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Moniteurs indépendants : vers une hausse des charges

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Mauvaise nouvelles en vue pour les moniteurs indépendants, le gouvernement s’apprête à raboter significativement l’Acre (Aide à la création ou à la reprise d’entreprise). De quoi dissuader un peu plus ceux qui hésiteraient à se tourner vers ce régime précaire.

Vendredi dernier, le gouvernement a soumis au Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants un projet de décret. Celui-ci vise à réduire les avantages sociaux dont bénéficient les créateurs de micro-entreprises. Selon un article des Échos, ce décret doit entrer en vigueur le 1er octobre. Il viserait à faire entrer 600 millions d’euros supplémentaires dans les caisses de l’État.

Au mois de février, nous avions publié un article intitulé « Moniteurs d’auto-écoles en ligne : la précarité comme seul horizon » dans lequel nous comparions les salaires d’un salarié et d’un auto-entrepreneur travaillant pour Ornikar ou En Voiture Simone. Il ressortait de cette étude que la rémunération moyenne d’un salarié en auto-école traditionnelle était supérieur à celle d’un moniteur indépendant.

Ce décret va avoir un impact significatif sur les revenus des moniteurs indépendants. Si l’on reprend les calculs que nous avions fait en février (cf. plus haut). Le montant des réductions de charges sur 3 ans passera de 13 104€ à 4 368€, soit une baisse revenu de 250€ par mois sur la période (pour le détail de nos calculs, voir le tableau en fin d’article).

Jusqu’alors, les auto-entrepreneurs bénéficiaient d’une réduction de leurs cotisations sociales dégressive sur les trois premières années d’exercice (75 %, 50 % puis 25 %). Le décret à venir prévoit de faire baisser ces taux à 50 %, 25 % et 10 % pendant un an. Puis, à partir de 2022, au bout de la période de transition, tous les nouveaux micro-entrepreneurs n’auront plus droit qu’à une seule année de tarif réduit, à 50 %.

Un statut de moins en moins attractif

Ornikar et En Voiture Simone utilisent l’Acre comme un argument pour convaincre des enseignants de rejoindre leurs plateformes. Le dispositif est d’ailleurs cité dans l’espace dédié à ses « enseignants partenaires ». Jusqu’à présent, ces auto-écoles en ligne réussissaient à attirer des enseignants en leur promettant un salaire plus élevé, en contrepartie d’une situation précaire (pas de congés payés, pas de congés maladie, heures supplémentaires non majorées, etc..).

Avec l’entrée en vigueur de ce décret, le recrutement pourrait devenir plus compliqué. Coïncidence ou pas, l’outil de simulation des revenus présent sur le site d’Ornikar a été désactivé…

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L’impact de la diminution des baisses de charges sur le revenu des moniteurs indépendants

Avis en ligne : une nouvelle norme pour garantir l’authenticité

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Des avis désormais incontournables

Avant l’achat d’un bien ou d’un service (comme une formation à la conduite, par exemple), les avis clients prennent une place de plus en plus importante dans le processus de décision. Le consommateur consulte, analyse et compare ces avis pour être sûr de faire le bon choix. Il en va de même lors du choix d’une auto-école.

Les avis en ligne ont un rôle de réassurance. Un élève qui serait tenté de s’inscrire dans une auto-école regardera celles qui sont proches de son domicile, celles dont les tarifs sont attractifs, et celles qui lui sont recommandés par ses parents ou amis, il regardera également les avis laissés sur cette auto-école sur internet.

La jungle des avis en ligne

Sur internet, on trouve le meilleur… et le pire ! Les avis n’échappent pas à cette règle. Certains sites ou forums ne font l’objet d’aucune modération et les faux avis y sont légion. Ces avis peuvent être laissés par le propriétaire de l’auto-école lui-même, dans le but d’améliorer artificiellement sa réputation, ou au contraire par un concurrent jaloux, désireux de lui nuire. Avis Google, avis Pages Jaunes,… ces sites comportent des centaines de miliers d’avis dont l’authenticité est difficilement contrôlable.

Pour lutter contre le fléau des faux avis et leur conséquences, la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) mène actuellement des contrôles dans plusieurs départements. Une nouvelle fiche d’information a été publiée sur son site internet en début de mois.

Ces contrôles sont justifiés par les dérives énoncées précédemment ainsi que par l’importance nouvelle prise par les avis en ligne. Ainsi, dans le secteur de l’auto-école, est particulièrement concerné dans la mesure ou le label « Qualité des formations au sein des écoles de conduite » requiert la collecte d’avis par les auto-écoles auprès de leurs élèves (critère 6.1).

Une nouvelle norme plus contraignante

Pour garantir aux consommateurs l’authenticité des avis en ligne, des normes ont été établies. Ces normes ne visent pas à certifier les avis en eux-mêmes mais elles permettent de s’assurer que le traitement de ces avis (processus de collecte, de modération et de publication) respectent des standards définis. Jusqu’au mois de septembre 2018, ces standards étaient définis au niveau national par la norme NF Z74-501. Cette norme a depuis été annulée et remplacée par une norme internationale, la >norme ISO 20488.

Depuis sa création en 2013, le comparateur d’auto-école Vroomvroom.fr*, s’est toujours fortement engagée en faveur des avis vérifiés. Elle est, depuis début août, la première entreprise française certifiée conforme aux critères de la norme ISO 20488.

* NDLR : PermisMag est édité par les équipes de Vroomvroom.fr.


Une rentrée pleine de nouveautés pour le réseau INRI’S Formations

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Nouveau site internet, publicité à la télévision, au cinéma et sur les réseaux sociaux, sponsoring sportif, le réseau INRI’S Formations déploie en cette rentrée une stratégie de communication complète et ambitieuse à destination des élèves.

Conscient de l’évolution des comportements et du fait que les futurs candidats sont de plus en plus influencés par la communication, le réseau INRI’S Formations – qui regroupe une centaine d’agences auto-écoles – multiplie les efforts pour asseoir son image de marque auprès du grand public.

Un site internet repensé

INRI’S Formations a dévoilé il y a quelques semaines un site internet entièrement retravaillé. La nouvelle plateforme offre un nouveau design plus épuré, de nouvelles couleurs et de nouveaux outils. Son objectif ? Améliorer l’expérience client, faciliter la navigation, rendre l’information rapidement accessible et la navigation intuitive pour augmenter le nombre d’inscriptions.

Autre nouveauté, INRI’S Formations permet aux candidats de s’inscrire gratuitement et sans engagement sur sa plateforme. Ces derniers peuvent désormais accéder à leur espace de formation :

  • Démarches administratives et examen ETG : service d’inscription ANTS, inscription à l’examen ETG.
  • Formation théorique : achat de formation en ligne ou réservation de stage code accéléré, accès à la formation en ligne.
  • Formation pratique : réservation des leçons de conduite, accès au planning des leçons.
  • Résultat du permis de conduite…
  • …mais aussi d’autres services annexes liés à leur vie de futur conducteur comme l’assurance.
Capture d’écran du site INRI’S

Télévision, cinéma, réseaux sociaux : une présence sur tous les supports de communication

Afin de développer sa visibilité et d’accroître sa notoriété auprès du grand public, le réseau INRI’S Formations multiplie les actions de communication. Une campagne publicitaire est diffusée en ce moment sur la chaîne BFM Paris, à raison de 7 spots par jour.
Spot INRI’S diffusé à la télévision

Au début de l’été, le réseau INRI’S Formations avait déjà fait parler de lui lors de la sortie au cinéma de la comédie Made in China avec à les acteurs Frédéric Chau et Medi Sadoun. Dans le film, Bruno (Madi Sadoun) est moniteur auto-école chez INRI’S accompagne François (Frédéric Chau) qui décide de renouer avec ses origines lorsqu’il apprend qu’il va être papa.

En cette rentrée, c’est sur les réseau sociaux qu’INRI’S Formations poursuit son opération à destination d’une clientèle est jeune, connectée et très au courant des tendances. Cette campagne se matérialise par une série de clips un peu moins d’une minutes faisant la promotion des stages de code et et conduite en accéléré, la marque de fabrique du réseau.

