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L’agrément de France Code suspendu pour 3 mois

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France Code Agrément suspendu

L’information est parue ce matin au journal officiel. L’opérateur des examens du code de la route France Code a vu son agrément suspendu pour une durée de 3 mois. Une décision prise suite à des manquements à l’obligation d’indépendance prévue par le Code de la route.

France Code vendait des accès code en ligne… et de l’assurance

L’article L221-6 du Code de la route prévoit que « l’organisateur agréé d’une épreuve du permis de conduire présente des garanties d’honorabilité, de capacité à organiser l’épreuve, d’impartialité et d’indépendance à l’égard des personnes délivrant ou commercialisant des prestations d’enseignement de la conduite. » C’est précisément ce qui est reproché à France Code qui, depuis quelques mois, vendait des accès code en ligne sur un site dédié… faisant ainsi de la concurrence aux auto-écoles et aux éditeurs pédagogiques.

Candy Code, c’est le nom du service proposé par France Code, proposait 4350 questions pour un prix allant de 9,99€ à 71,99€ (tarif qui comprend les démarches sur l’ANTS, entre autres).

France Code - réviser code en ligne

Mais ce n’est pas tout, France Code propose également des assurances auto, moto et protection juridique à destination des particuliers. Une « mode » lancée par Ornikar il y a quelques années et qui attire de plus en plus d’acteurs de l’écosystème.

France Code propose des assurances

Les courriers de la DSR restés lettre morte

Avant de prendre l’arrêté de suspension, la DSR a tenté de prendre contact avec l’opérateur. Le 9 février 2023, un courrier recommandé signé de la Déléguée interministérielle a été envoyé à France Code afin de « recueillir les observations de l’intéressé sur les manquements constatés ». Ce courrier est resté sans réponse.

D’autres manquements au code de la route ont été constatés

Si la suspension de l’agrément a été prise sur la base de l’article L221-6 du Code de la route, il semblerait que ce n’est pas la seule infraction qui puisse être reprochée à France Code. Comme nous l’écrivions il y a près d’un an, plusieurs opérateurs ne respectent pas l’obligation de couverture prévue à l’article R221-3-8 du code de la route.

L’organisateur agréé assure, dans les conditions prévues au présent article, l’accès des candidats à des sites d’examen sur le territoire de chaque département métropolitain et de chacune des collectivités suivantes : Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion, Mayotte et Saint-Pierre-et-Miquelon.

Sur son site internet, France Code revendique « 75 centres d’examen »… sans mettre à disposition la liste de ces centres. Il est probable que cet opérateur n’ai pas 75 centres et il est certains qu’il ne respecte pas l’obligation de couverture.

Cela pose à nouveau la question de la pertinence d’un système à 8 opérateurs, dont près de la moitié d’entre-eux (France Code, Exa Code, Easy Code) ne respectent pas la réglementation. La DSR devrait revoir le cahier des charge pour que seuls les opérateurs qui respectent le code de la route puissent continuer à exercer.


Les robots à l’assaut de RDVPermis

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Robot RDVPermis Réservation place d'examen
Le recours aux robots pour la réservation de places d'examen sur RDVPermis sera bientôt interdit.

« Les places sont parties en une demie-seconde, je n’ai même pas eu le temps de cliquer ». Depuis deux semaines, les témoignages sur multiplient. En cause, l’apparition de robots sur la plateforme de réservation de places d’examen RDVPermis. Le recours à ces robots pose de nombreuses questions et remet en cause l’esprit même de RDVPermis. Le Ministère a décidé de s’attaquer à ce phénomène rapidement. Des instructions ont été transmises ce matin aux BER.

Les robots ne sont pas nouveaux

Les robots permettant la réservation de places d’examen sont apparus peu de temps après la mise en place de Candilib, avec notamment le service « Candibot ». Ce robot proposait aux candidats libres de leur réserver une place sur la plateforme contre la somme de 15€ à 25€.

Les candidats libres n’avaient qu’à renseigner leur lien de connexion sur le site et le robot se chargeait de leur prendre une place d’examen. Un « business » rentable puisque le fondateur de Candibot a déclaré 240 000€ de chiffres d’affaires et 45 000€ de bénéfices pour l’année 2021. Selon nos calculs se sont environ 15 000 candidats libres qui auraient utilisé ce service.

Le site Candilib ayant été fermé, les robots se sont trouvés au chômage technique… et ont dû se réinventer !

L’existence des robots connue par l’administration

L’existence de Candibot était connue de l’administration, mais les efforts nécessaires pour mettre un terme à l’activité de ce robot n’ont pas été faits car la plateforme Candilib n’avait pas vocation à perdurer après la fin de l’expérimentation.

La plateforme RDVPermis devait, elle, être construite de telle sorte que les robots ne puissent pas réserver de places d’examen. La question a été soulevée à plusieurs reprises lors des réunions départementales de présentation de l’outil et les BER se sont montrés rassurants à chaque fois.

Les robots désormais présents sur RDVPermis

Sur Candilib, les robots exploitaient une faille technique. Sur RDVPermis, le mode opératoire est différent. Les robots utilisent le compte RDVPermis de leurs clients : des candidats libres mais également des… auto-écoles.

Au moins deux sociétés proposent des services de robots. La première OTOPILOT a été créée par Florian Damiot, le fondateur de Candibot. La seconde PMDBOT, par Yanis Ghoual, un ancien gérant d’une société de location de véhicules à doubles commandes en région grenobloise.

Rupture de l’égalité entre auto-écoles

Disposer d’un système automatisé permettant de faciliter la réservation des places d’examen est une bonne chose en soi. Les fournisseurs de logiciels et de solutions numériques ont tous (ou presque) mis en place une passerelle avec RDVPermis, moyennant une facturation supplémentaire. L’auto-école paye alors un service qui lui permet d’économiser du temps.

La promesse que font les sociétés qui vendent les services de robots est différente ! Le service vendu est lié à la vitesse d’exécution de la réservation. La vitesse de réservation par un robot étant supérieur à celle d’un humain, le fait d’y avoir recours confère un avantage important sur les auto-écoles concurrentes.

Il permet à l’auto-école (1) de prendre des places d’examen sur des créneaux pré-définis, (2) de prendre des places d’examen groupées et surtout (3) de prendre toutes les places qui seraient disponibles à moins de 7 jours de l’examen. Ces places qui désormais n’entrent plus en compte dans le calcul du seuil sont à la disposition de celui qui les prend en premier.

Offre commerciale proposée par Otopilot

Offre commerciale Otopilot

⚠️ Avertissement : Étant donné les sanctions prévues par l’administration (décrites en fin d’article), il est fortement déconseillé de souscrire aux services des sociétés proposant des robots de réservation.

On peut tracer un parallèle avec les pratiques qui se sont développées dans le monde de la finance depuis 30 ans. Les traders traditionnels sont en concurrence avec les algorithmes qui passent des ordres en quelques millisecondes. Aujourd’hui, le trading haute-fréquence (THF) représente la majorité des ordres passés en Bourse.

Les robots remettent fondamentalement en cause « la philosophie » de RDVPermis. Lors de sa mise en place l’outil devait équitable, transparent et gratuit (contrairement à Printel). Si le recours au robots devient indispensable pour obtenir des places d’examen, cela revient à rendre RDVPermis payant de facto. Une charge supplémentaire que les écoles de conduite devront répercuter dans leurs tarifs… éloignant un peu plus l’idée de « rendre le permis moins cher ».

Le Ministère est décidé à interdire les robots

L’utilisation des robots est contraire à la philosophie de RDVPermis, la Délégation à la sécurité routière (DSR) a été alertée par les organisations professionnelles et a pris conscience de la menace que représentaient ces robots. Récemment, des décisions fortes ont été prises pour empêcher ces robots d’exister. La réponse prendra plusieurs formes et aura des déclinaisons à court et moyen terme.

À court terme, l’annulation des réservations prises par les robots

Il s’agit d’une mesure avec application immédiate. Dès le lundi 24 avril, le DSR va répertorier les auto-écoles ayant recours aux services des robots. Elle transmettra la liste de ces auto-écoles aux BER des départements concernés. Les places d’examen prises au moyen de robots seront annulées et ces auto-écoles auront leurs réservations bloquées pour les publications suivantes.

Sans entrer dans des considérations techniques, la DSR dispose déjà des moyens d’identifier les places réservées au moyen de robots.

À moyen terme, une réponse technique et juridique

Une réponse technique est actuellement à l’étude pour rendre inutile l’utilisation des robots. La DSR ne souhaite pas communiquer davantage sur cette mesure. Pour des raisons évidentes…

Cette solution technique sera accompagnée d’une réponse juridique. La DSR ne communique pas non plus sur la forme que prendra cette réponse. Il pourrait s’agir d’un arrêté ou d’un décret à paraître avant la fin du mois de mai. Si les contours exacts ne sont pas encore connus, le texte devrait interdire le recours aux robots et prévoir des sanctions en cas d’utilisation de ces outils. Gageons que les sanctions devraient être progressives et aller jusqu’au retrait de l’agrément comme c’est déjà le cas pour les fausses déclarations d’ETP.

Des sanctions dissuasives

Les sanctions qui seront appliquées aux auto-écoles qui utilisent des robots seront telles qu’elles devraient dissuader ces dernières d’y avoir recours. L’idée est de faire en sorte que les gains potentiels (quelques places d’examen en plus par mois) soient négligeables au regard de la sanction encourues (le retrait d’agrément).

Les auto-écoles en ligne, comme Ornikar ou Le Permis Libre, pourraient être tentées de développer des robots. Le fait que leur activité repose sur un seul agrément national devrait les en dissuader…

Les auto-écoles ayant décidé d’avoir recours aux robots ont donc intérêt à résilier leur abonnements dans les plus brefs délais, faute de quoi elles s’exposent aux sanctions.


[Portrait] À Pantin, Manaf transporte gratuitement les plus démunis

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Manaf Acimi CER Milani Pantin
Cette semaine, nous sommes allés voir Manaf Acimi, le gérant du CER Milani à Pantin depuis plus de 15 ans. Il y a un mois, il a lancé un concept de transport gratuit à destination des personnes âgées dans le besoin. Ces dernières s’installent à l’arrière de la voiture et les élèves les conduisent chez le médecin ou au centre commercial.

Bonjour Manaf, comment vous est venue l’idée ?

Cela fait des années que cette idée me trotte dans la tête. Je me suis toujours dit que c’était dommage d’avoir des places vides alors qu’il y a tellement de gens qui galèrent dans les transports en commun.

Je me suis rendu compte que la mobilité devenait de plus en plus compliquée à cause des problèmes de sécurité dans les transports ou encore l’augmentation du Pass Navigo.

L'initiative reprise dans le JT de France 3 Île-de-France...

Avoir l’idée est une chose, la mettre en place est parfois plus compliqué ! Comment est-ce que vous avez fait ?

Oui, c’est vrai. Ici les choses se sont faites assez naturellement. Je me suis rapproché de l’association « Les Petits Frères des Pauvres » qui vient en aide aux personnes âgées en situation de précarité. Je leur ai proposé nos services et ils ont tout de suite accepté.

Cela fait un mois que nous sommes en phase de test. Nous avons transporté une vingtaine de personnes et pour l’instant c’est plutôt concluant. Je suis de plus en plus contacté sur les réseaux sociaux, certains anciens élèves me demandent si je peux accompagner leurs grands-parents, etc.

Télévision, radio, presse, votre initiative a été très médiatisée, j’imagine que vous devez être fier.

Je n’ai pas fait ça pour les caméras, mais oui, ça me fait plaisir. C’est avant tout une action solidaire, faite pour rendre service. Qu’on en parle est une bonne chose. La société est de plus en plus individualiste. Alors forcément, voir une action comme celle-ci, complètement désintéressée, cela suscite de l’intérêt.

Par ailleurs, je suis persuadé qu’elle est bénéfique pour tous. Pour les personnes transportées à qui on rend leur mobilité, pour la planète et pour les élèves… on pourra en reparler!

... et dans le 19:45 (M6)

La médiatisation attire aussi parfois la jalousie… et les critiques. Sur certains groupes Facebook, des personnes ont critiqué l’initiative en se posant la question de sa légalité et de sa pertinence en matière de pédagogie. Qu’est ce que vous leur répondez ?

J’ai lu ces critiques évidemment et je ne les ai pas trouvées pertinentes. La pédagogie du moniteur n’est absolument pas impactée par le fait de transporter une personne à l’arrière du véhicule. La conduite de l’élève non plus. D’ailleurs, le jour de l’examen, il y aura quelqu’un d’assis sur la banquette arrière. La personne transportée est silencieuse et n’intervient pas pendant la durée du trajet.

Par ailleurs, lorsque l’on doit transporter une personne, je m’assure toujours qu’il s’agisse d’un élève en milieu ou en fin de formation, pas d’un élève qui travaille la compétence 1. La course dure en moyenne 15 minutes, sur une leçon de 2 heures, et un élève transporte souvent qu’une seule personne pendant toute sa formation. Son impact est très faible et aucun élève ne s’est plaint. Au contraire, ils sont plutôt demandeurs. L’auto-école est située à proximité du centre d’examen, je fais en sorte que ces courses soient mises à profit pour travailler des éléments en particulier, comme le stationnement par exemple.

J’ai pu lire que je faisais du RMP (Roule Ma Poule) et que ce n’était pas pertinent en matière de pédagogie. J’invite ceux qui le pensent sincèrement à venir assister à l’une de mes leçons pour les faire changer d’avis.

Et du point de vue des assurances, vous avez pensé à tout ?

Là encore, j’ai lu tout et n’importe quoi ! Mon initiative est bénévole et solidaire, le transport est gratuit. Il ne s’agit absolument pas d’une activité de transport de personnes (comme c’est le cas pour les taxis ou les VTC). Cela s’apparente davantage à de l’auto-stop organisé. Pour le reste, c’est la loi Badinter de 1985 qui s’applique.

Vous disiez toute à l’heure que l’initiative était bénéfique pour tous, vous voulez préciser votre pensée ?

Oui, je pense qu’elle est bénéfique dans la mesure où elle permet d’agir en faveur de l’environnement. Nous avons dans nos véhicules des places inoccupées, pourquoi pas en faire bénéficier des personnes dans le besoin ? On me dit que c’est modeste, que c’est une goutte d’eau… et alors ? Il y a une légende amérindienne que j’aime particulièrement. C’est la légende du colibri. Les jeunes d’aujourd’hui sont très engagés pour l’environnement, ils valorisent ce genre d’actions.

D’autre part, j’espère que cette initiative permettra de changer l’image de la profession et de montrer que les auto-écoles ne sont pas là que « pour l’argent ». Nous sommes dans le 93, dans un département avec énormément de précarité. Cette initiative est destinée à recréer du lien social, entre les générations. Les gens ne se parlent plus, certaines personnes âgées ont peur des jeunes car les seuls contacts qu’ils ont avec eux c’est à travers BFMTV. Il y a quelques années, on parlait de « délit de sale gueule ». Pour les jeunes, c’est également bénéfique. Ils se rendent compte qu’ils aident, ils identifient les personnes transportées à leurs grands-parents. Ce sont les premiers à me demander de participer.

Vous avez lancé le mouvement dans le 93, vous avez un mot pour vos collègues qui voudraient vous imiter ?

Qu’ils n’hésitent surtout pas. Je serai ravi si je réussi à créer des vocations. Ce que l’on a fait c’est écrire le mode d’emploi. Maintenant, il ne reste plus qu’à le répliquer. J’invite toutes les auto-écoles qui souhaitent le faire de se lancer…


Permis de conduire : le gouvernement réfléchit à baisser l’âge légal

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baisser âge légal permis de conduire 16 ans
L’annonce a surpris tout le monde jeudi dernier… et pourtant nous n’étions pas le 1er avril ! Un article paru dans Le Parisien nous apprenait que le gouvernement réfléchit à baisser l’âge légal pour obtenir son permis de conduire de 18 ans à 17 ans (voire 16 ans) et à revenir sur les 20h minimales obligatoires.

Une mesure dédiée à calmer la jeunesse

Ces mesures figureraient dans le plan pour les jeunes, préparé par le délégué interministériel à la Jeunesse, Mathieu Maucort, directement rattaché à Matignon. L’idée est de faire un geste en direction de la jeunesse, de plus en plus mobilisée dans le conflit social contre la réforme des retraites.

Elles s’inspirent de plusieurs pays où l’on peut passer son permis à partir de 17 ans comme au Royaume-Unis, voire à partir de 16 ans comme aux États-Unis. Mais dans ce pays, souvent cité comme exemple, cette conduite est généralement accompagnée de restrictions, comme l’interdiction par exemple de rouler la nuit.

Les écoles de conduite globalement opposées à ces mesures

Pour Patrice Bessone, le Président de Mobilians ESR « on peut baisser l’âge de passage du permis, mais ce que veulent les jeunes ce n’est pas ça ! Ils veulent qu’on les aide à financer leur permis. Chez Mobilians c’est ce sur quoi nous travaillons depuis plusieurs mois. » Il ajoute : « nous demandons également la suppression du délai de 3 mois pour faire la formation de 7 heures permettant la levée du code restrictif 78 (pour le passage d’un véhicule équipé d’une boîte automatique à une boîte manuelle). »

À l’Unidec, on est très surpris autant sur le fond comme sur la forme. Pour son Président Bruno Garancher « On a l’impression que cette « fuite » a été faite volontairement par le gouvernement et qu’il s’agit d’un contre-feu pour détourner l’attention des jeunes de la réforme des retraites. »

Même son de cloche du côté de l’Unic, pour sa Présidente Sandra Carasco qui ne voit pas l’intérêt de cette annonce. « Abaisser l’âge du passage du permis n’a aucun intérêt pour les jeunes et ça ne me semble pas pertinent en matière de sécurité routière. Financièrement parlant, cela ne sera pas intéressant non plus. Les délais de présentation à l’examen sont déjà élevés pour les jeunes de plus de 18 ans, rajouter deux classes d’âge ne pourra faire qu’empirer la situation. »

Le volume d’heures minimal et multiplication des conflits

Pour Bruno Garancher, « revenir sur le volume d’heures minimal (20h en boîte manuelle, 13h en boîte automatique, NDLR) n’a aucun sens. Il s’agit de minimum théorique. Personne ne passe le permis aujourd’hui après 20h de conduite. La seule chose que cela change c’est le signal que l’on envoie aux jeunes et cela risque de générer davantage encore de conflits dans les agences. »

Une position que partage en tous points Sandra Carasco « mettre fin aux 20h minimales obligatoires est également un non-sens. Il s’agit d’une annonce démagogique qui va nuire à la profession. Les auto-écoles vont encore passer pour des « méchants » (pour ne pas dire plus) qui forcent à prendre des leçons. »

Les jeunes sont-ils mûrs pour conduire seuls à 16 ans ?

Cette seconde mesure interroge également les professionnels de l’éducation routière.

Bruno Garancher s’interroge. « Est-ce qu’à 16 ans les jeunes ont la taille requise et la maturité nécessaire ? Un permis à 16 ans est-ce que cela veut dire commencer la conduite accompagnée à 13 ans, certains ne dépasseront pas du volant ?

La question de la maturité est également présente. Le référendum sur l’interdiction des trottinettes électriques qui s’est tenu il y a quelques jours à Paris l’a montré, les gens ont peur des incivilités. Les trottinettes électriques sont plébiscitées par les jeunes adolescents. Qu’adviendra-t-il si on leur met une voiture entre les mains ? »

Un constat partagé par Sandra Carasco « en termes de maturité, les jeunes partent de plus loin. Ils ont de grosses lacunes. Je le vois tous les jours en leçons. Avant, les passagers n’avaient « rien à faire » en voiture. Ils regardaient le paysage ou… le conducteur. Ils arrivaient en auto-école avec quelques bases. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Ils sont sur leurs téléphones portables et arrivent avec aucune connaissance. »

Pour elle, il est inutile de chercher à changer le système. « Que les jeunes apprennent à conduire plus tôt, dès 16 ans, dans le cadre de l’AAC, je suis pour. Ce mode d’apprentissage a fait ses preuves, mais là ce n’est pas ce dont on parle.  

Si l’on veut améliorer la mobilité des jeunes, il existe déjà d’autres solutions comme le scooter, la voiturette, etc. »

Les associations de victimes contre la mesure

Abaisser l’âge n’est pas forcément une bonne idée, font remarquer les associations de victimes, surtout dans un pays latin comme la France. Alcool, vitesse, stupéfiant… Les conduites à risque sont encore importantes pour les 18-24 ans, impliqué dans 17 % des accidents de la route alors qu’ils ne représentent que 9 % de la population.

Ces réticences semblent être partagées par une majorité des Français. Dans un sondage mis en ligne sur le site du Point, plus de 85% des 5000 personnes ayant pris part au sondage se disaient opposées à ces mesures.

Pour aller plus loin :


Système Sûr : Mobilians fait des propositions pour améliorer la sécurité routière

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systeme sûr mobilians securite routière
Mercredi dernier, Mobilians Éducation et Sécurité routière organisait un déjeuner-débat en présence de Florence Guillaume, la Déléguée interministérielle à la Sécurité routière, ainsi que de personnalités politiques. À cette occasion, ses représentants Patrice Bessone et Lorenzo Lefebvre ont présenté des propositions visant à améliorer la sécurité routière, en s’inspirant du « système Sûr », déjà mis en place en Europe du Nord.

Réduire le nombre de victimes sur les routes

La réflexion part d’un constat simple : le nombre de tués et de blessés sur les route a fortement diminué ces dernières décennies (pour plusieurs raisons qu’il serait long ici d’évoquer). Cependant, depuis quelques années, il semble stagner et, pire, repartir légèrement à la hausse. En 2022, 3260 personnes sont décédées en France métropolitaine des suites d’un accident, contre 2944 en 2021.

Les nouveaux modes de déplacement et le partage de la route

Deuxième constat, la mobilité évolue, de nouveaux modes de déplacement voient le jour… en particulier dans les grandes agglomérations. Les véhicules à moteur (voitures, motos, etc.) doivent désormais cohabiter avec les trottinettes, vélos et autres gyropodes, ainsi qu’avec les piétons.

Le développement de ces nouveaux modes de transport se traduit par une forte augmentation du nombre d’accidents pour leurs usagers. Depuis la pandémie du Covid-19, les tués en voiture représentent désormais moins de la moitié des tués sur la route (48%) alors que le nombre de cyclistes tués ou gravement blessés augmente de 13% entre 2019 et 2022. Il en est de même pour les usagers d’EDPM (engins de déplacement personnel motorisé) de type trottinettes, avec +38% de blessés graves entre 2021 et 2022.

L’enseignement actuel est insuffisant

Selon une étude de la Fédération européenne des écoles de conduite de septembre 2021, intitulée Driving licensing in Europe, a new model for a new decade, « 90% des personnes qui fréquentent une école de conduite pour obtenir le permis de conduire n’apprennent pas nécessairement à conduire en toute sécurité » et ce alors même que la multimodalité complexifie considérablement le partage de la voirie.

Repenser la formation au permis pour des comportements plus sûrs

Face à ces différents constats et, pour répondre aux objectifs internationaux et européens de « réduire de moitié le nombre de tués et de blessés graves à l’horizon 2030 pour atteindre l’objectif de zéro tués en 2050 », les professionnels de l’éducation et de la sécurité routière réunis au sein de Mobilians sont convaincus qu’il est possible d’agir et d’apprendre des « comportements sûrs » aux candidats.

Les pouvoir publics européens s’emparent du sujet et ont récemment publié une révision de la Directive 2006/126 relative au permis de conduire. Mobilians salue cette initiative mais pense qu’il est possible d’aller au-delà, au niveau national, en mettant en place un schéma développé notamment en Suède et aux Pays-Bas : le système Sûr.

Mobilians ESR souhaite proposer un changement de paradigme pour tendre vers des comportements plus sûrs. Ce changement passe par une adaptation de l’apprentissage théorique et pratique de la conduite, dans le cadre d’une formation initiale et continue.

Pour cela, l’organisation professionnelle propose de « développer un modèle intégré complet, adapté à tous, qui vise à renforcer de manière proactive la sensibilisation des conducteurs actuels et futurs » en abordant plus particulièrement les situations complexes de circulation et également les questions clés telles que la perception des risques, les facteurs de risques dans la conduite, les nouvelles technologies, les nouvelles formes de mobilité ou encore le développement durable.

Les contours du système Sûr

Le « système Sûr » n’est pas nouveau, il a été théorisé en 2016 dans un rapport de l’OCDE. Il s’inspire du concept « Vision zéro », développé dans les années 1980 et 1990 en Suède ou aux Pays-Bas.

Dans ce système, la sécurité routière ne doit pas être envisagée uniquement comme un ensemble de règles à respecter. D’autres éléments conditionnent le maintien d’une mobilité en sécurité. On parle ici du « triangle Homme-Véhicule-Environnement », qui fait de la sécurité routière un enjeu multifactoriel et systémique.

Le système Sûr repose sur quatre éléments principaux :

  1. des routes et des accotements sûrs, qui soient prévisibles et « pardonnent » les erreurs. Leur conception doit être facile à comprendre, encourager la conduite à des vitesses plus sûres et aider à éviter les erreurs ;
  2. des vitesses sûres, correspondant à la fonction et au niveau de sécurité de la route. Les usagers comprennent et respectent les limitations et conduisent en fonction des conditions (trafic, météo, etc.) ;
  3. des véhicules sûrs, qui préviennent les accidents et protègent les usagers de la route, y compris les occupants, les piétons et les cyclistes dans l’éventualité d’un accident.
  4. des usagers sûrs, alertes et sans facultés affaiblies, qui respectent les règles de circulation, prennent des mesures pour améliorer la sécurité.

Les propositions de Mobilans ESR

Ces propositions sont les suivantes :

1. Refondre la formation initiale et mettre en place de cours théoriques collectifs obligatoires

L’apprentissage du code de la route correspond à l’appréhension des règles d’utilisation des voies publiques par les piétons, les cyclistes et les automobilistes au sens large.

La sensibilisation des conducteurs aux comportements à risque est un sujet à part entière. Mobilians propose la mise en place d’un module spécifique avec 5 heures de cours collectifs et en présentiel, réalisé grâce aux nouvelles technologies dont sont déjà équipées les écoles de conduite (écrans interactifs, simulateurs de conduite). Ces cours porteraient sur l’ensemble des piliers Usagers, Véhicules, Infrastructures et environnement, le Post-accident et la Vitesse. Pour Patrice Bessone, « le contenu de ces stages pourrait être adapté aux particularités du territoire et à son accidentalité. En effet, on sait que la majorité des accidents surviennent à côté de son domicile, sur les trajets du quotidien. »

Des études ont montré que les cours en présentiel ont un impact et une efficacité bien plus importantes que les cours à distance, en visioconférence.

2. Rendre obligatoire une formation continue pour tous

Les études ont montré que les premiers mois de la conduite sont les plus à risque, l’habitude entraîne un déclin de la vigilance et des « bonnes pratiques » apprises en auto-école. Les jeunes conducteurs sont confrontés aux évolutions sociétales et aux nouvelles mobilités qui entraînent un nouveau partage de la route.

Mobilians souhaite ainsi la généralisation d’un stage post-permis pour les conducteurs à partir du 6ème mois suivant l’obtention du permis. Le contenu et le déroulement du stage post-permis actuel devront évoluer. Afin de garantir une plus grande mixité et un plus grand partage d’expérience, il pourrait être couplé aux rendez-vous pédagogiques dans le cadre de l’AAC. Les 7 heures pourraient être effectuées de la sorte :

  • 2 heures de formation théorique en même temps qu’un RDV préalable AAC ;
  • 4 heures de formation théorique en même temps que des RDV pédagogiques AAC;
  • 1 audit de conduite d’une heure pour finir.

Cette formation serait obligatoire et ce n’est qu’à l’issue de cette formation que le jeune conducteur obtiendrait son permis de conduire définitif. Pour Patrice Bessone, « la majorité des pays européens ont mis en place ce genre d’obligation, il est temps que la France fasse de même. »

Travailler sur le financement

Si les professionnels de Mobilians ESR souhaitent renforcer le contenu de la formation, cela ne doit pas se faire au détriment des apprenants à travers des augmentations de tarifs. Pour cela, Mobilians souhaite que les cours dispensés pendant la formation initiale (et après) soient des cours collectifs et que la réglementation évolue pour permettre la portabilité du CPF au sein de la famille nucléaire. Cette option a, pour l’instant, été écartée dans la proposition de loi du député Sacha Houlié, mais elle pourrait être rediscutée lors de l’examen du texte au Sénat.


