Nouveau CEPC : les auto-écoles regrettent de ne plus les recevoir

3
525
Début mai, la DSR diffusait des flyers pour informer les candidats qu’ils pourraient désormais récupérer leurs CEPC directement dans leur compte RDVPermis à compter du lundi 22 mai 2023. Depuis une semaine, de nombreuses auto-écoles se plaignent de ne plus avoir accès aux CEPC. Les syndicats d’inspecteurs sont également réservés sur les changements mis en place et à venir. 

Les auto-écoles n’ont plus accès au CEPC

Depuis le 22 mai, le candidat reçoit un mail lui indiquant que le résultat est disponible dans son compte RDVPermis. Le portail de téléchargement sur le site de la Sécurité Routière, utilisé jusque là, a été donc fermé et remplacé par un lien vers la page de connexion à RDVPermis.

Nouveau CEPC RDVPermis Comment faire?

Les résultats sont disponibles dès le lendemain de l’examen, en début de matinée, y compris le week-end.

Si le résultat est favorable, le candidat a accès au bilan de compétences et au permis provisoire, différent du CEPC actuel (cf. image ci-dessous). Le permis provisoire devient la propriété du candidat. Celui-ci devra donc impérativement finaliser son compte RDVPermis.

Nouveau CEPC

Nouveau CEPC

Si le résultat est défavorable, le candidat n’a accès qu’au seul bilan de compétences.

Les auto-écoles ont toujours accès au résultat et au nombre de points dans leur compte RDVPermis, mais elles n’ont plus accès au CEPC pour l’instant.

Les auto-écoles en porte-à-faux

Le fait que les auto-écoles ne reçoivent plus le CEPC et le détail des points obtenu les place en porte-à-faux vis-à-vis des élèves. L’auto-école sait si l’élève a obtenu son permis ou pas mais, en cas d’échec, elle ne sait pas quelles sont les erreurs éliminatoires et les compétences à travailler.

Un enseignant sait généralement les erreurs qui ont été commises lors de l’examen, mais il peut exister des différences d’interprétation avec les inspecteurs. Les auto-écoles sont obligées de demander aux élèves qu’ils leur montre leur CEPC pour confirmer ou infirmer leur ressenti.

Plus grave, certains financeurs tels que Pôle emploi ou les Régions (la Région Île-de-France) demandent aux auto-écoles qu’elle leur fournisse le résultat de l’examen pour être payée. Qu’en sera-t-il si l’élève ne fournit pas son CEPC à l’auto-école ? Ces organismes accepteront-ils une capture d’écran du compte RDVPermis comme preuve ?

Accélération des délais et lutte contre la fraude

Du côté de la DSR, on assure que cette mesure permet d’accélérer la récupération du résultat. Désormais, le candidat reçoit systématiquement son résultat le lendemain de l’examen, alors que cela pouvait prendre jusqu’à une semaine auparavant, voire plus dans certains cas extrêmes.

Selon un communiqué de SNICA-FO, « la DSR a indiqué qu’elle était consciente que certaines auto-écoles géraient elles-mêmes des comptes RDVPermis à la place des candidats. Une liste de ces établissements qui « dysfonctionnent » sera établie et les BER devront les inviter à régulariser la situation. » Entendez par là, le fait que certaines auto-écoles créeraient des comptes sur RDVPermis au nom des élèves et feraient les démarches à leur place.

Des changements à prévoir pour les IPCSR

Dans son communiqué, SNICA-FO, détaille les changements qui impacteront les IPCSR pour la saisie des résultats des examens. Une phase de test sera menée entre le 6 et le 27 juin, dans 6 départements. La saisie des CEPC se fera dans RDVPermis et donc par l’intermédiaire d’un navigateur internet. À l’issue de cette phase, l’application Euclide-APEP sera abandonnée, tout comme l’application Aurige.

La saisie des CEPC ne pourra être effectuée par l’IPCSR que le jour même de l’examen. En cas de problème (absence de réseau par exemple), l’inspecteur devra donc se débrouiller pour saisir les CEPC à la fin de sa journée.

Un manque de concertation

La DSR assure que la situation est transitoire. Les auto-écoles devraient à nouveau pouvoir récupérer les CEPC des candidats à compter du mois de septembre. Ce mécontentement aurait facilement pu être évité si les écoles de conduite et les inspecteurs avaient été consultés en amont…


3 Commentaires

  1. Une fois de plus la DSR met la charrue avant bœufs! Impossible de faire des bilans correctement, obligé de demander le cepc au candidat, et encore, s’il daigne bien nous le fournir!
    Depuis Barbe et Macron la DSR part complètement en live…

  2. Quelques remarques:

    1/ Que nous ayons le CEPC ou pas ne change rien à une situation était déjà inepte. Le CEPC qui avait été pompeusement présenté comme un « bilan de compétence » n’a jamais été qu’un gadget. Les critères d’évaluation sont en partie douteux, la notation à géométrie variable en fonction des objectifs statistiques définis par la DSR et les BER locaux. Comprenez qu’à partir d’une même procédure on peut fixer le curseur à des niveaux différents en fonction de ce qui est recherché (comme dans l’éducation nationale…).
    De plus la plupart des IPCSR ne font qu’un relevé très partiel des erreurs commises par l’élève alors qu’un vrai bilan se doit d’être exhaustif. La doxa positiviste sévissant aussi dans notre secteur d’activité, il est de bon ton de ne pas accabler le candidat. Pour moi ça relève de la malhonnêteté intellectuelle. On masque la vérité au candidat. Il ne comprendra pas et rejettera le bilan certainement moins complaisant de l’accompagnateur et ne se remettra pas en cause. Difficile après pour les formateurs de corriger le tir quand une « autorité » a en partie fermé les yeux, mais en France on a l’habitude…

    2/ Des établissements géreraient les comptes rdvpermis d’élèves. En quoi ça pose problème ? La DSR a conscience que certains élèves sont incapables de gérer tout ce qui dématerialisé ? Ces clowns sont hors sol, loin des réalités du terrain.

    3/ L’article se termine sur le manque de concertation avec les formateurs et IPCSR mais c’est dans la vieille tradition jacobine de notre pays. Une administration centrale pas vraiment au faîte des choses qui décident sur des bases théoriques en décalage complet avec la réalité et surtout sans jamais tenir compte de la psychologie humaine. Après on s’étonne que rien ne fonctionne….
    Et bien sûr nos OP qui brassent de l’air et semblent se satisfaire d’un tel système (a leur décharge on ne doit pas trop les écouter…)

  3. j’approuve complètement ce qu’à écrit Eric et en particulier pourquoi le bilan de compétences ne détaille pas TOUTES les erreurs ou fautes de l’élève çà nous permettre de mieux conseiller nos élèves pour se mettre à niveau.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici