dans un département voisin peinent à recevoir la moindre candidature.
La localisation des centres préparant au TP ECSR joue donc un rôle déterminant. Les personnes en reconversion ne sont pas toujours disponibles pour suivre une formation loin de leur domicile, notamment lorsqu’elles ont des contraintes familiales ou financières.
Après la certification, ces candidats ne sont pas nécessairement disposés à déménager pour accepter un premier poste. Un décalage peut ainsi apparaître entre les territoires dans lesquels les enseignants sont formés et ceux où les besoins des auto-écoles sont les plus importants.
Le financement de la formation constitue un autre enjeu. Le TP ECSR est fréquemment préparé dans le cadre d’une reconversion professionnelle ou d’un dispositif destiné aux demandeurs d’emploi. L’accès à un financement, la rémunération pendant le parcours et les conditions de stage peuvent directement influer sur le nombre de candidats.
Une politique visant uniquement à augmenter le nombre total de places en formation risquerait donc de manquer sa cible. Il faut également s’assurer que ces places soient accessibles aux bons publics et proposées dans les territoires où les besoins de recrutement sont réels.
La formation prépare-t-elle suffisamment à la réalité du métier ?
Le contenu du TP ECSR accorde une place importante à la pédagogie, à l’analyse des comportements et à la sensibilisation à la sécurité routière. Ces compétences correspondent au cœur du métier, mais les conditions d’exercice évoluent rapidement.
Les enseignants accompagnent des publics de plus en plus variés. Certains élèves rencontrent des difficultés de concentration, une forte anxiété ou des problèmes relationnels. D’autres ont déjà connu plusieurs échecs à l’examen et arrivent en formation avec une confiance très dégradée.
L’enseignant doit savoir adapter son discours, maintenir un cadre pédagogique et assurer en permanence la sécurité du véhicule. La maîtrise technique de la conduite ne représente donc qu’une partie de son expertise.
Les évolutions technologiques imposent également une actualisation régulière des connaissances. Les aides électroniques à la conduite, les véhicules électriques, les boîtes automatiques, les simulateurs et les outils numériques modifient les pratiques pédagogiques.
À ces compétences s’ajoute la nécessité de comprendre le fonctionnement concret d’une école de conduite : organisation des plannings, relations avec les élèves, conséquences des annulations, contraintes liées aux places d’examen et coordination avec les autres membres de l’équipe.
La période de formation en entreprise joue ici un rôle central. Elle doit permettre au futur enseignant de découvrir la réalité du métier sans être uniquement considéré comme une ressource supplémentaire pour produire des heures de conduite.
La qualité de l’accueil, du tutorat et du suivi pendant la formation peut influencer la perception du métier et la décision de poursuivre dans la profession après l’obtention du titre.
Former plus ne résoudra pas les problèmes d’attractivité
Même une hausse importante du nombre de titulaires ne permettra pas de pourvoir durablement les postes si les conditions proposées ne répondent pas aux attentes des professionnels.
Le secteur compte 17,3 % de salariés à temps partiel, soit deux fois plus que l’ensemble des services de l’automobile. Les besoins de formation se concentrent souvent en fin de journée, le mercredi et le samedi, lorsque les élèves sont disponibles.
Cette organisation peut entraîner des journées longues, des coupures entre deux leçons et des plannings difficiles à concilier avec la vie personnelle. La question ne porte donc pas seulement sur le nombre d’heures prévu au contrat, mais sur leur répartition effective.
La rémunération constitue évidemment un élément de l’attractivité, mais elle n’est pas le seul. La prévisibilité des horaires, la qualité des véhicules, la distance entre les lieux de rendez-vous, la charge administrative et la relation avec le gérant peuvent peser fortement dans la décision de rester au sein d’un établissement.
La progression de la microentreprise montre également qu’une partie des enseignants recherche une autre organisation du travail. Certains professionnels choisissent l’indépendance pour gagner en autonomie, sélectionner leurs collaborations ou organiser plus librement leur emploi du temps.
Si le salariat ne répond pas suffisamment à ces aspirations, l’augmentation du nombre de personnes formées pourra aussi alimenter le travail indépendant sans réduire dans les mêmes proportions les postes vacants proposés par les auto-écoles.
Mieux accompagner les premières années d’exercice
L’entrée dans le métier constitue une période décisive. Le nouveau titulaire doit passer d’un cadre de formation encadré à la gestion quotidienne d’élèves aux profils très différents, parfois pendant plusieurs heures consécutives.
Il peut se retrouver rapidement confronté aux annulations, aux retards, au stress des candidats, aux attentes des familles et aux difficultés provoquées par le manque de places d’examen. Sans accompagnement, l’écart entre la formation et la réalité peut être difficile à absorber.
Les établissements ont donc un rôle à jouer au-delà du recrutement. Un tutorat interne, des temps d’échange pédagogique, une montée en charge progressive et des retours réguliers peuvent sécuriser les premiers mois d’exercice.
Il est également important de rendre visibles les possibilités d’évolution. L’enseignement du permis B ne constitue pas l’unique perspective. Un professionnel peut se spécialiser dans le deux-roues ou le groupe lourd, intervenir dans la prévention du risque routier, devenir coordinateur pédagogique, former de futurs enseignants ou évoluer vers la gestion d’une école de conduite.
Ces perspectives peuvent renforcer l’attractivité du métier et éviter que certains professionnels ne le perçoivent comme une activité sans progression possible.
Mesurer l’insertion et la fidélisation des nouveaux titulaires
Pour piloter efficacement la politique de formation, le secteur aurait besoin de suivre plus précisément le parcours des titulaires du TP ECSR.
Combien exercent comme enseignants six mois après leur certification ? Combien sont encore dans le métier deux ou cinq ans plus tard ? Quelle proportion choisit le salariat, la microentreprise ou une autre activité ? Dans quels territoires les nouveaux professionnels trouvent-ils un emploi ? Pour quelles raisons certains quittent-ils rapidement la profession ?
Ces indicateurs permettraient de distinguer plusieurs situations. Si la majorité des certifiés entre durablement dans le métier, il faudra probablement augmenter les capacités de formation. Si une part importante n’exerce jamais ou abandonne rapidement, la priorité devra porter sur l’orientation, la qualité des parcours et les conditions d’emploi.
Sans ces données, le nombre de personnes certifiées reste un indicateur incomplet. Il mesure la capacité du système à délivrer un titre, mais pas sa capacité à répondre durablement aux besoins des auto-écoles.
Former davantage, mais surtout mieux retenir
Face aux 1 950 postes non pourvus, augmenter le nombre d’enseignants formés est indispensable. Le vieillissement des effectifs et la progression de la demande rendent même cet effort urgent.
Mais la pénurie ne pourra pas être résolue par la seule ouverture de nouvelles sessions de TP ECSR. Il faut aussi mieux répartir l’offre de formation, sécuriser son financement, renforcer la qualité des stages et accompagner les nouveaux titulaires pendant leurs premières années.
Surtout, les établissements doivent être capables de transformer les personnes certifiées en professionnels qui choisissent de rester. Cela implique des conditions de travail attractives, des plannings soutenables, une reconnaissance de l’expertise pédagogique et de véritables perspectives d’évolution.
Le secteur ne manque pas uniquement de diplômés. Il manque de nouveaux entrants durablement installés et d’enseignants suffisamment satisfaits de leurs conditions d’exercice pour ne pas changer d’établissement, quitter le salariat ou abandonner la profession.
Former davantage constitue donc une partie de la solution. La véritable réussite se mesurera au nombre d’enseignants toujours en activité plusieurs années après leur certification.
Source : ANFA, Autofocus n°124, « Enseignement de la conduite », juillet 2026. Les données relatives au TP ECSR proviennent du ministère du Travail. Les données sur les recrutements et les postes non pourvus sont issues de l’enquête ANFA sur les recrutements réalisés en 2024.
Les écoles de conduite ont recruté 3 420 enseignants en 2024. Pourtant, près de 1 950 postes sont restés vacants, soit 36 % des intentions d’embauche. Derrière ce paradoxe se cachent le vieillissement des salariés, le faible nombre de nouveaux entrants, une forte circulation des enseignants entre établissements et la progression du travail indépendant. Le dernier rapport de l’ANFA montre que la pénurie ne pourra pas être résolue en formant davantage de professionnels sans agir également sur leurs conditions d’exercice et leur fidélisation.
Plus de 4 000 recrutements en une seule année
Le secteur de l’enseignement de la conduite continue de recruter massivement. Selon l’enquête de l’ANFA, 4 140 recrutements ont été réalisés en 2024, hors alternance. Parmi eux, 3 420 concernaient directement des enseignants de la conduite.
Ces chiffres confirment le dynamisme d’un secteur qui compte désormais près de 28 800 salariés. Après avoir reculé jusqu’en 2019, l’emploi salarié est reparti à la hausse. Entre 2020 et 2025, les effectifs ont progressé de 13 % pour retrouver leur plus haut niveau.
Cette reprise a notamment été portée par l’augmentation de la demande de formation. L’abaissement de l’âge minimal pour passer le permis B, l’afflux de candidats au permis moto après son ouverture au CPF et le rattrapage de l’activité après la crise sanitaire ont accru les besoins des établissements.
Pour absorber cette demande, les auto-écoles ont dû augmenter leur capacité de formation. Dans un secteur où la production repose principalement sur la disponibilité des enseignants et des véhicules, cette progression passe nécessairement par de nouveaux recrutements ou par le recours à des professionnels indépendants.
Avec 3 420 enseignants embauchés en une année, la profession pourrait donner l’impression d’avoir réussi à répondre à ses besoins. Les données de l’ANFA montrent pourtant une réalité très différente.
Près de 1 950 postes d’enseignants non pourvus
En 2024, environ 1 950 postes d’enseignants de la conduite n’ont pas trouvé preneur. Ces postes non pourvus représentent 36 % des intentions d’embauche recensées par l’ANFA.
Autrement dit, plus d’un projet de recrutement sur trois n’a pas abouti. Le nombre de postes vacants a même légèrement augmenté par rapport aux précédentes observations, alors que les établissements déclarent rencontrer moins de difficultés lorsqu’ils parviennent effectivement à embaucher.
La part des recrutements considérés comme difficiles ou assez difficiles est ainsi passée de 43 % en 2022 à 30 % en 2024. Cette amélioration apparente ne signifie donc pas que la pénurie est résolue.
Les deux indicateurs ne mesurent pas exactement la même chose. Le taux de difficulté porte sur les recrutements finalement réalisés, tandis que les 1 950 postes non pourvus correspondent à des projets n’ayant pas abouti. Une école peut donc estimer qu’une embauche réalisée s’est déroulée sans difficulté majeure tout en conservant un ou plusieurs postes vacants.
La baisse des difficultés déclarées peut également traduire une adaptation progressive des employeurs. Certains ont pu réduire leurs exigences, élargir leur zone de recherche, revoir l’organisation des plannings ou accepter de recruter des professionnels nécessitant davantage d’accompagnement. D’autres ont pu renoncer au salariat et faire appel à un enseignant indépendant.
Le constat central demeure néanmoins inchangé : les auto-écoles cherchent davantage d’enseignants qu’elles ne parviennent à en recruter.
Peu de nouveaux entrants dans le secteur
L’une des explications se trouve dans le profil des personnes embauchées. Parmi les recrues de 2024, seulement 8 % n’avaient jamais travaillé avant leur recrutement. Le métier est rarement exercé dès le début de la vie professionnelle. Il est fréquemment rejoint après une première carrière, dans le cadre d’une reconversion.
Plus significatif encore, 76 % des personnes recrutées avaient déjà travaillé dans le secteur de l’enseignement de la conduite. La majorité des embauches ne correspond donc pas nécessairement à l’arrivée de nouveaux enseignants sur le marché du travail.
Une partie importante des recrutements résulte vraisemblablement de mouvements entre établissements. Un enseignant quitte une auto-école pour rejoindre un concurrent, changer de région, bénéficier d’un meilleur planning ou se rapprocher de son domicile. Le nouvel employeur a bien réalisé un recrutement, mais le départ peut créer simultanément un poste vacant dans l’établissement précédent.
Ce phénomène explique pourquoi un nombre élevé d’embauches peut coexister avec une pénurie persistante. Le secteur recrute beaucoup, mais une partie de ces recrutements consiste à déplacer des professionnels déjà en activité plutôt qu’à augmenter le nombre total d’enseignants disponibles.
La concurrence entre auto-écoles ne porte donc pas seulement sur les élèves et les places d’examen. Elle concerne aussi les enseignants. Dans les territoires où les professionnels sont particulièrement rares, la capacité à proposer un poste attractif devient un enjeu économique majeur.
Les départs en fin de carrière vont accroître les besoins
La pyramide des âges constitue un autre facteur de tension. Les salariés du secteur ont en moyenne 42,1 ans, contre 36,7 ans dans l’ensemble des services de l’automobile. Surtout, 17,9 % d’entre eux ont 55 ans ou plus, contre 13,1 % dans le reste de la branche.
Cette différence s’explique en partie par les conditions d’accès à la profession et par le poids des reconversions. Le métier d’enseignant de la conduite ne peut pas être exercé avant l’âge de 20 ans. De nombreux professionnels le rejoignent également après plusieurs années passées dans un autre secteur.
Une population plus âgée implique mécaniquement davantage de départs en fin de carrière au cours des prochaines années. Les auto-écoles devront ainsi recruter pour accompagner la croissance de leur activité, mais aussi pour remplacer les enseignants qui partiront à la retraite.
La situation risque donc de rester tendue même si le nombre de candidats formés se maintient. Pour stabiliser les effectifs, les nouveaux entrants devront être suffisamment nombreux pour compenser les départs définitifs, les changements de métier et les passages du salariat à l’indépendance.
Cette question concerne particulièrement les petites structures. Le départ d’un enseignant peut représenter une part importante de leur capacité de formation et provoquer immédiatement une baisse du nombre d’heures disponibles. Tant que le poste n’est pas remplacé, l’établissement peut être contraint de refuser de nouvelles inscriptions ou d’allonger les délais proposés à ses élèves.
La progression de l’indépendance transforme le marché du travail
La pénurie de salariés ne signifie pas nécessairement que tous les enseignants ont quitté la profession. Une partie d’entre eux peut avoir choisi de poursuivre son activité sous un statut indépendant.
Le nombre de microentreprises dans le secteur a progressé de 33 % entre 2021 et 2023 pour atteindre près de 3 600 structures. Elles représentent désormais 30 % des entreprises de l’enseignement de la conduite, et jusqu’à 41 % en Île-de-France.
Le rapport de l’ANFA ne permet pas de déterminer quelle proportion de ces microentreprises correspond précisément à des enseignants indépendants. Cette forte progression montre toutefois que le travail non salarié occupe une place croissante dans l’organisation du secteur.
Pour certains enseignants, l’indépendance peut offrir davantage de liberté dans le choix des horaires, des établissements partenaires et du volume d’activité. Elle peut aussi permettre de négocier différemment la valeur de chaque heure de travail.
Pour les auto-écoles, le recours à des indépendants apporte de la souplesse. Il permet d’augmenter temporairement la capacité de formation sans créer immédiatement un poste permanent. Cette solution peut être utile pour répondre à un pic d’activité, remplacer un salarié absent ou assurer certaines formations spécialisées.
Mais elle réduit également le vivier de candidats susceptibles d’accepter un contrat salarié. Les auto-écoles doivent alors convaincre des professionnels qui peuvent arbitrer entre plusieurs établissements, cumuler les collaborations ou préférer organiser eux-mêmes leur activité.
La progression de l’indépendance ne fait donc pas disparaître les enseignants. Elle modifie la nature de la relation de travail et rend le recrutement salarié plus concurrentiel.
Des conditions d’exercice particulièrement contraignantes
Le rapport de l’ANFA identifie le manque de candidats et les besoins de renouvellement comme des causes majeures des tensions. Il apporte en revanche peu d’informations sur les raisons qui conduisent certains enseignants à refuser une offre, à changer d’établissement ou à quitter le salariat.
