Nous vous l’annoncions en avant-première il y a 10 jours déjà, c’est désormais officiel ! Le décret n° 2026-127 du 24 février 2026 relatif aux conditions d’éligibilité au compte personnel de formation et au plafonnement de prise en charge par ce compte de certaines actions de formation, publié au Journal Officiel du 25 février 2026, vient modifier en profondeur les règles d’utilisation du CPF pour plusieurs actions de formation.
Parmi elles, les formations au permis de conduire sont directement concernées.
Le texte prévoit en effet un plafonnement des droits mobilisables pour certaines formations. Ainsi, à compter du 26 février 2026, le montant maximum pouvant être mobilisé via le CPF est désormais fixé à 900 euros pour les préparations aux épreuves théoriques et pratiques des catégories de véhicules terrestres à moteur du groupe léger.
Ce plafond concerne donc les formations au permis B, mais également A et remorque (B96 et BE).
Un changement majeur pour le financement du permis
Jusqu’à présent, les candidats disposant d’un CPF pouvaient mobiliser l’intégralité de leurs droits acquis pour financer leur formation au permis de conduire. Ce n’est plus le cas. Il faudra désormais soit être demandeur d’emploi, soit bénéficier d’un cofinancement.
Avec ce plafonnement à 900€, la part restant à charge pour les élèves va mécaniquement augmenter, dans un contexte où le coût moyen d’un permis B est de 1250€, selon les chiffres de la Caisse des Dépôts.
Ce décret précise également le montant minimal du cofinancement, qui est fixé à 100€. Les modalités de ce cofinancement restent à éclaircir…
Mobilisation le 2 mars, Mobilians-ESR parle de « une mise à mort » du CPF
La publication du décret a immédiatement provoqué une levée de boucliers dans la profession. Une mobilisation est prévue le 2 mars devant le Ministère du Travail, à l’initiative de Mobilans-ESR et l’UNIDEC.
Mobilians-ESR a publié un communiqué particulièrement virulent, dénonçant ce qu’il qualifie de « mise à mort » du CPF. L’organisation professionnelle déclare : « Contrairement à la présentation faite par le ministère, il ne s’agit pas d’un simple « recentrage » du dispositif mais d’un véritable suicide assisté qui rendra dans les faits, l’accès au permis de conduire largement inaccessible aux jeunes salariés. Après la loi de Finances pour 2026, qui avait déjà limité l’éligibilité du permis au CPF et instauré des mécanismes de cofinancement, le nouveau décret introduit un dispositif cumulatif particulièrement dissuasif ».
Et la suite ?
La manifestation du 2 mars risque fort d’être symbolique. La loi a été votée, le décret a été publié… on imagine difficilement le gouvernement revenir sur ces deux textes. Ce qui compte à présent, c’est (1) de s’adapter et (2) de préparer l’avenir.
Les auto-écoles doivent impérativement s’adapter aux nouvelles règles. Celles dont l’activité dépendait à plus de 50% du CPF doivent le faire en urgence, en se redimensionnant et en baissant leurs frais fixes. Elles doivent revoir leur modèle économique, adapter le discours commercial, diversifier l’offre de formation et les solutions de financement proposées aux élèves, etc.
Les auto-écoles doivent également préparer l’avenir, en particulier les organisations professionnelles. Un travail de fond doit être entamé en vue des prochaines élections présidentielles et législatives. Il faudra sensibiliser les candidats susceptibles d’être élus à l’importance du permis de conduire. Il faudra être force de proposition sur la mise en place de nouveaux financements. Enfin, il faudra savoir faire une forme d’auto-critique en reconnaissant les dérives qui ont eu lieu avec le CPF et en proposant des mesures d’encadrement.






