Clip Stage permis accéléré 5 jours diffusé sur Facebook

Sponsoring sportif : INRI’S l’école des champions

Enfin, INRI’S Formations entends également que sa marque rime avec qualité. Le réseau a associé son image à celle d’un champion du monde de karting et champion de France de F4, Victor Martins. Ce jeune pilote de la Renault Sport Academy, qui vient juste d’avoir 18 ans, a effectué sa formation et obtenu son permis de conduire dans l’une des agences du réseau INRI’S Formations.

Ainsi, les agences INRI’S forment les pilotes actuels et les futurs pilotes…

Vous souhaitez davantage d’informations sur le réseau INRI’S Formations?


Le prix du permis de conduire: un peu de bon sens!

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Les températures baissent, l’automne approche à grand pas… et avec lui la saison des marronniers. Tous les ans (ou presque) les grands médias nationaux sortent un « dossier spécial » sur le prix de l’immobilier, le classement des meilleurs écoles de commerce ou sur les réseaux francs-maçons. Le prix du permis de conduire ne fait malheureusement pas exception!

La semaine dernière l’association de consommateurs CLCV publiait une enquête à ce sujet intitulée « Tarifs des auto-écoles : Un affichage incomplet, un coût du permis hétérogène ». Cette enquête de 14 pages, réalisée sur une période de 6 mois, porte sur 665 auto-écoles dans 45 départements de la métropole.

À l’issue de cette enquête, la CLCV réclame :

  • Des contrôles réguliers dans l’affichage des tarifs ;
  • L’élaboration d’un contrat-type ;
  • L’affichage précis du contenu et du prix du forfait 20h, mais également du budget pour 30h (ce qui correspond davantage à une formation moyenne) ;
  • Une baisse de la TVA sur l’enseignement de la conduite ;
  • enfin, elle salue la mise en place (prochaine?) de la plateforme gouvernementale.

Ces revendications n’apportent rien au débat dans la mesure où elles reprennent des pistes du rapport Dumas remis il y a 6 mois au Premier Ministre. Elles visent à obtenir une meilleure information du consommateur et plus de transparence (comment être contre?).

Le problème de cette étude est double : d’une part la récupération médiatique dont elle a fait l’objet et d’autre part son silence total au sujet des plateformes et de leur manque de transparence.

L’obsession du « prix » du permis

Comme souvent, par paresse, par manque de connaissance du sujet ou par sensationnalisme, les journalistes choisissent de se concentrer sur l’aspect uniquement financier de la formation à la conduite. Avides de clics (synonymes de recettes publicitaires) les sites d’information se sont saisis du sujet :

Si l’on passe outre le fait que parler du « prix » du permis n’a aucun sens (dans la mesure où le permis ne s’achète pas), inciter les consommateurs à prendre en compte prioritairement ce critère est pour le moins trompeur, à plusieurs égards.

Écrire « le prix du permis de conduire varie du simple au double » c’est sous-entendre qu’il existe des établissements vertueux qui pratiquent le « juste prix » alors que d’autres font payer aux élèves le « double » du prix. La réalité n’est pas celle-là. Les auto-écoles qui pratiquent les prix d’appel les plus bas sont souvent celles dont la tarification est la plus opaque… Ce sont ces auto-écoles qui ont les marges les plus faibles qui ferment les premières quand l’activité ralentie.

Le prix d’un forfait 20h ou 30h n’est pas le prix payé par l’élève en fin de formation. Comparer le prix d’un forfait n’a pas de sens. Si comparaison il y a, c’est le tarif « permis en main » qu’il faut regarder.

Écrire « le prix du permis de conduire varie du simple au double » c’est sous-entendre que les établissements qui pratiquent des prix plus élevés que la moyenne s’enrichissent indûment, sans prendre en compte que tous ne sont pas soumis aux même charges. L’étude le souligne1 mais c’est une informations que la presse ne reprend pas.

Avant de déclarer que passer le permis est cher ou pas cher, il faut comparer ce qui est comparable, c’est à dire :

  • le coût d’une formation à la conduite en rapport avec d’autres formations / d’autres dépenses de la vie courante (voir notre article Prix du permis de conduire, pourquoi Monsieur Macron se trompe de combat ? à ce sujet) ;
  • les tarifs pratiqués sur une même zone géographique (à l’échelle d’une commune par exemple) ;
  • les tarifs pratiqués à prestation identique.
  • « Comparaison n’est pas raison » : et la qualité dans tout ça?

    La raison d’être d’une association de consommateurs est d’aider le consommateur à faire les bons choix. Dans le cas de l’enseignement de la conduite, ce choix se résume à choisir l’école de conduite la plus adaptée à sa situation. En mettant l’accent sur le coût de la formation, l’étude de la CLCV oublie un aspect pourtant essentiel : la qualité de la formation !

    Définir ce qu’est une auto-école de qualité est pour le moins compliqué. Le Ministère de l’Intérieur s’y est essayé avec la mise en place de son label. Ce label n’est pas une garantie en soi (une auto-école qui n’est pas labellisée peut être une auto-école de qualité et inversement). Cette étude aurait été intéressante et innovante si elle avait proposé de nouveaux critères de qualité et qu’elle les avait analysés. Ce travail reste à mener…

    Si l’on se place du côté du consommateur, une « auto-école de qualité » est une auto-école qui permet à ses élèves :

    1. d’obtenir son permis (et au-delà d’être un conducteur responsable) ;
    2. dans des délais raisonnables ;
    3. pour un coût modéré ;
    4. dans une ambiance conviviale.

    Des indicateurs restent à mettre en place pour mesurer ces critères. L’idéal serait d’avoir un indicateur qui synthétise ces différents éléments. Les avis laissés par les anciens élèves sont un bon indicateur, pourvu qu’ils soient vérifiés.

    De la transparence? Oui, mais pour tout le monde…

    Les exigences formulées par la CLCV pour plus de transparence sont louables en soi! On notera tout de même un grand absent de cette étude : les auto-écoles en ligne !

    Après avoir enquêté 6 mois sur le sujet, la CLCV ne mentionne nulle part ces nouveaux acteurs qui eux, tout particulièrement, mériteraient de se voir imposer plus de transparence. Taux de réussite, tarifs, nombre de candidats… ces auto-écoles 2.0 publient des chiffres plus que discutables. Les candidats, futurs consommateurs, auraient bien besoin de le savoir…

    1 L’étude de la CLCV mentionne bien que « les auto-écoles déterminent librement leurs tarifs et que les établissements n’ont bien évidemment pas les mêmes charges (loyers, impôts …) selon qu’ils soient situés dans des grandes ou des petites villes, à Paris ou en région. »

    Pour aller plus loin :


Ornikar et les millions manquants

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Début juillet, Ornikar annonçait avoir réalisé une troisième levée de fonds pour un montant de 35 millions d’euros. PermisMag avait alors relayé cette information et souligné à quel point l’investissement réalisé par Bpifrance au sein de la start-up posait problème. Aujourd’hui, de nouveaux documents auxquels nous avons eus accès viennent contredire les chiffres communiqués par la start-up. Décryptage.

Une opération structurée en plusieurs temps

Le 13 juin 2019, les actionnaires d’Ornikar sont réunis en Assemblée générale. L’ordre du jour est chargé. Au cours de cette réunion, plusieurs décisions sont prises. Parmi elles, une augmentation de capital de 12 millions d’euros et un ensemble de cessions d’actions croisées a lieu entre plusieurs actionnaires, anciens et nouveaux.

Le 25 juin, ces opérations sont effectuées. Benjamin Gaignault (Président de Marianne Formation SAS / Ornikar, ndlr) rédige un procès verbal pour les entériner.

Une levée de fonds de 12 millions d’euros (seulement)!

Première surprise! Le montant de la levée de fonds réalisée par Ornikar est trois fois moins élevé qu’annoncé. Cette levée de fonds prend la forme d’une augmentation de capital, grâce à l’émission de 2 193 nouvelles actions pour un prix unitaire de 5 469,20€. Elle est réalisée auprès des investisseurs suivants :