Les conditions concrètes d’exercice méritent pourtant d’être examinées. Le métier est organisé autour des disponibilités des élèves, souvent lycéens, étudiants ou salariés. Les leçons se concentrent fréquemment en fin de journée, le mercredi et le samedi.
Cette demande peut entraîner des amplitudes de travail importantes et des journées entrecoupées de périodes sans leçon. Une annulation tardive, un déplacement ou un intervalle mal optimisé entre deux élèves peut affecter à la fois l’organisation de l’établissement et le quotidien de l’enseignant.
Le secteur compte ainsi 17,3 % de salariés à temps partiel, contre 8,7 % dans l’ensemble des services de l’automobile. Cette proportion atteint 23 % chez les femmes et 12,1 % chez les hommes.
La dimension relationnelle peut également peser sur les conditions de travail. Les enseignants accompagnent des candidats stressés, parfois en difficulté ou confrontés à plusieurs échecs. Ils doivent assurer la sécurité du véhicule tout en observant, expliquant, corrigeant et encourageant l’élève.
La pénurie de places d’examen ajoute une pression supplémentaire. L’allongement des délais oblige les écoles à organiser des leçons de maintien de niveau et à répondre au mécontentement des candidats. Les enseignants peuvent se retrouver en première ligne face à des élèves qui ne comprennent pas pourquoi aucune date d’examen ne leur est proposée.
Dans les petites structures, ils peuvent aussi participer à l’accueil, à la gestion des plannings ou au suivi administratif. Ces missions réduisent le temps consacré à la pédagogie et peuvent accentuer la charge mentale.
Le salaire ne suffit pas à expliquer la pénurie
La rémunération constitue naturellement un élément central dans la décision d’accepter ou de conserver un poste. Elle doit être appréciée au regard du niveau de responsabilité, des horaires, de l’amplitude des journées et du coût de la vie dans le territoire concerné.
Le rapport de l’ANFA ne fournit toutefois pas de données détaillées sur les salaires effectivement proposés aux enseignants. Il ne permet donc pas de mesurer directement l’impact de la rémunération sur les difficultés de recrutement.
L’attractivité d’un poste ne se résume pas au montant figurant sur la fiche de paie. La régularité du planning, le nombre de coupures, la distance entre les différents points de rendez-vous, la qualité des véhicules, l’ambiance de l’équipe et la relation avec le gérant peuvent être tout aussi déterminants.
Les perspectives professionnelles jouent également un rôle. Un enseignant peut souhaiter se spécialiser dans la formation moto ou poids lourd, participer à des actions de prévention, évoluer vers la coordination pédagogique ou préparer la création de sa propre école de conduite.
Un établissement qui propose un parcours d’évolution clairement identifié peut donc se différencier d’un concurrent offrant uniquement une succession d’heures de conduite.
Recruter ne suffit plus : il faut fidéliser
Les chiffres de l’ANFA montrent que les auto-écoles réalisent déjà un nombre important d’embauches. Le problème tient autant à la disponibilité de nouveaux candidats qu’à la capacité du secteur à conserver durablement ses professionnels.
La fidélisation commence par l’organisation du travail. Un planning communiqué suffisamment tôt, des temps de pause cohérents, une limitation des coupures et une répartition équitable des leçons difficiles peuvent améliorer sensiblement le quotidien des enseignants.
La reconnaissance professionnelle est un autre levier. Des échanges réguliers sur les pratiques pédagogiques, la possibilité de suivre des formations et la participation aux décisions de l’établissement permettent de valoriser l’expertise des salariés.
La diversification des missions peut aussi réduire la monotonie. Un enseignant peut intervenir sur le code, la prévention du risque routier, l’éco-conduite, le suivi pédagogique ou l’accompagnement de nouveaux collègues. Lorsque l’établissement le permet, ces activités ouvrent des perspectives au-delà de l’enchaînement des leçons individuelles.
Enfin, la qualité de la relation managériale reste déterminante. Dans un secteur composé majoritairement de petites entreprises, les relations entre le gérant et ses enseignants ont un impact direct sur l’ambiance de travail et sur la volonté de rester dans l’établissement.
Former davantage, mais surtout rendre le métier plus attractif
Augmenter le nombre de personnes formées au TP ECSR apparaît comme une réponse nécessaire à la pénurie. En 2024, 2 615 candidats ont obtenu ce titre professionnel. Ce volume reste important, mais il doit être mis en perspective avec les 3 420 recrutements réalisés, les 1 950 postes non pourvus et les futurs départs en fin de carrière.
Former davantage ne résoudra cependant pas tout. Encore faut-il que les titulaires du TP ECSR entrent effectivement dans le métier, trouvent un poste dans leur territoire et choisissent d’y rester suffisamment longtemps.
La pénurie d’enseignants ne peut donc pas être analysée comme un simple manque de diplômés. Elle résulte de plusieurs phénomènes simultanés : croissance de la demande, vieillissement des effectifs, circulation importante des salariés entre établissements, progression de l’indépendance et attractivité inégale des conditions proposées.
Pour les auto-écoles, l’enjeu n’est plus seulement de publier une offre d’emploi et d’attendre des candidatures. Elles doivent désormais travailler leur attractivité comme elles travaillent leur relation avec les élèves : expliquer ce qu’elles proposent, se différencier, offrir de la visibilité et construire une relation durable.
Avec près de 2 000 postes d’enseignants toujours vacants, le secteur dispose d’un potentiel d’emploi considérable. Mais il ne pourra répondre durablement à ses besoins qu’en faisant du recrutement et de la fidélisation des enseignants une priorité stratégique.
Source : ANFA, Autofocus n°124, « Enseignement de la conduite », juillet 2026. Les données relatives aux embauches et aux postes non pourvus sont issues de l’enquête ANFA sur les recrutements réalisés en 2024. Elles portent sur les recrutements hors alternance.
Près de 17 000 enseignants de la conduite exercent comme salariés en France. Souvent rejoint après une première expérience professionnelle, le métier se caractérise par une moyenne d’âge relativement élevée, une féminisation importante et un recours au temps partiel deux fois supérieur à celui observé dans l’ensemble des services de l’automobile. Le dernier rapport de l’ANFA dresse le portrait d’une profession en pleine évolution, confrontée au vieillissement de ses effectifs et à une profonde transformation de ses missions.
Près de 17 000 enseignants de la conduite salariés
Selon les données de l’INSEE reprises dans le dernier rapport de l’ANFA, près de 17 000 enseignants de la conduite exerçaient leur activité comme salariés en 2023. Ils constituent ainsi la principale catégorie professionnelle d’un secteur qui rassemble au total près de 28 800 salariés.
À ces enseignants salariés s’ajoutent les professionnels indépendants, dont le nombre progresse avec le développement de la microentreprise. Le rapport ne permet toutefois pas de connaître précisément le nombre total d’enseignants indépendants en activité.
Le métier reste encore couramment désigné sous le terme de « moniteur d’auto-école ». Son appellation officielle est pourtant celle d’enseignant de la conduite et de la sécurité routière. Cette dénomination reflète mieux l’étendue de ses responsabilités, qui ne se limitent pas à accompagner des candidats pendant leurs leçons de conduite.
L’enseignant peut dispenser des cours théoriques, individuellement ou collectivement, préparer les élèves aux différentes catégories du permis, intervenir sur un simulateur et mener des actions de sensibilisation à la sécurité routière. Il peut également se spécialiser dans l’enseignement de la conduite des deux-roues ou des véhicules du groupe lourd.
Dans les petites structures, ses missions s’étendent parfois à l’accueil des élèves, à la gestion des plannings et à diverses tâches administratives. Le métier se situe ainsi au croisement de la pédagogie, de la sécurité routière, de la relation clientèle et, dans certains cas, de la gestion quotidienne de l’école de conduite.
Une profession largement féminisée
Le secteur de l’enseignement de la conduite se distingue par une présence féminine importante. Les femmes représentent 46 % de l’ensemble de ses emplois salariés. Cette proportion inclut les fonctions administratives, mais aussi les postes d’enseignante et de direction.