La proposition de loi pour étendre le CPF votée en première lecture. Entretien avec Sacha Houlié

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Sacha Houlié - Proposition de loi Permis de conduire

Lundi 27 mars, la proposition de loi portée par le député de la Vienne (Renaissance), Sacha Houlié a été voté en première lecture par l’Assemblée nationale (consulter le texte de la proposition). Cette proposition de loi a été co-écrite avec Aurore Ferrand Rousseau, gérante d’auto-école à Poitiers

[PermisMag] Bonjour Sacha Houlié, la proposition de loi qui vient d’être votée en première lecture est destinée à rendre le permis de conduire « plus simple, plus rapide et moins cher ». En 2018, le président Macron avait déclaré vouloir faire baisser « drastiquement le prix du permis ». Le rapport Dumas de 2019 a accouché de 10 mesures devant faire baisser le prix du permis de 30%. Dans les faits, le prix du permis a augmenté. Comment est-ce que vous l’analysez ? Ne s’agit-il pas d’un constat d’échec des mesures mises en place par la députée Dumas ? 

[Sacha Houlié] Je l’analyse assez simplement. On n’a pas de texte qui soit allé au bout des choses. Ma collègue a fait beaucoup de choses sur la question mais aucune disposition légale n’a été adoptée sur le fondement de son rapport.

En 2019, on se posait la question du permis en termes de prix proposé par les auto-écoles alors même que ces auto-écoles sont des entreprises qui — comme les autres — subissent l’inflation : inflation du prix du carburant, inflation des salaires des enseignants et des charges sociales, augmentation du tarif des voitures, etc…

Cette fois, on a pris le problème différemment. On s’est posé la question du reste à payer pour les consommateurs… et on a essayé de voir comment réduire ce montant le plus possible. On a constaté qu’il y avait beaucoup de dispositifs d’aides qui existaient mais qui étaient méconnus et sous-utilisés.

On a décidé de partir des aides existantes, celles qui marchent. On va mettre en place une plateforme pour permettre de faire connaître ces aides et faire en sorte qu’elles soient utilisées.

On a travaillé sur le CPF notamment qui est l’aide la plus utilisée. On a proposé l’extension de cette aide à l’ensemble des catégories de permis.

Enfin, on s’est penchés sur une question administrative : celle du recrutement d’examinateurs supplémentaires. On a écarté d’emblée la privatisation, parce que ça créerait plus de désordre qu’autre chose dans la mesure où il y aurait des mobilisations et que l’on n’est pas sûr que ce soit constitutionnel d’aller jusque là puisqu’il s’agit d’une prérogative de puissance publique.

Si je comprends bien, il y a un changement de paradigme. Le rapport Dumas voulait faire baisser le prix du permis, vous vous concentrer sur les financements et comment faire en sorte que le consommateur paye le moins possible, sans toucher forcément au prix de la formation.

[Sacha Houlié] C’est exactement ça.

[Aurore Ferrand-Rousseau] Notre enjeu était de faire en sorte que les auto-écoles puissent travailler sereinement. En ce qui me concerne, je ne fais partie d’aucun groupe, d’aucune enseigne, comme 80% des auto-écoles en France. Au final, ce sont nos établissements qui forment l’immense majorité des élèves. On s’est posé la question de savoir comment on pouvait continuer à former ces élèves, sans mettre en péril nos entreprises et en gardant des tarifs accessibles. Notre réflexion a tourné autour de ça.

Le permis coûte cher parce que nos charges ont augmentés, parce que les délais entre deux présentations se rallongent. Dans la Vienne, on a des délais qui vont passer à 100 jours. Tout le monde n’a pas la possibilité de passer en conduite accompagnée ou supervisée… ces gens doivent reprendre des leçons pour maintenir leur niveau et ça a un coût conséquent.

Ensuite, notre réflexion s’est portée sur le CPF. On a vu que c’était un mode de financement qui marchait bien mais qu’il y avait quelques incohérences. Je pense entre autres aux permis remorque. Quand je vois que 80-90% des gens qui viennent faire ce genre de formation le font pour des raisons professionnelles – parce qu’ils sont paysagiste, entrepreneurs du bâtiment, éleveur de chevaux ou autre… – je me dis qu’il est anormal que ces formations ne soient pas financées. Ces gens là ne passent pas leur formation pour transporter leur jet-ski, mais bien pour travailler…

Étendre le CPF à l’ensemble des catégories de permis, les écoles de conduite sont plutôt favorables, avec des réserves pour certaines. Cela va permettre de mettre fin à un certain nombre de fraudes… Est-ce que vous pourriez nous préciser si les formations de 7 heures sont également concernées, formation B96 et formation 125 cm3 notamment ?

A priori ces formations sont couvertes par le texte de loi. La formation B96 est mentionnée à la page 13 du rapport que j’ai rédigé pour accompagner la proposition de loi. Il devrait en être de même pour la formation 125 cm3.

Cette mesure semble aller à rebours des dernières mesures prises par la Caisse des Dépôts et Consignations : la mise en place de l’Identité numérique et du reste à charge d’ici la fin de l’année. Ces mesures tendent à faire en sorte de restreindre l’utilisation du CPF, votre proposition de loi fait le contraire. Avez-vous consulté la Caisse des dépôts et consignations ?

Je vous confirme qu’il y a eu une discussion assez musclée avec le gouvernement pour l’ouverture du CPF à l’ensemble des catégories de permis, car ce n’est pas ce qui était souhaité. On avait étudié la cessibilité du CPF entre les parents et les enfants et on y avait renoncé pour plusieurs raisons :

  • Une question de coût (pour la CDC, NDLR) ;
  • Une question de lutte contre les fraudes… qui se multiplient sur le CPF ;
  • Par rapport au caractère « personnel » du CPF que cette mesure vient remettre en cause ; et surtout,
  • Par rapport aux inégalités que cela engendrerait. J’y reviendrai.

Sur cette question de l’élargissement du CPF aux autres catégories de permis. Les modifications sur les modalités d’utilisation du CPF seront prises par arrêté – c’était une demande du gouvernement.

On va également améliorer la lutte anti-fraude avec une meilleure transmission des informations à la Caisse des Dépôts, pour éviter notamment qu’une personne puisse utiliser son CPF pour repasser le permis suite à une annulation.

Sur la portabilité du CPF des parents vers les enfants. Il s’agissait de la mesure attendue par les professionnels du secteur. Vous avez fait part à plusieurs reprises de votre opposition à la mesure. La mesure n’a pas été retenue dans la proposition de loi. Pouvez-vous nous expliquer ce qui a motivé votre décision ? 

J’ai testé l’idée dès le départ. On en avait parlé avec Aurore Ferrand-Rousseau. Il s’agit d’une ligne rouge pour le gouvernement. Pour le coût que ça aurait pour les finances publiques d’une part, et du fait que ça viendrait modifier le caractère personnel du CPF d’autre part.

En ce qui me concerne, et c’est ce qui m’a le plus convaincu, je pense que cette cessibilité aurait un caractère injuste. Aujourd’hui, on a les chiffres, le CPF est le plus utilisé parmi les personnes non-qualifiées, avec des faibles revenues. Dans les familles où les parents sont ouvriers ou salariés peu qualifiés, les parents vont avoir besoin du CPF pour se former eux-mêmes et maintenir leurs compétences tout au long de leur carrière. Ces gens doivent utiliser leur CPF et n’ont pas la possibilité de le cumuler pour le donner à leurs enfants.

À l’inverse, dans les familles dont les parents sont cadres, cadres supérieures, fonctionnaire de catégories A, etc… ces personnes cumulent beaucoup de CPF et n’ont pas forcément besoin de l’utiliser. Ces personnes auraient plus de CPF à transmettre à leurs enfants. On perpétuerait avec cette mesure une inégalité sociale.

Le député Forissier a également parlé du fait d’octroyer uns certaine somme aux jeunes dès 16 ans, une sorte d’« avance sur CPF ». Que pensez-vous de cette mesure ?

On a demandé au gouvernement de travailler sur ce sujet, avec un dispositif qui se rapprocherait de ce qui existe déjà pour les apprentis (aide de 500€, NDLR). On n’a pas retenue la proposition du député Forissier, notamment car nous ne sommes pas en mesure de contrôler les fraudes éventuelles qui pourraient en découler.

D’accord. Parlons à présent de la carte des financements que vous voulez mettre en place et qui devrait s’appeler « 1 jeune, 1 permis ». Là encore, il s’agit d’une excellente mesure. Faute d’information, on sait qu’il y a une sous-utilisation de certaines aides par des personnes qui y auraient droit. On a vu que la carte des auto-écoles gérée par la DSR était très lacunaire. Pour que la carte des financements serve à quelque chose, il faut que les informations soient à jour en permanence. Est-ce que vous avez réfléchi concrètement à la mise en place de la mesure. Qui sera chargé de l’actualisation de ces informations ? 

On a prévu une synchronisation entre la plateforme auto-école et la plateforme qu’on voudrait mettre en place. Cette synchronisation a effectivement révélé quelques défaillances sur le sujet. On l’a fait remonter à la DSR.

On voudrait confier la plateforme « 1 jeune, 1 permis » aux équipes qui ont développé la plateforme « 1 jeune, 1 solution ». J’ai déjà échangé avec Thibaut Guilluy et le Haut-commissaire pour l’emploi du gouvernement, qui travaille avec France Compétence. On imagine une plateforme sur laquelle l’élève taperait son code postal et à partir de ce code postal, il aurait accès à toutes les aides disponibles.

On a besoin pour cela de recenser les aides. Cela passera soit par les préfets qui remonteront toutes les aides, dès lors qu’elles apparaîtront sur les budgets, soit par des demandes qui seront faites aux collectivités et qui remonteront ensuite.

Nous sommes assez confiants sur le fait de pouvoir le faire pour les régions et les départements, ce sera un peu plus compliqué au niveau des communes. La commune rurale qui aide 3 jeunes par an à financer leur permis ne fera peut-être pas remonter l’information sur la plateforme. C’est la plus grosse difficulté que l’on a aujourd’hui. Je pense qu’il faudra qu’on sollicite les collectivités… après les élections car c’est généralement là que sont mises en place les aides.

On a choisi le nom « 1 jeune, 1 permis » en échos à « 1 jeune, 1 solution » car cette plateforme a réellement permis de faire baisser le chômage chez les jeunes. La reprise de la déclinaison devrait assurer une communication suffisamment forte pour encourager, par elles-mêmes, les collectivités à déposer leurs aides.

Vous proposez d’avoir recours à des fonctionnaires de catégorie A ou B pour devenir examinateur du permis de conduire… et réduire ainsi les délais de passage entre deux examens. Pourquoi ne pas simplement augmenter le nombre de recrutements au concours ?

[Sacha Houlié] Il y a deux solutions : soit on forme des IPCSR et on leur donne toutes les attributions qui vont avec (c’est-à-dire mener à bien des examens du permis, lutter contre la fraude au code, contrôler les auto-écoles dans le cadre du label ministériel, etc.), soit on forme des examinateurs.

Non seulement la formation des inspecteurs est longue, elle dure 6 mois, mais en plus les inspecteurs ne seront pas dirigés directement vers le passage des examens du permis de conduire. C’est une solution qui a été retenue dans la LOPMI (loi d’orientation et de programmation du ministère de l’intérieur, NDLR), avec 100 recrutements d’inspecteurs supplémentaires sur 4 ans.

La solution que nous avons choisie est d’aller chercher, dans la fonction publique d’Etat ou territoriale, des examinateurs. Les avantages sont de deux ordres : d’une part ils ont une formation plus courte de 2 mois et, d’autre part, ils sont concentrés sur les examens du permis de conduire.

À charge ensuite de les faire évoluer et qu’ils deviennent inspecteurs du permis de conduire s’ils le souhaitent. En tout cas, ça permettra de répondre à l’objectif qui est de produire plus de places d’examen.

[Aurore Ferrand Rousseau] J’en ai parlé avec les IPCSR de mon département. Cela permettra aux inspecteurs de se dégager du temps pour mener à bien leurs missions qu’ils n’ont plus le temps de mener aujourd’hui.

Vous avez rencontré les acteurs de la profession, les organisations professionnelles. Vous avez animé une table ronde à Ligugé il y a 15 jours en compagnie de gérants d’écoles de conduite de la Vienne. Ces rencontres ont-elles fait avancer votre réflexion ? Qu’est-ce que vous en avez retenu ?

[Sacha Houlié] Nous avions fait un gros travail en amont. Ces rencontres nous ont surtout permis de valider nos pistes de réflexion. Cela nous a permis de corroborer nos idées. On n’a pas découvert d’idées nouvelles. La question de la cessibilité du CPF est beaucoup revenue.

[Aurore Ferrand Rousseau] L’ensemble de mes collègues que j’ai pu consulter était globalement tous d’accord avec les mesures proposées. On a parlé d’autres mesures, comme le permis à 1€ par jour et son déplafonnement.

Merci pour ces précisions. Est-ce que vous pouvez terminer en nous précisant les prochaines étapes et le calendrier ?

[Sacha Houlié] Il faut que la proposition de loi passe devant le Sénat, nous sommes en discussion pour trouver un rapporteur, j’espère que cela interviendra très rapidement. A partir de là, la proposition de loi pourra être inscrite à l’agenda du Sénat.

Ensuite on a plusieurs cas de figure :

  • soit un accord est trouvé avec le Sénat et la loi sera immédiatement votée,
  • soit on pourra faire une petite navette parlementaire et la loi sera votée à l’été, vers le mois de juillet ;
  • dernier cas, si les choses devaient traîner un peu plus, on imagine une adoption avant la fin de l’année civile, avant le mois de décembre 2023.

Merci beaucoup pour vos réponses !


Carte des auto-écoles : le Ministère doit revoir sa copie

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Carte des auto-écoles

Depuis la fin janvier, la Délégation à la Sécurité routière (DSR) a mis en ligne sa « carte des auto-écoles ». L’objectif affiché est d’aider les futurs candidats à choisir leur auto-école en toute transparence. Problème : un comparateur se doit d’être objectif et de présenter des informations fiables. La carte produite par la DSR n’est ni objective, ni fiable. Des correctifs doivent être apportés sans quoi l’outil sera décrédibilisé. Analyse de la situation.

Le rapport Dumas et la carte des auto-écoles

L’origine de cette carte remonte au rapport Dumas, rédigé par l’ancienne députée du Gard et remis au gouvernement au printemps 2019. La création de cette carte fait partie des 10 mesures retenue pour « faire baisser le prix du permis de 30% ».

À l’été 2021, une première carte est mise en ligne. Cette dernière ne référence alors que les auto-écoles labellisées. Un an et demi plus tard, en janvier 2023, la carte évolue et comprend désormais toutes les auto-écoles de France (ou presque).

Cette carte est accessible à l’adresse suivante : https://autoecoles.securite-routiere.gouv.fr/#/.

Le fonctionnement de l’outil

La « carte des auto-écoles » permet aux internautes de trouver les auto-écoles situées à proximité d’un lieu donné. Ils ont la possibilité de filtrer par type de formation (permis auto, permis moto et permis poids lourd) et d’entrer le nom d’une ville.

Une fois la recherche effectuée, ils ont accès à une liste d’auto-écoles sur la gauche de l’écran, ainsi qu’une carte avec des pictogrammes matérialisant les auto-écoles sur la droite. Il s’agit là du fonctionnement classique d’un comparateur.

Les auto-écoles labellisées sont distinguées des autres grâce à un macaron jaune. Lorsque l’internaute sélectionne « Afficher cette auto-école », il accède à des informations supplémentaires : le numéro d’agrément de l’auto-école, les permis disponibles, ainsi que les taux de réussite de l’auto-école et le taux de réussite moyen du département.

Une carte, de nombreuses lacunes

Des informations datées

Le premier reproche que l’on peut faire à cette carte est qu’elle n’est pas du tout à jour. Sur la page d’accueil figure la mention suivante :

Les mentions légales

Carte des auto-écoles - mentions légales

Cela signifie, au moment où nous écrivons ces lignes, que les informations qui figurent sur le site du Ministères ont été mises à jour il y a 2 mois, sur la base d’informations vieilles de 4-5 mois. Autant dire une éternité, à l’ère du numérique…

Pendant ce laps de temps, des centaines d’auto-écoles ont ouvert leurs portes et des centaines d’autres ont fermé. Pour les auto-écoles qui viennent d’ouvrir il s’agit d’un vrai préjudice car c’est au lancement qu’elles ont le plus besoin de visibilité. Leur absence sur la carte pourrait inciter les élèves à se tourner vers d’autres auto-écoles établies depuis plus longtemps.

De la même façon, certaines auto-écoles fermées depuis plusieurs années figurent toujours sur la carte.

Des auto-écoles fermées depuis plusieurs années

Carte des auto-écoles - auto-école fermées

On voit ici l’exemple d’une auto-école (Auto-école Port Royal) qui est fermée depuis 3 ans et qui figure au-dessus de l’auto-école qui a pris sa suite (Excellence Conduite). Dans ce cas précis, l’élève trouvera à cette adresse une auto-école pour le former. D’autres auront moins de chance et pourront se déplacer pour rien…

Des informations lacunaires

Par ailleurs, l’absence de mise à jour est problématique et cause un vrai préjudice aux écoles de conduite. Le site de la Sécurité routière étant édité par le Ministère de l’Intérieur, certains organismes prennent les informations qui y figurent pour argent comptant.

Serge Berthenet, gérant de l’auto-école Permis B à Cherbourg l’a appris à ses dépends lorsque le Crédit agricole lui a refusé une convention Permis à 1€ par jour au motif que son auto-école n’était pas labellisée et qu’elle ne pouvait donc pas proposer le permis à 1€ par jour. Une situation ubuesque alors que son auto-école a été la première à se labelliser dans le département de la Manche, en juin 2018. Il ajoute : « j’ai alerté la préfecture et la DDTM 50 à plusieurs reprises mais rien n’y fait ! Combien d’élèves vais-je perdre à cause de leur manque de professionnalisme ? Faut-il que je saisisse le tribunal administratif pour faire bouger les choses ? »

Un site encore en version Bêta ?

Un message d’avertissement sur la page d’accueil du site précise que « Le site de la carte des auto-écoles est actuellement en version Bêta, le temps que la plateforme RDV Permis soit déployée sur tout le territoire ».

En effet, seules les auto-écoles qui utilisaient RDVPermis depuis plus de 3 mois au 31/10/2022 ont leur taux de réussite affichés. Les autres écoles de conduite n’ont pas de taux affichés.

On utilise le terme « version Bêta » en informatique pour désigner une version d’essai, destinée à un public restreint avant un lancement publique. Visiblement, les services du Ministère ont décidé de passer outre et de mettre en ligne le site non finalisé.

Des données inconsistantes

Les informations présentes sur le site sont datées, elles sont incomplètes, mais ce n’est pas tout… Une rapide recherche permet de détecter d’autres problèmes qui rendent la recherche d’auto-école plus compliquée.

Des auto-écoles sont mal placées sur la carte. Ainsi, lorsqu’un élève cherche une auto-école à Paris, les auto-écoles qui apparaissent en 2ème et 3ème position sont l’auto-école 4L CONDUITE, située à Acoua (Mayotte) et l’DAC AUTO-ECOEL (sic), située en Gironde. Autant dire que ces informations n’intéressent pas les candidats parisiens et qu’à l’inverse, ces auto-écoles ne sont pas visibles auprès des candidats mahorais et girondins.

Des auto-écoles mal positionnées

Carte des auto-écoles - mal positionnées

Des auto-écoles figurent en doublon ou en triplon. Les bases de données du Ministère étant mal entretenues (c’est un euphémisme), certaines auto-écoles ayant changé d’agrément ou de gérant figurent plusieurs fois sur l’annuaire, sous le même nom ou sous des noms différents.

Des auto-écoles en double

Carte des auto-écoles - doublons

Les noms des auto-écoles sont mal orthographiés. Il n’y a aucune cohérence sur l’orthographe des noms des établissements. Certains apparaissent sous leur dénomination sociale et non pas sous leur nom commercial. C’est le cas des agences de l’Auto-école Marietton, une des plus anciennes auto-écoles de Lyon. Elle apparaît sous le nom CERRA, un nom inconnu du grand public.

Des auto-écoles référencées avec leur dénomination sociale

Carte des auto-écoles - dénomination sociale

Les exemples à ce sujets sont nombreux : Auto-école Mayet apparaît sous le nom « AE Mayet », Stych apparaît sous le nom Auto-ecole.net (alors que le changement de nom a bientôt 2 ans), etc…

Des auto-écoles mal orthographiées

Carte des auto-écoles - mal nommées

Les concepteur du site ont même réussi le tour de force d’écrire différemment le nom de deux agences appartenant à une même structure.

Carte des auto-écoles - mal orthographiées

Des données trompeuses

La carte des auto-écoles se veut être un outil d’« aide à la décision », qui permet aux futurs candidats de s’inscrire en toutes connaissances de cause. Dans les faits, l’outil trompe les candidats plus qu’autre chose. Les informations sont tellement lacunaires que ça en devient ridicule. Ainsi, si l’on fait une recherche sur Paris et que l’on coche le filtre « Permis à 1€ par jour », on obtient 3 résultats (dont 2 auto-écoles qui ne sont pas à Paris)…

Permis à 1€ par jour à Paris

Carte des auto-écoles - permis à 1 euro

Autre élément qui est mis en avant pour la comparaison : les taux de réussite. Dans les départements où RDVPermis a été déployé, la carte des auto-écoles fournit les taux de réussite des écoles de conduite et les compare aux taux de réussite du département. Petit problème : aucune information n’est disponible sur le nombre de candidats présentés, ni sur la période concernée…

Une auto-école qui présente 5 candidats sur la période et qui a 80% de réussite sera comparée avec une auto-école qui en présente 50 sur la même période. Tout le monde sait qu’il est statistiquement plus compliqué de maintenir un taux élevé sur un volume de candidats plus important. Comparer les taux sans comparer les volumes est une aberration.

Par ailleurs, les données semblent recouvrir une période de 4 mois (du 01/08 au 31/10/2022). Ces informations sont donc fournies sur une temporalité différente de celle exigée dans le cadre du label de qualité (12 mois glissants). Des écarts pourraient apparaître entre les informations présentées sur la carte et celles affichées dans les agences… Les gérants devront expliquer aux candidats (et aux inspecteurs venant les auditer) les raisons de ces écarts.

Un comparateur qui ne respecte pas la réglementation ?

Depuis le décret du 22 avril 2016, les comparateurs sont soumis à des règles. Ces règles ont été intégrées aux articles D111-6 et suivants du code de la consommation. Ils sont rappelés sur le site du Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté numérique. Il semblerait que le comparateur mis en ligne par la DSR s’affranchisse assez largement de ces obligations.

En l’occurrence, le site doit disposer d’une rubrique qui détaille le fonctionnement du comparateur en ligne. Cette rubrique doit être directement et facilement accessible à partir de toutes les pages du site. Elle doit indiquer les informations suivantes.

Informations à indiquer Commentaire PermisMag
Les critères de classement des offres de biens et de services ❌ Ces informations ne sont pas indiquées. A priori les auto-écoles sont classées par distance croissante par rapport à un point géographique donné… Il s’agit d’une supposition car ce n’est précisé nulle part.
Les éventuelles relations contractuelles ou les liens financiers que le comparateur entretient avec les professionnels qui délivrent les biens ou les services disponibles sur le comparateur. ❌ Ces informations ne sont pas indiquées. C’est problématique, notamment lorsque l’on sait que l’Etat détient une participation de plus de 10m€ dans Ornikar via la BPI et que les auto-écoles en ligne figurent en tête de liste.
L’existence ou non d’une rémunération du site par les professionnels référencés et l’impact de celle-ci sur le classement des offres (le caractère publicitaire doit faire apparaitre la mention du mot « Annonces ») Non applicable. Le référencement sur la carte est gratuit.
Le détail des éléments constitutifs du prix et la possibilité que des frais supplémentaires y soient ajoutés Non applicable. Les tarifs des auto-écoles référencées ne sont pas mentionnés.
La variation des garanties commerciales selon les produits comparés Non applicable.
Le caractère exhaustif ou non des offres de biens ou de services comparées, ainsi que le nombre de sites ou d’entreprises référencés ❌ Ces informations ne sont pas indiquées. Le nombre d’auto-écoles référencées n’est pas communiqué et le caractère non exhaustif du site n’est pas précisé.
La périodicité et la méthode d’actualisation des offres comparées. Ces informations sont partiellement indiquées. La périodicité annoncée est trimestrielle. La méthode d’actualisation n’est pas mentionnée.

 

Sur les 7 critères : 3 ne sont pas respectés, 1 est partiellement respecté et les 3 autres ne sont pas applicables.

Autre aspect, certes anecdotique, mais également problématique. Les concepteurs du site ont eu recours aux services d’une entreprise de cartographie américaine (Mapbox) pour l’affichage des auto-écoles sur la carte. Le paramètrage ayant été mal fait, les noms de certains lieux (arrondissements, espaces verts, établissements d’enseignement) s’affichent en anglais. Il s’agit là d’une entorse à la loi Toubon de 1994, qui demande aux administrations de limiter le plus possible l’utilisation de l’anglais.

Si la carte des auto-écoles était éditée par une entreprise privée, la DGCCRF y trouverait certainement à redire. Malheureusement, ce n’est pas la première fois que l’État ne respecte pas les règles qu’il édicte…

Les auto-écoles en ligne avantagées

Dernier point, et pas des moindre, la carte des auto-écoles affiche systématiquement les auto-écoles en ligne en tête de liste, quel que soit l’endroit où l’élève fait sa recherche et y compris dans des secteurs ou ces auto-écoles ne sont pas présentes.

Les auto-écoles en ligne mises en avant

Carte des auto-écoles - Paris

Les auto-écoles en ligne figurent dans un encadré jaune qui reste visible en permanence lors de la recherche. Elles bénéficient d’une visibilité accrue par rapport aux écoles de conduite de proximité.

Pour Nicolas Grumberg, le directeur général de VroomVroom.fr, « que cela ait été fait consciemment ou pas, placer les auto-écoles en ligne à cet endroit leur donne une visibilité très importante. Une personne qui ferait une recherche se verra proposer les auto-écoles en ligne, par défaut et en premier. Google fait payer les entreprises qui le souhaitent pour se retrouver en première position sur les résultats de recherche, ça s’appelle Google Ads. Le Ministère offre ce service aux auto-écoles en ligne, mais pour elles c’est gratuit… ».

Lien direct vers leurs sites internet

Carte des auto-écoles - lien auto-écoles en ligne

Un autre aspect problématique est le fait que ces auto-écoles en ligne possèdent toutes un lien direct vers leur site internet. Non seulement elles ont plus de visibilité sur la carte mais en plus cette dernière redirige les candidats vers leurs sites internet respectifs, alors que ce n’est pas le cas pour les auto-écoles de proximité. Par ailleurs, un lien direct (sans balise « no-follow ») émanant du site du Ministère de l’Intérieur aura un impact positif en termes de référencement naturel sur Google.

La carte des auto-écoles présente donc, à plusieurs égards, des biais favorisant les auto-écoles en ligne, au détriment des auto-écoles de proximité. Ces biais sont-ils volontaires ? Probablement pas ! Pour lever tout soupçon, il est indispensable qu’ils soient corrigés rapidement.

Que retenir ?

Fournir une information transparente et à jour aux candidats pour qu’ils s’inscrivent dans une auto-école en toute connaissance de cause est quelque chose de souhaitable, mais lorsque l’outil mis à disposition du grand public présente autant de lacunes et de biais, il est nécessaire de s’interroger.

Des sites privés, tels que VroomVroom.fr fournissent davantage d’informations à destination des futurs candidats et disposent de bases de données plus à jour. Pour Nicolas Grumberg, « le Ministère s’est lancé dans un chantier qu’il ne maîtrise pas. Chez VroomVroom nous savons ce que c’est que maintenir un comparateur d’auto-école, nous le faisons depuis plus de 10 ans. Madame Dumas n’a pas inventé l’eau tiède avec sa carte des auto-écoles. Elle s’est inspirée de ce que nous faisions et a demandé à l’État de faire la même chose, mais en moins bien. »

Et il ajoute, « nous avons été reçu à Matignon par les conseillers d’Édouard Philippe avant la publication du rapport. L’idée de carte circulait déjà et nous avions proposé de mettre notre savoir-faire à disposition du Ministère. On m’a répondu poliment qu’une agence de communication travaillait déjà dessus. On voit aujourd’hui le résultat, un site qui est mis en ligne avec 4 ans de retard et qui est truffé d’erreurs ».

Les services du Ministère ont-ils les ressources nécessaires pour construire et surtout maintenir un tel outil ? La réponse est non ! Les mises à jour trimestrielles de la carte sont faites à partir d’exports de la base RAFAEL qui est, elle-même, mise à jour de manière aléatoire par les différents BER. Elles sont effectuées par des prestataires privés qui facturent le Ministère au prix fort.

Il faudrait que la gestion de ce site soit internalisée au Ministère et que les mises à jour soient faites en continue. Cela demande des ressources humaines et surtout une volonté politique. Il faudrait enfin que les biais et les lacunes soient corrigés au plus vite. Le temps presse…

Les mentions légales à revoir également

L’absence totale de mise jour des informations concerne également les mentions légales du site de la sécurité routière. Ces dernières précisent que le directeur de la publication est Emmanuel Barbe… alors que ce dernier a quitté ses fonctions il y a maintenant trois ans.

Lien direct vers leurs sites internet

Carte des auto-écoles - mentions légales

[Portrait] Yanic, il fait conduire des personnes non-voyantes

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Yanic - Mégane RS

Cette semaine, nous sommes allés à la rencontre de Yanic Girault, le gérant de l’École de Conduite Yanic. Avec l’association « Les Non-Voyants et leurs Drôles de Machines », il anime depuis plusieurs années des stages de conduite à destination des personnes non-voyantes et mal-voyantes. L’association se réunissait hier, lundi 13 mars, sur le circuit de Versailles-Satory. Portrait.

Bonjour Yanic, pouvez-vous vous présenter en quelques mots? 

Bonjour, je suis le gérant de l’École de Conduite Yanic. Nous disposons de 5 bureaux à Vienne (38) et dans les environs. Nous proposons des formations auto, moto, bateau et remorque. Je suis membre de l’association « Les Non-Voyants et leurs Drôles de Machines » depuis plus de 10 ans et chaque année nous organisons des stages de pilotages pour les non-voyants.

Quel est l’objectif de ces stages ? 

Je suis conscient que faire conduire des personnes aveugles peut paraître complètement insensé ! L’objectif n’est bien sûr pas de passer le permis de conduire, mais de permettre à ces non-voyants de partager les sensations occasionnées par la conduite et pouvoir dire « je sais ce que cela fait de conduire ». C’est également l’opportunité pour eux de reprendre confiance en soi et de se sentir intégré.

De même, pour les personnes qui ont pu conduire lors de leur vie de voyant, c’est un magnifique retour aux sources, un rappel des sensations.

Nous permettons à des personnes qui vivent dans le noir de devenir « acteur » de leur déplacement. L’association a récemment fait l’acquisition d’une Renault Mégane RS de 280 CV équipée de double commande. Les membres de l’association auront l’occasion de la conduire.

D’où vient cette idée ? 

On l’a doit à Luc Costermans, bénévole de l’association et organisateur de cette manifestation. Après avoir perdu la vue en 2004, il a décidé de reprendre le volant de sa voiture mais aussi de permettre à d’autres personnes, aveugles comme lui, de vivre cette passion qu’est l’automobile.

En 2008, il a ainsi battu le record du monde de vitesse pour une personne non-voyante (308 km/h au volant d’une Lamborghini) mais surtout mis en place des stages de conduite ouverts aux personnes déficientes visuelles.

Luc Costermans au micro de RTL

Luc Costermans au micro de RTL

Vous êtes enseignant de la conduite, y’a-t-il une formation supplémentaire à faire pour animer ces stages ? 

Il n’y a aucune formation supplémentaire à faire. Luc Costermans a mis au point un système codifié pour permettre à l’accompagnateur de guider le conducteur non voyant. La meilleure façon pour moi de vous montrer est de vous faire faire un tour de circuit…

Conduite avec Serge, membre de l'association (montez le son pour entendre les instructions)

Merci Serge pour cette démonstration. J’imagine que chaque pilote est différent, comment est-ce que vous faites ?

Les instructions sont faciles à comprendre et à appliquer. J’indique dans quel sens tourner le volant et quelle inclinaison donner. J’indique également lorsqu’il faut accélérer et freiner. Avec le temps, une confiance s’établie entre le pilote et son accompagnateur.

La seule difficulté est qu’il ne s’agit pas d’une science exacte. Je dois m’adapter au pilote. Quand je dis « Gauche 15° » certains pilote vont plus ou moins tourner le volant. Je dois faire en fonction et adapter mes instructions.

Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur l’association qui organise ces stages ? 

Oui, bien sûr ! « Les Non-Voyants et leurs Drôles de Machines » est basée dans le sud de la Drôme (26). Elle s’appuie sur le soutien de nombreux parrains et marraines célèbres (Didier Auriol, Ari Vatanen, Léa Drucker, Daniel Elena, Alex Vizorek et bien d’autres…). Nous sommes présents dans toute la France ainsi qu’en Belgique.

Les parrains et marraines de l'association

Mégane RS

Vous êtes engagés dans l’association depuis longtemps, d’autres gérants d’auto-écoles font également partie de l’association…

Oui… nous sommes plusieurs collègues à nous investir dans cette belle association. Vous avez aujourd’hui Hale Malchus, de l’Auto-école Malchus à Crépy-en-Valois (60), Jérôme Copinot du CER de Magny-en-Vexin (95). Les gérants du CER Talabot (Nîmes) et du CER Joël Fossemale (Millau) font également partie des membres de l’association.

Merci Yanic !

Contact de l’association

Les non-voyants et leurs drôles de machines (NVDM)
Tél : 06 30 18 05 24
Email : nvdm.asso@gmail.com


Rapport Dumas : 4 ans après, quel bilan ?

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Rapport Dumas permis de conduire

Le 12 février 2019, la député du Gard Françoise Dumas remettait au Premier Ministre un rapport comprenant 23 propositions à faire « baisser le prix du permis de conduire ». Quelques mois plus tôt, le 9 novembre 2018, Emmanuel Macron avait annoncé une « baisse drastique du coût du permis de conduire ». Quatre ans (et deux confinements) plus tard, le temps du bilan est venu. PermisMag revient sur ces mesures et sur leur efficacité.

Vingt-trois mesures proposées, dix retenues

Intitulé « Vers un permis de conduire plus accessible et une éducation routière renforcée », le rapport remis à Édouard Philippe comprenait 23 propositions destinées à favoriser l’accessibilité du permis de conduire, tant en termes de prix que de délai, et assurer un haut niveau de qualité pour l’éducation routière.

Trois mois plus tard, le 2 mai, le gouvernement annonçait retenir 10 mesures sur les 23 et précisait les modalités de mise en œuvre dans un dossier de presse.

Des mesures efficaces ?

Dans ce dossier de presse, le gouvernement indiquait « au total, l’ensemble de ces mesures permet de viser une baisse du coût du permis allant jusqu’à 30 %. » Quatre ans plus tard, force est de constater que le rapport Dumas a échoué. Les mesures proposées n’ont pas permis de faire baisser le prix du permis de 30%. Le coût du permis n’a pas baissé « drastiquement »… il n’a même pas baissé tout court.

Dans un contexte inflationniste, les écoles de conduite ont subi une hausse de leurs coûts de fonctionnement (carburant, salaires, véhicules, assurances…). La grande majorité d’entre elles — pour ne pas dire toutes — ont augmenté leurs tarifs et le prix de leurs forfaits.

L’inflation touche aussi les auto-écoles en ligne. Ainsi, chez Ornikar, le forfait Code + 20 heures était à 749€ en 2018. Il est désormais à 879€, soit une augmentation de 17,3% en 5 ans. C’est pire encore si l’on regarde le prix de la leçon de conduite qui est passé de 34,90€ à 43,95€ (et jusqu’à 47€ dans le cadre d’un forfait 5 leçons), soit une augmentation de 22% minimum.

Chez Ornikar, le prix du forfait 20h a augmenté de 130€ en 5 ans.

Ornikar augmentation tarif permis

Un rapport pour rien ?

Le rapport Dumas n’aura servi à rien, ou presque. L’effet des mesures proposées est très faible, voire nul. L’objectif affiché de réduire le coût du permis n’a pas été atteint.

La seule mesure que l’on retiendra est le nouveau système d’attribution des places d’examen, RdvPermis. Sa mise en place avait probablement été décidée avant même que le rapport ne soit commandé et elle répondait à un autre enjeu que celui de faire baisser le prix du permis.

Les élus peuvent faire les effets d’annonce qu’ils veulent et commander autant de rapports qu’ils le souhaitent. La formation au permis de conduire a un coût incompressible. Le seul moyen de faire baisser ce coût pour les élèves est de mettre en place des dispositifs de financement dignes de ce nom et des moyens budgétaires conséquents. Le rapport Dumas n’a absolument pas traité cet aspect. Françoise Dumas quant à elle s’est vite tournée vers d’autres sujets, avant d’être battue aux élections législatives de 2022.

Agir sur les financements, l’idée fait son chemin ! La proposition de loi du député Sacha Houlié va dans ce sens en proposant une cartographie des aides financières et une extension du CPF à l’ensemble des catégories de permis.

L’analyse des 10 mesures

Mesure 1 : Gratuité du code (formation et examen) pour les volontaires SNU.

Détail de la mesure : À terme, l’ensemble des jeunes d’une même classe d’âge participant au SNU (environ 800 000) bénéficiera de nouvelles mesures relatives à l’éducation routière et au permis de conduire. La mesure sera mise en place dès les premiers SNU qui auront lieu au mois de juin 2019.

Analyse de l’efficacité de la mesure : Cette mesure a été mise en place, mais les effets escomptés sont bien en dessous de ceux escomptés. Le Service national universel (SNU) n’a jamais attiré les jeunes. Sur les 800 000 participants attendus par le gouvernement, seuls 15 000 jeunes y ont participé en 2021 et 32 000 en 2022 (source : Le Point). Sur ces candidats, seuls quelques centaines ont passé le code de la route dans le cadre du SNU.

Mesure 2 : Développer l’usage du simulateur de conduite dans la formation.

Détail de la mesure : Pour encourager l’usage du simulateur dans l’apprentissage de la conduite, l’État décide de mettre en place une mesure d’incitation fiscale (suramortissement) pour les exploitants d’école de conduite pour leur permettre de s’équiper. Cette mesure est complétée par celle relative à l’augmentation, de 5 à 10 heures, de la durée d’apprentissage pouvant être dispensée sur simulateur dans les 20 heures minimum obligatoires de formation à la conduite.

Analyse de l’efficacité de la mesure : L’usage du simulateur est en progression au sein des écoles de conduite. Le recours accru aux simulateurs a-t-il été encouragé par le dispositif de suramortissement ? Si c’est le cas, ça l’a été de manière marginale.

Pour ce qui est de faire baisser le prix du permis de conduire, le recours accru aux simulateurs de conduite ne semble pas avoir eu d’effets.

Mesure 3 : Développer l’apprentissage de la conduite sur boîte automatique.

Détail de la mesure : Le délai, permettant de conduire sur un boîte manuelle après avoir obtenu le permis de conduire sur une boîte automatique, est réduit de 6 à 3 mois.

Analyse de l’efficacité de la mesure : Tout comme le recours aux simulateurs de conduite, cette mesure a été mise en place, mais ses effets sur le prix de la formation sont compliqués à mesurer. Le prix de la formation complémentaire minimale de 7 heures étant le même que l’élève fasse la formation 3 mois ou 6 mois après l’obtention du permis en boîte automatique, l’impact prix de cette mesure est probablement nul.

Mesure 4 : Favoriser l’accès à la conduite supervisée.

Détail de la mesure : Désormais, en cas d’échec à l’épreuve de conduite, tout élève disposera d’un droit d’accès à la conduite supervisée, sans délai ni formalité, exceptée celle d’obtenir l’accord de l’assureur. Seul un niveau de maîtrise manifestement insuffisant, renseigné par l’inspecteur le jour de l’examen, pourrait le priver de ce droit. Cette faculté sera automatiquement accordée au regard des capacités minimales de l’élève à poursuivre son apprentissage par cette voie.

Analyse de l’efficacité de la mesure : Les rapports annuels sur l’examen du permis de conduire publiés par la Délégation à la Sécurité routière ne mentionnent pas les examens ayant eu lieu à l’issue d’une formation en conduite supervisée. Aucune information n’est disponible sur l’impact d’une telle mesure, aussi bien en termes de nombre de candidats présentés que de volume d’heures effectuées ou de taux de réussite.

Mesure 5 : Développer l’accès à la conduite encadrée.

Détail de la mesure : Il a été décidé d’étendre le dispositif de la conduite encadrée aux titres professionnels du ministère du travail et à ceux de l’éducation nationale et de la jeunesse qui ne visent pas exclusivement les professions de conducteurs routiers, mais pour lesquels l’obtention de la catégorie B du permis de conduire est indispensable pour l’exercice de l’activité professionnelle (ex. : aide aux personnes, artisans opérant des livraisons, etc.).

Analyse de l’efficacité de la mesure : Cette mesure était destinée aux élèves engagés dans un CAP de conducteurs routiers de marchandises, livreurs de marchandises ou livreurs, BAC pro conducteur transport routier de marchandises, etc.). Elle concerne donc un petit pourcentage des candidats qui se forment à la conduite dans le cadre de leurs études.

Mesure 6 : Moderniser l’épreuve pratique.

Détail de la mesure : Expérimentation à partir de janvier 2020 d’une plateforme de réservation en ligne des places d’examen pratique dans 5 départements. Cette plateforme permettra à chacun de réserver sa place d’examen en ligne. L’objectif est de bénéficier de délais maîtrisés, d’une date d’examen choisie à l’avance et ainsi d’augmenter ses
chances de réussite. En connaissant sa date de passage, l’élève est en mesure de mieux adapter la formation nécessaire à sa réussite dès le premier passage.

Analyse de l’efficacité de la mesure : Trois ans après, le début de l’expérimentation, RdvPermis sera généralisé d’ici quelques mois à l’ensemble des départements français. L’impact de RdvPermis sur la prix du permis de conduire est impossible à mesurer. Si les délais de présentation ont légèrement baissé c’est avant tout grâce à l’embauche d’inspecteurs supplémentaires… Quant aux autres objectifs mis en avant (bénéficier d’une « date d’examen choisie à l’avance » et « augmenter ses chances de réussite »), l’outil ne permet pas aux candidats de choisir leur dates et aucun impact sur les taux de réussite n’a été constaté.

Mesure 7 : La mise en place d’une plateforme gouvernementale dédiée au choix de son auto-école.

Détail de la mesure : La plateforme gouvernementale permettra au futur conducteur de sélectionner son auto-école selon ses propres critères de choix, sur la base d’une information claire et transparente. Les écoles de conduite proches de son bassin de vie ou d’emploi seront accessibles sur une carte en ligne via la géolocalisation, soit en utilisant sa position, soit en renseignant une adresse. Échéance prévisionnelle : fin 2019

Analyse de l’efficacité de la mesure : Cette mesure est sans effet. La plateforme a été mise en ligne début 2023, avec 3 ans et demi de retard. Les informations qu’elle comporte sont actualisées tous les 3 mois, ce qui est source de nombreuses erreurs. Par ailleurs, des plateformes telles que VroomVroom.fr offraient déjà ce service et fournissent aux futurs candidats davantages d’informations que le site du Ministère de l’Intérieur.

Mesure 8 : La création d’un livret de formation numérique pour suivre la progression du candidat.

Détail de la mesure : La création d’un livret de formation numérique permettra de renseigner les heures de conduite effectuées par l’élève et de suivre sa progression, documentée par son enseignant, pour planifier au mieux le passage de son examen. Il sera expérimenté à partir du 1er janvier 2020, puis généralisé.

Analyse de l’efficacité de la mesure : Efficacité inconnue, le livret de formation numérique ne devrait être rendu obligatoire que fin 2023-début 2024. Le livret numérique permettra un meilleur suivi de la formation, en revanche son impact sur le prix de la formation reste à démontrer.

Mesure 9 : Abaisser l’âge de passage de l’examen dans le cadre de l’apprentissage anticipé de la conduite.

Détail de la mesure : Si le jeune, titulaire de la catégorie B du permis de conduire, ne pourra conduire seul qu’à sa majorité, il a été décidé, dans le cadre de l’apprentissage anticipé de la conduite, de lui permettre de passer son examen dès l’âge de 17 ans.

Analyse de l’efficacité de la mesure : Inconnue.

Mesure 10 : Adapter les questions du code de la route aux publics et aux enjeux de sécurité routière.

Détail de la mesure : Dans le cadre de ce nouveau marché, la banque de questions sera renouvelée en veillant à ce que les questions soient intelligibles et claires, y compris pour les publics les plus en difficulté.

Analyse de l’efficacité de la mesure : Inconnue.


La Commission européenne propose la mise en place d’un permis de conduire numérique

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permis de conduire numérique européen 2023

La semaine dernière, la Commission européenne a proposé la mise en place d’un permis de conduire numérique qui serait valable dans tous les pays de l’UE. Cette annonce fait partie d’un ensemble de propositions visant à moderniser les règles en matière de permis de conduire.

Un permis de conduire dématérialisé

Dans un article publié le 1er mars, la Commission européenne indique que ce permis de conduire numérique serait le même pour tous les ressortissants des pays de l’Union européenne et qu’il serait accessible sur téléphone portable. Toutes les démarches seront faisables en ligne, facilitant ainsi le remplacement, le renouvellement ou l’échange du permis de conduire. Cette nouveauté s’accompagnerait de modifications des règles de sécurité routière et de conduite écoresponsable, avec des examens du permis de conduire prenant en compte la transition vers des véhicules à émission nulle (véhicules électriques).

« Nous proposons la création d’un permis de conduire numérique, valable & reconnu dans tous les États membres de l’UE », indique la Commission européenne dans un tweet.

Faciliter les contraventions transfrontalières

Outre la simplification des démarches, l’objectif avancé par la Commission est de diminuer le nombre d’accidents sur les routes de l’Union européenne. L’exécutif européen rappelle notamment que plus de 20 000 personnes ont perdu la vie sur les routes de l’UE en 2022, la majorité étant des cyclistes et des piétons. Pour accomplir son objectif consistant à atteindre « pratiquement zéro décès et zéro blessé grave sur les routes de l’UE d’ici à 2050 », la Commission mise sur l’exécution transfrontière des règles en matière de sécurité routière.

Concrètement, le permis de conduire numérique européen permettrait aux autorités des différents pays de l’Union Européenne de disposer d’un plus grand pouvoir d’action sur les infractions commises par les étrangers issus de pays de l’Union européenne.

La législation actuelle couvre certaines des infractions les plus fréquentes et les plus flagrantes, comme l’excès de vitesse et la conduite en état d’ivresse. La Commission propose d’étendre le champ d’application des infractions routières couvertes […]  Ces ajouts contribueront à réduire l’impunité des auteurs de ces infractions et à améliorer la capacité des États membres à sanctionner les contrevenants originaires d’autres États membres.

Pour faciliter la verbalisation, un portail unique serait créé afin de permettre aux conducteurs verbalisés de payer leurs amendes. Ce portail permettrait également d’avoir accès aux règles de conduite en vigueur dans les différents pays.

Par ailleurs, la déchéances du droit de conduire entrerait en application dans toute l’Union européenne, y compris si elle est prononcée dans un État membre autre que celui qui a délivré son permis de conduire, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Ces propositions devront être examinées par le Parlement européen et le Conseil, avant une possible transcription dans les droits des différents États.