Identité
des investisseurs
Nombre d’actions de
catégorie C
Montant de la souscription
(en euros)
Idinvest Digital Fund III                              209                    1 143 062,80  
Idinvest Innov FRR France                                58                       317 213,60  
InnovAllianz 2                                27                       147 668,40  
Bpifrance Participations                           1 828                    9 997 697,60  
Brighteye                                18                         98 445,60  
Clover                                  7                         38 284,40  
H14                                46                       251 583,20  
Total                           2 193                  11 993 955,60  
Que nous disent ces chiffres?
  1. cette levée de fonds valorise Ornikar à 82m€ (pre-money). L’utilisation du terme « licorne » (société dont la valorisation atteint 1Md$, ndlr) par certains journalistes semble donc un peu prématurée… ;
  2. la levée de fonds a été réalisée en très grande partie auprès de Bpifrance (83% du montant) et, dans une moindre mesure, auprès d’un actionnaire existant, Idinvest (12% du montant). Le plus gros du risque financier est pris avec de l’argent public ;
  3. de nouveaux investisseurs entrent au capital mais de manière symbolique. Il s’agit de :
    • InnovAllianz 2, fonds de capital innovation de l’assureur Allianz ;
    • Clover, fond d’investissement de Véronique Morali, présidente de Webedia ;
    • H14, est un family office italien, actionnaire de Fininvest (holding de la famille Berlusconi).

Cessions de parts et réorganisation du capital

Parallèlement à cette levée de fonds, plusieurs cessions d’actions ont lieu entre différents investisseurs. Ces cessions portent sur un total de 3 320 actions.

L’identité exacte de ces investisseurs et le montant des transactions sont volontairement masqués dans les documents publiés par Ornikar. Pour autant, il est possible de déduire certaines informations.

  1. Les dirigeants fondateurs – Benjamin Gaignault (et sa femme) ainsi que le directeur général, Flavien Le Rendu – cèdent une partie de leurs actions.
  2. Certains investisseurs ont réduit leur participation alors que d’autres sont montés au capital. Parmi les investisseurs ayant réinvesti, il est probable que l’on trouve les fonds Idinvest et Brighteye Ventures, cités dans le communiqué de presse, alors que d’autres ont réduit leur participation ;
  3. Selon nos estimations, le montant cumulé de ces cessions s’élève à 18 millions d’euros (chiffres calculés sur la base d’un prix de cession correspondant à la valorisation pre-money d’Ornikar).
  4. Que retenir de tout ça?

    La dernière levée de fonds d’Ornikar a porté sur un montant trois fois moins important que le chiffres annoncé par communiqué. Si l’opération a probablement porté sur des flux compris entre 30 et 35 millions d’euros selon nos calculs, il s’agit donc avant tout d’une opération de vente. Seuls 12 millions pourront être utilisés par l’entreprise pour financer son développement.

    Douze millions d’euros est une somme conséquente. Et pourtant, le signal envoyé est des plus mitigés. Sans le soutien de Bpifrance, donc de l’État, l’opération aurait tourné au fiasco. Les investisseurs internationaux et les grands fonds n’ont, semble-t-il, pas adhéré à la vision développée par l’équipe dirigeante ou n’ont pas émis d’offre jugée satisfaisante par les dirigeants et les investisseurs. Certains des investisseurs existants ont acceptés d’investir mais à la condition de monter au capital et d’avoir une voix plus importantes dans les décisions.

    Les dirigeants fondateurs ont, certes, fait une jolie opération à titre personnel en vendant une partie de leurs parts, mais ils se sont fait diluer. Leur position est désormais plus fragile.

    Les fondateurs ont abandonné le contrôle de l’entreprise aux fonds d’investissement. Ornikar est désormais aux mains des financiers, est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle pour les auto-écoles? L’avenir le dira…




Arrêté du 16 juillet 2019 modifiant l’arrêté du 22 décembre 2009 modifié relatif à l’apprentissage de la conduite des véhicules à moteur de la catégorie B dans un établissement d’enseignement agréé

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Veille juridique Auto-école

Réévaluer la durée minimale de la formation dispensée sur les voies ouvertes à la circulation et encourager l’usage du simulateur de conduite. Le présent arrêté fixe à dix heures, au lieu de quinze, la durée minimale requise pour l’apprentissage de la conduite… Lire la suite

 


Arrêté du 16 juillet 2019 modifiant l’arrêté du 14 octobre 2016 relatif à la formation des titulaires de la catégorie B du permis de conduire limité aux véhicules à changement de vitesses automatique pour des raisons non médicales en vue de conduire des véhicules à changement de vitesses manuel relevant de cette même catégorie

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Veille juridique Auto-école

Réduction du délai pour suivre la formation permettant la levée de la limitation de conduire des véhicules à changement de vitesses automatique. Le présent arrêté vise à réduire de six mois à trois mois, à compter de la date d’obtention du permis de conduire, le délai… Lire la suite


Arrêté du 16 juillet 2019 modifiant l’arrêté du 20 avril 2012 fixant les conditions d’établissement, de délivrance et de validité du permis de conduire

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Veille juridique Auto-école

Modification de l’âge minimal requis pour se présenter à l’épreuve pratique pour les candidats à la catégorie B en situation d’apprentissage anticipé de la conduite et réduction du délai imposé pour suivre la formation permettant la levée de la limitation de conduire… Lire la suite


Ornikar, nouvelle start-up d’État?

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Mise à jour du 22 juillet 2019, à 15h. Certaines informations contenues dans cet article se sont révélées fausses. Pour connaître les derniers éléments en notre possession, vous pouvez consulter l’article Ornikar et les millions manquants.

La plateforme de mise en relation entre élèves et moniteurs indépendants a annoncé vendredi dernier une troisième levée de fonds de 35 millions d’euros, réalisée auprès d’Idinvest Partners, de Brighteye Ventures et de Bpifrance, et a précisé ses ambitions pour les années à venir. Ce financement, par de l’argent public, pose un certain nombre de questions.

Bpifrance, actionnaire de référence

La prise de participation réalisée par la banque publique d’investissement (détenue à 50% par l’État français et à 50% par la Caisse des Dépôts et consignations) s’est par l’intermédiaire de son fond Large Venture.

Si les trois fonds d’investissement ont contribué à la même hauteur lors de cette Serie-B (nom donné au troisième tour de financement des start-up, après l’amorçage et la Serie-A, NDLR), ce sont donc entre 10 et 15 millions d’euros d’argent public qui ont été investis par Bpifrance dans Ornikar.

Sur son site internet, Bpifrance décrit les objectifs de ce fonds :

Capture d’écran du site de Bpifrance

Cet investissement pose de nombreuses questions. Les services de l’État qui, jusqu’alors, promettaient de s’en tenir à une stricte neutralité et se défendaient de favoriser le modèle des auto-écoles en ligne (au détriment des auto-écoles de proximité), pourront-il garder cette posture plus longtemps? Alors même que des représentants de Bpifrance siégeront aux organes de direction d’Ornikar.

La décision des juges, appelés à statuer sur la portée départementale ou nationale de l’agrément, ne risque-t-elle pas d’être influencée?

Les préfets, représentants de l’État en région, ne risque-t-il pas d’hésiter à ordonner des contrôles (pouvant potentiellement déboucher sur des sanctions) dès lors que l’État possède un intérêt financier dans Ornikar?

Une levée de fonds d’un tel montant ne s’improvise pas. Elle nécessite plusieurs mois de travail. Aussi, l’investissement de Bpifrance donne à réfléchir et éclaire d’un jour nouveau l’actualité de ces derniers mois. Le rapport Dumas, tout d’abord, dont certaines mesures sont particulièrement favorables aux auto-écoles en ligne (nous vous en parlions dans cet article). La mise en place de Candilib ensuite qui vise, comme son nom l’indique, à généraliser le faux candidat « libre ». Si Ornikar n’est pas derrière la mise en place de la plateforme Candilib à proprement parlé, ses équipes techniques ont été discrètement consultées au cours de réunions de travail au Ministère de l’Intérieur.

Une entreprise désormais rentable

Cette levée de fonds est l’occasion pour Ornikar de faire passer plusieurs messages forts :

  1. l’entreprise aurait été rentable en 2018. C’est possible mais invérifiable à l’heure qu’il est étant donné que l’entreprise n’a pas publié ses comptes 2018 (son exercice fiscal se termine au 31 mars) ;
  2. cette levée de fonds va servir à l’entreprise à proposer de nouveaux produits à ses élèves à l’issue de leur formation (assurance automobile et ventes / location de véhicules). Elle utilisera pour cela les données collectées sur ses élèves tout au long de leur formation ;
  3. Ornikar compte utiliser ces fonds pour se lancer dans de nouveaux pays, en Allemagne et en Espagne notamment où l’entreprise est présente (sous le nom d’Odokar et d’Obikar) mais où son activité semble très réduite. L’entreprise ne possédant pas, dans ces pays, des puissants soutiens politiques qu’elle a en France.