Cette féminisation contraste avec la situation observée dans de nombreux autres métiers des services de l’automobile, encore très majoritairement masculins. L’enseignement de la conduite apparaît ainsi comme l’un des domaines les plus mixtes de la branche.
Le rapport de l’ANFA ne fournit cependant pas la répartition exacte entre les femmes et les hommes pour le seul métier d’enseignant. Le chiffre de 46 % porte sur l’ensemble des salariés des écoles de conduite : enseignants, personnels administratifs, auxiliaires de gestion, responsables d’établissement et formateurs.
Les femmes occupent néanmoins une place visible dans l’enseignement pratique et dans la gestion des établissements. Cette évolution contribue à faire progressivement disparaître l’image historique d’une profession essentiellement masculine.
La mixité constitue également un enjeu pour l’accueil des élèves. Certains candidats peuvent se sentir plus à l’aise avec une enseignante ou, au contraire, avec un enseignant. Pour les écoles de conduite, disposer d’une équipe diversifiée peut faciliter l’adaptation aux attentes, aux sensibilités et aux profils très variés des apprenants.
Des salariés plus âgés que dans le reste de la branche
Les salariés du secteur de l’enseignement de la conduite ont en moyenne 42,1 ans. C’est près de cinq ans et demi de plus que dans l’ensemble de la branche des services de l’automobile, où la moyenne s’établit à 36,7 ans.
Cette différence s’explique d’abord par les conditions d’accès au métier. Pour obtenir une autorisation d’enseigner la conduite, il faut notamment être âgé d’au moins 20 ans. Contrairement à d’autres professions de l’automobile, l’enseignement de la conduite n’est donc pas accessible immédiatement après la sortie du collège ou dans le cadre d’un apprentissage commencé à 16 ans.
L’âge moyen relativement élevé tient également au profil des personnes qui rejoignent la profession. L’enseignement de la conduite est fréquemment choisi après une première carrière. De nombreux futurs enseignants ont déjà exercé un ou plusieurs métiers avant d’entamer une formation au titre professionnel d’enseignant de la conduite et de la sécurité routière, le TP ECSR.
Cette diversité de parcours peut constituer une richesse. Les personnes en reconversion arrivent avec une expérience du monde du travail, de la relation clientèle, du transport, de l’animation, de la formation ou encore de la gestion des situations difficiles. Ces compétences peuvent être directement mobilisées face aux élèves.
Mais cette pyramide des âges pose aussi la question du renouvellement de la profession. Les salariés âgés de 55 ans et plus représentent 17,9 % des effectifs du secteur, contre 13,1 % dans l’ensemble des services de l’automobile. Une part importante des enseignants et des autres salariés des auto-écoles devrait donc partir à la retraite au cours des prochaines années.
Un métier principalement rejoint après une reconversion
Les données relatives aux recrutements confirment le poids des reconversions professionnelles. Parmi les personnes recrutées dans le secteur en 2024, seulement 8 % n’avaient jamais travaillé avant leur embauche.
La très grande majorité possédait donc déjà une expérience professionnelle. Plus encore, 76 % des personnes recrutées avaient déjà travaillé dans le secteur de l’enseignement de la conduite. Une part importante des embauches correspond ainsi à des professionnels changeant d’établissement plutôt qu’à de nouveaux entrants venant renforcer durablement les effectifs disponibles.
Cette situation aide à comprendre pourquoi les écoles de conduite peuvent réaliser de nombreux recrutements sans parvenir à faire disparaître la pénurie. Lorsqu’un enseignant quitte une auto-école pour rejoindre un autre établissement, le recrutement résout le besoin du nouvel employeur, mais crée potentiellement un poste vacant chez le précédent.
En 2024, les écoles de conduite ont recruté 3 420 enseignants, hors alternance. Malgré ce volume important, 1 950 postes d’enseignants sont restés non pourvus. Le vieillissement des effectifs et le nombre limité de véritables nouveaux entrants alimentent donc une concurrence persistante entre les établissements.
Le métier continue pourtant d’attirer des candidats en reconversion. Il offre la possibilité d’exercer une activité fondée sur la transmission, le contact humain et l’accompagnement vers l’autonomie. Pour certains professionnels, il représente également une première étape avant une spécialisation moto ou poids lourd, une fonction de coordination pédagogique, la formation d’enseignants ou la création de leur propre école de conduite.
Le temps partiel deux fois plus fréquent dans les auto-écoles
Le secteur se caractérise également par une proportion élevée de salariés à temps partiel. Ils représentent 17,3 % des effectifs, soit presque deux fois plus que dans l’ensemble de la branche des services de l’automobile, où cette proportion est de 8,7 %.
Cette organisation du travail est en partie liée aux horaires des élèves. Une grande partie de la clientèle est constituée de lycéens, d’étudiants ou de salariés qui souhaitent prendre leurs leçons en fin de journée, le mercredi ou le samedi. Les besoins des écoles de conduite se concentrent donc parfois sur des plages horaires spécifiques.
Le recours au temps partiel est particulièrement marqué chez les femmes. Selon les données d’IRP Auto pour 2024, 23 % des salariées du secteur travaillent à temps partiel, contre 12,1 % des hommes.
Le rapport ne permet pas de déterminer quelle part de ces emplois à temps partiel relève d’un choix personnel et quelle part résulte des conditions proposées par les employeurs. La distinction est pourtant essentielle. Un temps partiel peut répondre à un besoin d’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle, mais il peut aussi être subi lorsqu’un établissement ne peut pas garantir suffisamment d’heures de travail.
Le nombre d’heures prévu au contrat ne dit pas non plus tout des conditions d’exercice. L’amplitude de la journée, les coupures entre deux leçons, les annulations tardives, les déplacements et le travail du samedi peuvent fortement influer sur la qualité de vie professionnelle.
Pour les gérants, l’organisation des plannings constitue donc un levier majeur d’attractivité et de fidélisation. Des horaires plus prévisibles, une limitation des temps morts et une meilleure prise en compte des contraintes personnelles peuvent parfois peser autant que la rémunération dans la décision d’accepter ou de conserver un poste.
Des compétences pédagogiques en constante évolution
Le cœur du métier reste l’apprentissage de la conduite et l’accompagnement des candidats vers des comportements sûrs. Mais les compétences attendues des enseignants évoluent avec les élèves, les véhicules et la réglementation.
L’ANFA souligne notamment la nécessité d’adapter les méthodes pédagogiques aux comportements de certains jeunes apprenants. Les enseignants peuvent être confrontés à des difficultés de concentration, à un manque de confiance, à une forte anxiété ou à des problèmes relationnels. Ils doivent alors ajuster leur communication et leur pédagogie sans perdre de vue les exigences de sécurité.
L’enseignant ne transmet pas seulement une succession de gestes techniques. Il doit observer le comportement de l’élève, identifier les causes de ses erreurs et choisir les exercices permettant de favoriser sa progression. La dimension psychologique et relationnelle occupe donc une place essentielle dans son activité.
Les évolutions technologiques transforment également les contenus de formation. Les véhicules récents sont équipés de systèmes d’aide à la conduite et au stationnement de plus en plus nombreux : freinage automatique, maintien dans la voie, régulateur adaptatif, caméra de recul ou détection des angles morts. L’enseignant doit connaître leur fonctionnement, mais aussi apprendre aux élèves à ne pas devenir dépendants de ces dispositifs.
L’électrification du parc impose de nouvelles connaissances. Les différences de comportement entre véhicules thermiques, hybrides et électriques, la récupération d’énergie, l’autonomie ou encore les règles de sécurité doivent progressivement être intégrées aux pratiques pédagogiques.
Les simulateurs et les outils numériques occupent eux aussi une place croissante. Ils peuvent compléter la formation pratique, préparer l’élève à certaines situations et faciliter l’apprentissage théorique. Leur utilisation nécessite toutefois un accompagnement humain et une articulation cohérente avec les leçons en circulation.
Des missions qui dépassent largement la préparation au permis B
Les perspectives professionnelles ne se limitent pas à l’enseignement de la conduite automobile. Après l’obtention du TP ECSR, un enseignant peut compléter sa qualification avec un certificat de spécialisation pour les deux-roues ou le groupe lourd.
Il peut aussi intervenir dans le cadre d’actions de sensibilisation à la sécurité routière, de formations pré et post-permis, de séances de perfectionnement ou de prestations d’éco-conduite. Ces activités permettent aux écoles de diversifier leurs revenus et aux enseignants de varier leurs missions.
Les entreprises, les collectivités, les établissements scolaires et les organismes de formation peuvent constituer autant de nouveaux publics. Les besoins ne portent alors plus uniquement sur l’obtention d’un permis, mais sur la prévention du risque routier, la réduction de la consommation énergétique ou l’adoption de comportements plus sûrs.
Dans les établissements dont la taille le permet, l’enseignant peut également évoluer vers une fonction de coordination. Il participe alors à l’organisation de l’activité pédagogique, au suivi des autres enseignants et à l’harmonisation des méthodes de formation.
D’autres parcours conduisent à la gestion d’une école de conduite ou à la formation des futurs enseignants. Ces possibilités d’évolution restent cependant encore insuffisamment connues des candidats qui entrent dans la profession.
Une profession confrontée au défi du renouvellement
Le portrait dressé par l’ANFA est celui d’une profession expérimentée, relativement féminisée et très largement alimentée par les reconversions. Ces caractéristiques constituent une force pour un métier dans lequel la maturité, la patience et la capacité à s’adapter aux autres sont déterminantes.
Elles révèlent également une fragilité. Avec une moyenne d’âge de 42,1 ans dans le secteur et près d’un salarié sur cinq âgé de 55 ans ou plus, les départs en fin de carrière vont accroître les besoins de recrutement. Or, la majorité des embauches concerne actuellement des personnes ayant déjà travaillé dans l’enseignement de la conduite.
Le principal enjeu n’est donc pas seulement de recruter davantage, mais d’attirer de nouveaux profils et de leur donner envie de rester dans le métier. Cela suppose de mieux faire connaître les missions de l’enseignant, ses possibilités d’évolution et la dimension humaine de son travail. Cela nécessite aussi de répondre aux difficultés très concrètes liées aux horaires, aux rémunérations, à l’organisation des plannings et à la charge mentale.
Le terme de « moniteur d’auto-école » ne suffit finalement plus à décrire une profession devenue beaucoup plus complète. L’enseignant de la conduite est à la fois pédagogue, accompagnateur, spécialiste de la sécurité routière et interlocuteur privilégié de candidats aux profils très différents. À l’heure où près de 2 000 postes restent à pourvoir, la reconnaissance de cette réalité sera l’une des conditions du renouvellement de la profession.
Source : ANFA, Autofocus n°124, « Enseignement de la conduite », juillet 2026. Les données mobilisées dans le rapport proviennent notamment de l’INSEE, de l’Urssaf, d’IRP Auto et de l’enquête ANFA sur les recrutements réalisés en 2024. La moyenne d’âge de 42,1 ans et la proportion de 46 % de femmes portent sur l’ensemble des salariés du secteur, et non exclusivement sur les enseignants de la conduite.
Le secteur de l’enseignement de la conduite retrouve des couleurs sur le front de l’emploi. Il compte désormais près de 28 800 salariés, soit 13 % de plus qu’en 2020. Mais derrière cette progression se dessine une transformation profonde du paysage : les entreprises sans salarié et les microentreprises se multiplient, tandis que le nombre d’établissements employeurs et d’écoles de conduite agréées diminue. Le dernier rapport de l’ANFA révèle ainsi un secteur plus dynamique, mais aussi plus fragmenté.
Un secteur de 12 000 entreprises et 28 800 salariés
Avec environ 12 000 entreprises recensées en 2023, le secteur de l’enseignement de la conduite conserve un poids économique important. Ces entreprises regroupent aussi bien les auto-écoles traditionnelles que les structures spécialisées dans les permis moto ou poids lourd, la formation professionnelle, la sensibilisation à la sécurité routière ou encore la formation des futurs enseignants de la conduite.
Sur le plan de l’emploi, la tendance est de nouveau favorable. Après une période de baisse observée jusqu’en 2019, les effectifs salariés ont recommencé à progresser. Selon les données de l’Urssaf reprises par l’ANFA, le secteur comptait précisément 28 807 salariés en 2025.
L’emploi salarié a ainsi augmenté de 13 % depuis 2020 et retrouvé son plus haut niveau. Cette progression s’explique notamment par le dynamisme de la demande de formation au permis de conduire. L’abaissement de l’âge du permis B à 17 ans, l’ouverture temporairement très large du CPF au permis moto et la croissance démographique des classes d’âge concernées ont contribué à alimenter l’activité des écoles de conduite.
Entre 2020 et 2024, le nombre de nouveaux candidats inscrits aux différentes catégories du permis a augmenté de 28 %. Pour le seul groupe moto, l’année 2024 a été marquée par une hausse de 41 % des inscriptions, soit 66 680 candidats supplémentaires par rapport à l’année précédente.
Cette reprise de l’emploi ne doit toutefois pas masquer une évolution plus structurelle. Le secteur compte davantage d’entreprises, mais celles-ci sont de plus en plus nombreuses à fonctionner sans aucun salarié.
Davantage d’entreprises, mais moins d’écoles employeuses
Entre 2020 et 2023, le nombre d’entreprises du secteur de l’enseignement de la conduite a progressé de 12 %. À première vue, ce chiffre pourrait être interprété comme le signe d’une multiplication des auto-écoles et d’un développement du maillage territorial.
La réalité est plus nuancée. Dans le même temps, la part des entreprises ne comptant aucun salarié est passée de 45 % à 52 %. Autrement dit, plus d’une entreprise du secteur sur deux fonctionne aujourd’hui sans personnel salarié.
Parallèlement, le nombre d’établissements employeurs recule. D’après l’ANFA, il a diminué de 9 % par rapport à 2018. La progression du nombre total d’entreprises ne correspond donc pas à une augmentation équivalente du nombre de structures recrutant des enseignants, des secrétaires ou des responsables pédagogiques.
Cette évolution traduit une fragmentation progressive du secteur. D’un côté, des écoles de conduite continuent de se développer, de recruter et parfois d’exploiter plusieurs agences. De l’autre, un nombre croissant de professionnels exerce seul, sous la forme d’une entreprise individuelle ou d’une microentreprise.
Le paysage économique ne se résume donc plus au modèle historique de l’auto-école indépendante disposant d’un local, de plusieurs véhicules et d’une petite équipe salariée. Il comprend désormais une grande diversité de structures : réseaux multi-agences, établissements de proximité, plateformes, associations, organismes de formation et enseignants indépendants travaillant pour un ou plusieurs donneurs d’ordre.
Près de 3 600 microentreprises dans le secteur
La progression de la microentreprise constitue l’une des transformations les plus marquantes relevées par l’ANFA. Entre 2021 et 2023, le nombre de microentreprises a augmenté de 33 % pour atteindre près de 3 600 structures.
En 2023, elles représentaient ainsi 30 % des entreprises du secteur de l’enseignement de la conduite. Cette proportion est particulièrement élevée en Île-de-France, où 41 % des entreprises sont des microentreprises, soit onze points de plus que la moyenne nationale.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce développement. Certains enseignants recherchent davantage d’autonomie dans l’organisation de leur emploi du temps ou dans le choix de leurs collaborations. Le statut de microentrepreneur constitue également une voie d’accès relativement simple à l’activité indépendante, avec des formalités administratives et comptables allégées.
Du côté des écoles de conduite et des plateformes, le recours à des professionnels indépendants peut offrir davantage de souplesse pour adapter les capacités de formation aux variations de la demande. Il permet notamment de répondre à des besoins ponctuels sans supporter immédiatement les contraintes liées à la création d’un poste salarié permanent.
