Longtemps marginal dans les auto-écoles, le permis de conduire sur boîte automatique connaît une nette accélération. Selon les bilans des examens du permis de conduire publiés par la Sécurité routière, sa part est passée de 12,4 % des candidats au permis B en 2023 à plus de 22 % en 2025. Désormais, plus d’un candidat sur cinq choisit de passer l’examen sur un véhicule équipé d’une boîte automatique.
Plus d’un candidat sur cinq en 2025
La progression du permis sur boîte automatique est désormais clairement visible dans les statistiques nationales.
En 2022, 219 789 candidats avaient passé l’épreuve pratique du permis B sur un véhicule équipé d’une boîte automatique. Ils représentaient alors 13,9 % de l’ensemble des candidats examinés au permis B. L’année suivante marquait même un léger recul : en 2023, la Sécurité routière recensait 191 772 candidats, soit 12,4 % des examens.
Mais la tendance s’est nettement inversée à partir de 2024. Cette année-là, 276 886 candidats ont passé leur permis sur boîte automatique, soit 17,7 % des examens du permis B. En une seule année, la part du B78 a ainsi progressé de 5,3 points.
La progression se poursuit en 2025. Selon le dernier bilan des examens du permis de conduire, 356 311 examens ont été réalisés sur boîte automatique, représentant 22,1 % des candidats au permis B.
| Année | Candidats examinés en boîte automatique | Part des examens B |
|---|---|---|
| 2022 | 219 789 | 13,9 % |
| 2023 | 191 772 | 12,4 % |
| 2024 | 276 886 | 17,7 % |
| 2025 | 356 311 | 22,1 % |
Une véritable accélération depuis 2023
Les chiffres permettent de nuancer l’idée selon laquelle le permis automatique progresserait de manière régulière depuis plusieurs années.
Entre 2022 et 2023, sa part avait au contraire légèrement diminué. La véritable rupture intervient entre 2023 et 2024, avant de se confirmer très nettement en 2025.
En deux ans, le nombre d’examens sur boîte automatique a ainsi augmenté de près de 86 %, passant de 191 772 à 356 311. En 2023, environ un candidat sur huit passait l’examen sur boîte automatique. Deux ans plus tard, c’est désormais plus d’un candidat sur cinq. Selon un article du Parisien daté du 26 septembre 2026, chez Ornikar, la part de formation sur boîte automatique serait passée de 5 % en 2020 à 30 % aujourd’hui.
Cette évolution est suffisamment rapide pour modifier progressivement la place de la boîte automatique dans l’offre des écoles de conduite. Ce qui constituait encore, il y a quelques années, une formation complémentaire devient une filière à part entière.
La réforme de 2024 a levé un frein important
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette évolution. Le permis sur boîte automatique nécessite tout d’abord une formation pratique minimale de 13 heures, contre 20 heures pour une formation traditionnelle sur boîte manuelle. Pour certains candidats, cette formule permet donc de réduire la durée minimale de l’apprentissage et potentiellement son coût.
Mais une évolution réglementaire a également rendu cette filière beaucoup plus attractive. Depuis 2024, le titulaire d’un permis B limité aux véhicules automatiques peut suivre la formation de 7 heures lui permettant ensuite de conduire un véhicule équipé d’une boîte manuelle, sans avoir à repasser l’examen du permis de conduire. Le délai de trois mois qui devait auparavant être respecté après l’obtention du permis a été supprimé.
Cette évolution a levé l’un des principaux freins au choix de la boîte automatique : un candidat peut désormais obtenir son permis sur ce type de véhicule puis suivre rapidement la formation complémentaire s’il souhaite ensuite conduire une voiture à boîte manuelle. La concomitance entre cette réforme et l’envolée des passages sur boîte automatique
ne permet pas, à elle seule, d’établir un lien direct de cause à effet. Mais 2024 marque clairement un changement de rythme dans les statistiques nationales.
Un taux de réussite historiquement inférieur à la moyenne
Les statistiques de la Sécurité routière font apparaître un autre phénomène : le taux de réussite des candidats passant leur examen sur boîte automatique reste inférieur à celui observé pour l’ensemble du permis B. En 2024, le taux de réussite des candidats sur boîte automatique s’établissait à 51,2 %, contre 58,2 % pour l’ensemble du permis B. En 2023, il n’était que de 47,1 %. En 2025, l’écart se réduit : le taux de réussite sur boîte automatique atteint 54,4 %, alors que le taux global du permis B s’établit à 59,9 %.
Ces chiffres ne signifient toutefois pas que l’examen sur boîte automatique serait plus difficile. Ils doivent être replacés dans le contexte historique de cette formation.
Pendant de nombreuses années, la boîte automatique a notamment été utilisée comme une solution alternative pour des élèves rencontrant des difficultés importantes dans leur apprentissage sur boîte manuelle. Après plusieurs heures de formation, certains candidats étaient réorientés vers un véhicule automatique afin de supprimer la gestion de l’embrayage et du passage des rapports et de leur permettre de se concentrer sur la circulation, l’observation et la prise de décision.
La population des candidats au permis B78 n’était donc historiquement pas totalement comparable à celle de l’ensemble des candidats au permis B. Une proportion plus importante d’élèves en difficulté pouvait contribuer à tirer le taux de réussite vers le bas.
La forte augmentation actuelle du nombre de candidats change progressivement cette situation. La boîte automatique est de moins en moins choisie uniquement après un échec ou des difficultés en boîte manuelle : elle devient, pour un nombre croissant d’élèves, un choix effectué dès le début de la formation.
À mesure que cette filière se généralise et que le profil des candidats se rapproche de celui de l’ensemble des élèves préparant le permis B, on peut donc s’attendre à voir le taux de réussite du permis automatique progresser et se rapprocher progressivement de la moyenne nationale. L’évolution observée entre 2023 et 2025 va déjà dans ce sens, même s’il faudra davantage de recul pour confirmer durablement cette tendance.
Une évolution que les auto-écoles doivent intégrer
Pour les écoles de conduite, la progression rapide du B78 pose désormais une question très concrète : quelle place donner aux véhicules automatiques dans leur flotte ?
Avec plus de 22 % des examens en 2025 au niveau national, proposer un seul véhicule automatique en complément d’une flotte essentiellement composée de véhicules manuels pourrait rapidement devenir insuffisant dans certaines zones. Les disparités géographiques sont d’ailleurs importantes. En 2024, la boîte automatique représentait déjà 30,5 % des examens en Île-de-France, et environ 40 % à Paris. Dans les Hauts-de-Seine, sa part atteignait 36,7 %, contre 32,7 % en Seine-Saint-Denis. À l’inverse, elle reste beaucoup moins développée dans certains territoires ruraux.
À cela s’ajoute l’évolution du parc automobile. La progression des motorisations hybrides et électriques contribue progressivement à réduire la place de la boîte manuelle parmi les véhicules neufs. Les chiffres de la Sécurité routière montrent en tout cas que le mouvement s’accélère : en 2023, moins de 13 % des candidats passaient leur examen sur boîte automatique. Deux ans plus tard, ils sont déjà plus de 22 %.
Le permis B78 reste minoritaire, mais il occupe désormais une place suffisamment importante pour modifier durablement le marché de la formation au permis de conduire.




![[Opinion] « 28 heures minimum », pourquoi c’est une mauvaise idée ! Contrat de formation 28 heures minimum](https://www.permismag.com/wp-content/uploads/2025/10/Contrat-de-formation-28-heures-minimum-218x150.jpg)




