La vidéo complète de l’interview de Benjamin Gaignault :

Des chiffres qui posent toujours question

Ornikar a un problème avec les chiffres, cela fait un moment que nous le disons! Taux de réussite, tarifs, nombre d’inscrits… la start-up communique des chiffres complètement décorrélés de la réalité.

Le plus étonnant dans tout ça est que les médias grand public semblent reprendre les communiqués de presse, tels quels, sans jamais s’interroger sur la véracité des chiffres avancés. Ainsi, Challenges écrit dans son article qu’« en 2019, [l’entreprise] a raflé plus d’un tiers du marché de l’apprentissage de la conduite. Elle prévoit d’accueillir 350.000 jeunes conducteurs – contre 200.000 en 2018 – sur un marché total d’un million de candidats au permis ». La Tribune indique, elle, « plus de 1,5 million de personnes, surtout des jeunes de moins de 25 ans, se sont présentés à l’examen de passage du permis de conduire en 2018 en France. Parmi eux, 350.000 avaient pris des cours via la plateforme Ornikar ».

Ces chiffres mélangent utilisateurs et clients. Ils assimilent l’achat d’un code en ligne à une formation complète (code et conduite). Si Ornikar formait vraiment un conducteur sur trois en France, alors son chiffre d’affaires serait compris entre 350 et 400 millions d’euros… et non pas 10-20 millions comme annoncé pour 2018, ou 35 millions comme prévu pour 2019.

Pour avoir des chiffres plus crédibles, il faut se tourner vers la presse spécialisée anglo-saxonne, notamment le site TechCrunch qui écrit : « Every month, 30,000 people sign up to Ornikar in France. The startup manages 70,000 hours of lessons per month on its marketplace. » (en français: Chaque mois, 30 000 personnes se créent un compte sur Ornikar en France. La start-up dispense 70 000 heures par mois sur sa plateforme).

Si 360 000 personnes se créent un compte sur Ornikar, cela ne veut pas dire que ces personnes sont toutes clientes. Et, parmi ceux qui le sont effectivement, une grande partie ne va pas au bout de sa formation sur la plateforme et finit par aller s’inscrire en auto-école.

Quant aux 70 000 leçons dispensées par mois, elles correspondent à 2 300 élèves par mois effectuant 30 heures de conduite, soit 28 000 candidats par an (2,5% du nombre de candidats)! Nous sommes encore bien loin des 350 000…! Le vrai problème d’Ornikar, c’est son incapacité à convaincre les élèves d’effectuer leur formation pratique sur la plateforme. Malgré les campagnes marketing intensives, ces derniers continuent à préférer l’apprentissage au sein des auto-écoles de proximité.

Que disent les chiffres?

Si les chiffres parus dans la presse sont exacts, cela signifie que :

  1. Ornikar ne parvient pas à remplir les plannings de ses enseignants, tout juste un gros mi-temps. 70 000 leçons dispensées par mois, pour 700 enseignants = 100 heures par enseignant / mois. Les promesses de salaires faites aux enseignants sont donc fausses (relire notre article Moniteur d’auto-école en ligne : la précarité comme seul horizon)
  2. Un panier moyen plutôt faible. Ornikar vise les 350 000 clients sur 2019 et, dans le même temps, un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros. Cela représente un panier moyen de 100€ / élève et conforte l’hypothèse que seul un faible pourcentage d’élèves passent par Ornikar pour leur formation pratique.

Arrêté du 26 juin 2019 relatif à l’expérimentation d’une signalisation d’une zone à circulation restreinte dans certaines communes de la métropole du Grand Paris pour certaines catégories de véhicules

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Veille juridique Auto-école

Signalisation d’une zone à circulation restreinte sur certaines communes de la métropole du Grand Paris, dont l’accès est interdit à certaines heures aux véhicules les plus polluants. L’arrêté autorise l’expérimentation d’une signalisation de zone à circulation… Lire la suite