Cette organisation soulève cependant plusieurs questions. La progression de l’indépendance reflète-t-elle principalement une aspiration des enseignants à davantage de liberté ou une difficulté des auto-écoles à recruter et à conserver des salariés ? Les conditions économiques permettent-elles aux indépendants de financer leurs périodes d’inactivité, leur protection sociale, leurs congés et leurs frais professionnels ? Quelle autonomie conservent-ils lorsqu’ils travaillent presque exclusivement pour une seule école ou une seule plateforme ?
Le rapport de l’ANFA constate la progression du phénomène sans répondre entièrement à ces interrogations. Il montre néanmoins que le développement de la microentreprise contribue directement au décalage entre la hausse du nombre d’entreprises et la diminution du nombre d’établissements employeurs.
Moins de 11 300 écoles de conduite agréées
Un autre indicateur confirme la recomposition du secteur : le nombre d’agréments préfectoraux diminue. Chaque établissement d’enseignement de la conduite doit disposer d’un agrément pour pouvoir exercer son activité. Or, entre décembre 2020 et décembre 2025, le nombre d’écoles de conduite agréées a reculé de 9 %.
À la fin de l’année 2025, la France comptait ainsi un peu moins de 11 300 établissements agréés, parmi lesquels 303 écoles de conduite associatives.
Cette baisse ne signifie pas nécessairement que l’offre de formation diminue dans les mêmes proportions. Une entreprise peut exploiter plusieurs établissements, tandis qu’un enseignant indépendant peut exercer son activité sans diriger lui-même une école de conduite. Les réseaux et les structures multi-agences peuvent également concentrer une part croissante de l’activité.
Ces données suggèrent néanmoins une érosion du modèle de l’auto-école physique indépendante. Certaines structures disparaissent, sont reprises par des concurrents ou intégrées à des groupes plus importants. D’autres entreprises se créent sans ouvrir de nouvel établissement accueillant directement du public.
Cette contraction intervient alors même que la demande reste soutenue. Le nombre de candidats au permis progresse, tandis que les délais d’attente pour obtenir une place d’examen restent très élevés dans de nombreux départements. Les auto-écoles doivent donc absorber davantage de demandes dans un environnement marqué par la baisse du nombre d’établissements, les difficultés de recrutement et les restrictions apportées au financement du permis par le CPF.
Un nouveau modèle d’organisation du travail
Les chiffres publiés par l’ANFA révèlent finalement une double évolution. Le secteur crée de nouveau des emplois salariés, mais son tissu économique devient simultanément plus éclaté. Les grandes structures et les réseaux peuvent développer leurs effectifs, tandis qu’une part croissante des professionnels choisit ou accepte d’exercer seule.
Pour les gérants, cette évolution modifie profondément la manière d’organiser l’activité. Le recrutement d’un enseignant en CDI n’est plus l’unique solution pour augmenter le nombre d’heures de conduite disponibles. Certaines écoles combinent désormais une équipe salariée permanente et des enseignants indépendants sollicités en fonction des besoins.
Cette flexibilité peut faciliter l’adaptation aux fluctuations de l’activité, mais elle pose la question de la stabilité des équipes et de la continuité pédagogique. La fidélisation des élèves, l’harmonisation des méthodes d’enseignement, la transmission des informations et le suivi de la progression peuvent devenir plus complexes lorsque plusieurs professionnels interviennent ponctuellement.
Le développement de l’indépendance peut également renforcer la concurrence entre les écoles de conduite pour accéder à une ressource devenue rare : les enseignants disponibles. En 2024, 3 420 enseignants de la conduite ont été recrutés, hors alternance. Pourtant, 1 950 postes n’ont pas trouvé preneur, soit 36 % des intentions d’embauche recensées par l’ANFA.
Dans ce contexte, le statut proposé ne constitue qu’un élément de l’attractivité. La rémunération, l’amplitude des journées, la régularité du planning, le travail en soirée ou le samedi, la qualité du management et les possibilités d’évolution jouent également un rôle déterminant.
Un secteur dynamique, mais plus fragmenté
Le secteur de l’enseignement de la conduite ne traverse donc pas une crise uniforme. L’emploi salarié progresse, le nombre d’entreprises augmente et la demande de formation reste importante. Mais ces indicateurs favorables coexistent avec la diminution du nombre d’écoles agréées, la baisse des établissements employeurs et une pénurie persistante d’enseignants.
Le développement de la microentreprise apparaît à la fois comme une conséquence et comme un accélérateur de ces transformations. Il permet à de nouveaux professionnels d’entrer sur le marché et aux auto-écoles d’ajuster leurs capacités. Mais il témoigne aussi d’un éloignement progressif du modèle traditionnel reposant sur une équipe salariée stable et un établissement de proximité.
Les prochaines années permettront de déterminer si cette recomposition aboutit à un nouvel équilibre ou si elle fragilise davantage les petites écoles employeuses. Une certitude ressort déjà du rapport de l’ANFA : derrière les 12 000 entreprises et les 28 800 salariés, le monde de l’auto-école est devenu beaucoup plus diversifié qu’il ne l’était encore il y a quelques années.
Source : ANFA, Autofocus n°124, « Enseignement de la conduite », juillet 2026. Les données mobilisées dans le rapport proviennent notamment de l’INSEE, de l’Urssaf, d’IRP Auto et du ministère de l’Intérieur.
Quatre mois après la fin des financements CPF pour le permis de conduire, actée par la loi de finances 2026, nous avons souhaité tirer un premier bilan chiffré de cette réforme. Nous nous sommes appuyés sur les données publiées par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), gestionnaire du Compte Personnel de Formation.
Un afflux d’inscriptions avant la fin annoncée du CPF
En début d’année 2026, le projet de loi de finances est rendu public. Parmi ses nombreux articles, plusieurs concernent directement le financement du permis de conduire, avec en particulier de nouvelles restrictions sur l’utilisation du CPF pour ce type de formation.
Anticipant le vote de cette loi, les auto-écoles – largement relayées par les médias – ont massivement communiqué auprès de leurs élèves et prospects pour les inciter à mobiliser leur CPF avant qu’il ne soit trop tard. Cette communication a généré un afflux exceptionnel d’inscriptions en auto-école sur les deux premiers mois de l’année.
Le nombre de dossiers validés est ainsi passé d’environ 4 000 par mois en temps normal à 6 800 en janvier, puis à près de 7 500 en février, soit près du double du rythme habituel.
Dossiers CPF permis de conduire validés par mois
Nombre de dossiers CPF permis de conduire validés par mois
Source : Caisse des Dépôts et Consignations — janvier 2025 à juin 2026
2025 (rythme habituel)Pic pré-réforme (janv.–févr. 2026)Après la loi de finances 2026
Une fois la loi de finances votée et ses dispositions entrées en application, le nombre de dossiers financés a immédiatement chuté. Il n’y avait plus que 2 600 dossiers validés en juin 2026 — soit une baisse de plus de 40 % par rapport au rythme « normal » d’avant-réforme, et un effondrement plus de deux fois plus marqué par rapport au pic de février.
Des financements CPF en chute de 75 %
Au-delà du nombre de dossiers, c’est surtout l’ampleur de la chute des montants financés qui frappe. En 2025, les financements CPF dédiés au permis de conduire représentaient en moyenne un peu moins de 30 millions d’euros par mois, pour un total de 331,5 millions d’euros sur l’année.
Sur les deux premiers mois de 2026, portés par la ruée décrite plus haut, les volumes financés ont atteint des niveaux inédits : 79 millions d’euros en janvier, puis 95 millions d’euros en février.
Montants CPF financés par mois
Montants CPF financés pour le permis de conduire, par mois
Source : Caisse des Dépôts et Consignations — janvier 2025 à juin 2026, en millions d'euros
2025 (rythme habituel)Pic pré-réforme (janv.–févr. 2026)Après la loi de finances 2026
Dès l’entrée en vigueur de la réforme, les volumes se sont littéralement écroulés, pour se stabiliser autour de 7,5 millions d’euros par mois — soit un recul de 75 % par rapport à la moyenne 2025.Sur l’ensemble de l’année 2025, la fin du financement CPF du permis devrait au final permettre à la CDC d’économiser environ 80 millions d’euros, un chiffre atténué par les très fortes inscriptions de janvier et février. Mais en année pleine, une fois cet effet d’aubaine dissipé, l’économie attendue grimpe entre 200 et 250 millions d’euros par an.
Un impact inégal selon les territoires
Cette réforme a un impact négatif direct sur l’activité des plus de 5 000 auto-écoles qui proposaient jusqu’ici le financement CPF à leurs élèves. Mais cet impact n’est pas homogène sur le territoire : il est particulièrement concentré dans les grands bassins de population, autour des métropoles.
Les données de la CDC montrent ainsi que près de 30 % des financements CPF étaient demandés en Île-de-France, loin devant les autres régions. Suivent l’Auvergne-Rhône-Alpes (10 %), les Bouches-du-Rhône (8,5 %), l’Occitanie (7,9 %) et les Hauts-de-France (7,8 %). Les auto-écoles implantées dans ces zones sont donc statistiquement les plus exposées au recul de ce mode de financement.
Ce ralentissement de l’activité ne peut cependant pas être attribué à la seule fin du CPF. Il s’inscrit dans un contexte plus large qui pèse sur le pouvoir d’achat et le moral des ménages : tensions internationales, inflation persistante du prix de l’essence et du coût de la vie au sens large. Autant de facteurs qui, cumulés à la disparition du CPF, invitent les élèves à repousser ou à reconsidérer leur passage du permis de conduire.
Depuis une semaine, la rumeur courrait dans certaines auto-écoles d’Île-de-France… chauffées à blanc par la canicule et par le manque de places d’examens (dans le 77 et le 93 notamment). Des robots d’un nouveau type permettraient de prendre des places d’examen au-delà du seuil fixé sur RDVPermis. Ce matin, un message des BER semble confirmer l’existence de ces robots.
Le message de la DSR
Relayé par les différents BER, le message se veut pédagogique. Il rappelle que l’utilisation des robots au-delà du seuil est interdite. Nous reproduisons le message dans son intégralité :
Il est rappelé que l’utilisation d’outils automatisés (robots, scripts ou tout autre dispositif de réservation automatique) n’est autorisée que dans le respect des conditions d’utilisation de RdvPermis.
En particulier, il est strictement interdit d’utiliser un robot pour réserver des places d’examen situées au-delà du seuil formateur attribué à l’établissement.
Les services de l’administration sont en mesure d’identifier les réservations effectuées au moyen de tels dispositifs.
Tout établissement qui serait détecté comme utilisant une solution automatisée pour réserver des places au-delà de son seuil formateur s’expose au blocage de son accès à RdvPermis.
Vous êtes invités à vous assurer que les outils éventuellement proposés par des prestataires privés respectent pleinement les règles d’utilisation de l’application.
Le recours à une solution commerciale ne saurait exonérer un établissement de sa responsabilité quant au respect de ces règles.
Ce message reconnaît en filigrane l’existence de ces robots et l’impuissance de la DSR à lutter contre. Il nous rappelle ceux publiés au printemps 2023.
Le déni avant l’acceptation
Revenons trois ans en arrière. Beaucoup d’auto-écoles constataient la présence de robots sur RdvPermis. Le 20 avril 2023, PermisMag publie alors un article pour dénoncer cette injustice flagrante.
Le lendemain, la DSR convoquait les éditeurs pédagogique au Ministère pour une réunion d’urgence. Le chef de projet en charge du dossier démentait l’existence des robots et critiquait le contenu de notre article. En parallèle, des mesures d’application immédiates étaient annoncées pour interdire les robots, à compter du lundi 24 avril.
Quelques semaines plus tard, ces robots qui « n’existaient pas » obtenaient des accès aux API officielles de RDVPermis et la position du Ministère évoluait au gré d’une mise à jour des Conditions d’utilisation de RDVPermis. Selon ces nouvelles CGU, qu’ils soient conçus par des éditeurs ou par des sociétés tierces, l’utilisation des robots devenait légale à condition de ne pas réserver davantages de places que le nombre prévu par le seuil. Les pirates d’hier recevaient leur lettre de marque !
Des robots officiels vs. les nouveaux robots pirates
Les robots désormais officiels fournissent un confort de réservation mais leur utilisation a un coût. Ils permettent de gagner du temps mais ils ne permettent pas d’avoir d’avantages de places d’examen.
La nature ayant horreur du vide, des « petits malins » ont construit des robots d’un nouveau genre. L’intelligence artificielle en générale, et Claude Code en particulier, ont permis de rendre le développement informatique beaucoup plus rapide et beaucoup moins onéreux. Ces robots – que nous avons pu voir à l’œuvre – permettent de prendre des places au-delà du seuil. Leur utilisation est, pour l’instant réservée à quelques initiés, qui restent le plus discret possible.
L’impuissance de la DSR
Le message de la DSR est incompréhensible. Il rappelle qu’il est interdit de prendre des places au-delà du seuil… son auteur semble compter sur l’esprit de responsabilité des exploitants et sur la menace de blocage des accès RDVPermis.
Deux hypothèses ici :
Soit la DSR n’a pas mis en place de mesure technique permettant de bloquer les réservations au seuil, quand elles sont faites par des robots ;
Soit la DSR n’est pas en mesure d’identifier ces nouveaux robots pirates pour la bonne et simple raison qu’ils ne passent pas par leurs API.
C’est cette deuxième hypothèse qu’il faut évidemment retenir. Comme souvent, les voleurs ont plusieurs coups d’avance sur la police qui est contrainte de leur courir après… En attendant, les auto-écoles vertueuses sont pénalisées en termes de places (et leurs élèves avec).
Le dernier clou dans le cercueil de RDVPermis?
RDVPermis était censé remettre de l’équité et de la transparence. Malgré toutes les mesures mises en places et les innombrables changements de règles, la plateforme n’arrive pas à empêcher la triche et les pratiques déloyales. Le manque chronique de places d’examen de les progrès de l’IA favorisent ces comportements.
Le rapport de l’IGA publié il y a 10 jours préconisait de réintégrer les taux de réussite dans l’attribution des places (a minima pour les places supplémentaires – Recommandation n°11). On ne reviendra pas sur RDVPermis et sur le calcul des places en fonction des ETP, mais le temps est peut être venu de revenir à l’ancienne méthode de répartition ou l’administration distribuait les places d’examen aux écoles de conduite…
Au salon VivaTech 2026, une startup européenne a présenté un produit destiné au secteur de la formation à la conduite. Son nom : Mettis AI. Déjà déployée en Espagne et en Italie, la solution propose d’utiliser l’intelligence artificielle pour analyser les leçons de conduite, objectiver l’évaluation des élèves et aider les auto-écoles à mieux piloter la progression pédagogique.
Une caméra embarquée pour analyser la conduite
Le principe de Mettis AI repose sur un dispositif installé dans le véhicule d’auto-école. Grâce à une caméra embarquée intérieure et extérieure, couplée à des outils d’intelligence artificielle et de vision par ordinateur, la solution analyse le comportement de conduite de l’élève pendant la leçon.
L’objectif n’est pas de remplacer l’enseignant, mais de lui fournir des indicateurs complémentaires. Le système observe différents paramètres de conduite, détecte certains comportements, identifie des erreurs récurrentes et transforme ces observations en données exploitables. À l’issue des séances, l’auto-école peut disposer d’un suivi plus précis de la progression de l’élève.
Pour les enseignants de la conduite, l’intérêt est de disposer d’un retour plus factuel sur les compétences acquises, les points à consolider et le niveau réel de préparation à l’examen.
Vers une évaluation plus objective des élèves
Dans les auto-écoles, l’évaluation du niveau d’un candidat repose avant tout sur l’expertise de l’enseignant. Cette expertise reste centrale. Mais elle peut parfois être difficile à formaliser, notamment lorsqu’il faut expliquer à un élève ou à sa famille pourquoi une présentation à l’examen est prématurée.
C’est précisément sur ce terrain que Mettis AI entend apporter une valeur ajoutée. La solution permet d’établir un score et des indicateurs de progression à partir de données collectées pendant les leçons. Pour l’établissement, cela peut devenir un outil d’aide à la décision. Pour l’élève, cela peut rendre la progression plus lisible. Pour les familles, cela peut contribuer à mieux comprendre les besoins réels en formation.
Dans un contexte où les délais de présentation à l’examen, la qualité de la formation et le bon moment de présentation au permis de conduire sont régulièrement débattus, l’idée d’une évaluation plus objective pourrait intéresser une partie de la profession.
Un outil pour renforcer le dialogue pédagogique
L’un des enjeux majeurs de ce type de technologie est son usage concret dans la relation entre l’enseignant et l’élève. Bien utilisée, l’intelligence artificielle peut devenir un support pédagogique supplémentaire.
Elle peut aider à identifier des schémas d’erreurs, à prioriser les objectifs de travail et à suivre l’évolution d’un candidat sur plusieurs séances. Elle peut aussi permettre d’éviter certains malentendus, notamment lorsque l’élève estime être prêt alors que l’enseignant considère que des compétences essentielles ne sont pas encore suffisamment maîtrisées.
Pour les auto-écoles, cela peut aussi représenter un outil de transparence. Un tableau de bord clair, des indicateurs neutres et des rapports de progression peuvent renforcer la confiance dans le parcours de formation. À condition, bien sûr, que ces données restent au service de la pédagogie et ne deviennent pas un simple outil de notation automatique.
Une innovation déjà testée en Europe
Filippo M. Brunelleschi, CEO de Mettis AI, et ses équipes ont présenté leur solution à VivaTech 2026. La startup revendique déjà un déploiement en Espagne et en Italie, avec une ambition européenne affirmée.
La France constitue naturellement un marché stratégique. Le pays compte un réseau dense d’auto-écoles, un système d’examen très encadré et une profession particulièrement attentive aux questions d’évaluation, de sécurité routière et de transparence pédagogique.
Selon les premiers échanges engagés autour de la solution, une expérimentation en France pourrait permettre de mesurer concrètement l’intérêt du dispositif dans les conditions réelles d’une auto-école française : installation du matériel, acceptation par les enseignants, compréhension par les élèves, utilité dans le suivi pédagogique et pertinence des indicateurs produits.
L’IA ne remplacera pas l’enseignant
Comme souvent avec l’intelligence artificielle, la question de la place de l’humain se pose immédiatement. Dans la formation à la conduite, elle est d’autant plus importante que l’apprentissage repose sur l’observation, l’adaptation, la psychologie et la relation de confiance entre l’élève et son enseignant.
Aucune caméra, aucun algorithme et aucun tableau de bord ne peuvent remplacer cette expertise. Un enseignant ne se contente pas de constater une erreur : il l’interprète, l’explique, l’adapte au profil de l’élève et choisit la bonne méthode pour la corriger.
L’intérêt d’une solution comme celle-ci se situe donc ailleurs. Elle peut apporter davantage d’objectivité, de traçabilité et de transparence. Elle peut compléter l’analyse de l’enseignant, enrichir le suivi pédagogique et sécuriser certaines décisions, notamment la présentation à l’examen.
Une piste à suivre pour les auto-écoles françaises
L’arrivée de l’intelligence artificielle dans les leçons de conduite ouvre une nouvelle phase pour la profession. Après les logiciels de gestion, la prise de rendez-vous en ligne, les outils de suivi des élèves et les applications de code, l’innovation touche désormais le cœur même de la formation pratique.
Pour les auto-écoles, cette évolution pose plusieurs questions : quel coût ? Quelle simplicité d’installation ? Quelle protection des données ? Quelle acceptation par les enseignants et les élèves ? Quelle articulation avec le livret d’apprentissage et les compétences attendues à l’examen ?
Ces questions devront être posées avant tout déploiement à grande échelle. Mais l’approche mérite l’attention. À l’heure où la profession cherche à mieux valoriser la qualité de la formation, à objectiver les parcours et à renforcer la confiance avec les élèves, l’IA pourrait devenir un outil utile, à condition de rester à sa juste place : un assistant au service de l’enseignant, et non un substitut à son expertise.
La France fait face à une nouvelle vague de chaleur, la deuxième de l’année. Alors que plusieurs départements ont été placés en vigilance orange ou rouge canicule, certains bureaux de l’éducation routière (BER) ont décidé d’adapter l’organisation des examens du permis de conduire.
Dans plusieurs territoires, des épreuves sont annulées ou reportées, notamment pour les catégories moto et poids lourds. Les auto-écoles concernées sont invitées à ne pas tenir compte de certaines convocations encore visibles dans RDVPermis.
Des examens annulés dans les Yvelines
Dans les Yvelines, le département a été placé en vigilance rouge canicule à compter du dimanche 21 juin à midi. Le Bureau de l’éducation routière a donc annoncé l’annulation des examens hors circulation des catégories moto et poids lourds du lundi 22 juin matin au mercredi 24 juin.
Dans son message adressé aux établissements d’enseignement de la conduite, le BER 78 précise : « Ne pas tenir compte des convocations PL et moto listées du lundi 22 juin de 8h à 10h toujours présentes dans RDVPermis. Les examens hors circulation sont bien annulés. »
Les examens annulés seront repositionnés ultérieurement. Le service indique qu’un point sera effectué à la fin de cet épisode de canicule, qualifié de « particulièrement intense ».
Le BER justifie cette décision par la nécessité de garantir la sécurité de l’ensemble des personnes présentes sur les centres d’examen : « La priorité est de ne faire courir aucun risque aux inspecteurs, aux candidats et aux accompagnateurs. »
Dans les Hauts-de-Seine, des reports et des véhicules climatisés exigés
Dans les Hauts-de-Seine, le BER 92 a également annoncé des mesures d’adaptation en raison de la vigilance canicule. Le département a d’abord été placé en vigilance orange du jeudi 18 juin au lundi 22 juin 2026.
Le service indique que le dernier examen de la journée sera reporté à une date ultérieure, « la plus proche » possible, pour les catégories B, moto et poids lourds.
Le BER 92 précise également que, pour les examens poids lourds, il est demandé de ne programmer que des circulations les après-midis.
Autre point important pour les auto-écoles : les véhicules présentés aux examens doivent être climatisés. Le BER 92 indique ainsi qu’« afin de garantir des conditions de travail et d’examen acceptables pour les inspecteurs comme pour les candidats, il est impératif que les véhicules présentés aux examens soient équipés d’un système de climatisation en état de fonctionnement ».
Le service ajoute que ce dispositif sera mis en place « à chaque alerte canicule, de niveau orange au moins, émise par Météo France ».
Des conséquences directes pour les auto-écoles
Ces décisions ont un impact immédiat sur l’organisation des établissements d’enseignement de la conduite. Les auto-écoles doivent prévenir les candidats concernés, réorganiser leurs plannings et attendre le repositionnement des examens annulés ou reportés.
Dans certains cas, les convocations restent visibles dans RDVPermis alors même que les épreuves sont annulées. Les établissements doivent donc se référer aux consignes transmises par leur BER, et non uniquement aux informations affichées dans l’outil.
Ces annulations devraient être compensées une fois l’épisode caniculaire terminé. Les services concernés indiquent que les examens seront remis ou repositionnés dans les meilleurs délais, sans qu’un calendrier précis puisse toujours être communiqué immédiatement.
Une adaptation appelée à se répéter
La canicule pose une difficulté particulière pour les examens du permis de conduire, notamment pour les catégories moto et poids lourds, où les candidats, les inspecteurs et les accompagnateurs peuvent être exposés plus longuement à la chaleur.
Les mesures annoncées dans les Yvelines et les Hauts-de-Seine pourraient donc se multiplier dans les prochains jours si l’épisode caniculaire se poursuit ou s’intensifie dans d’autres départements.
Pour les auto-écoles, la consigne est claire : surveiller les messages transmis par les BER, vérifier les convocations dans RDVPermis avec prudence et s’assurer, lorsque les examens sont maintenus, que les véhicules présentés disposent bien d’une climatisation en état de fonctionnement.